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« Sévères » les réquisitions du Procureur. Finalement ce sera 500 euros d’amende avec sursis, plutôt que les 3 mois d’emprisonnement avec sursis réclamés par le Parquet. Le tribunal correctionnel de Laval a donc tranché en faveur de Yohan en lui infligeant une amende de 150 euros seulement qu’il devra acquitter. Cet étudiant lavallois de 20 ans avait été interpellé lors de la manifestation contre la loi Travail en avril dernier en compagnie de 2 autres mineurs qui avaient eux été relaxé. Trois chefs d’inculpations avaient été retenu contre Yohan, l’étudiant lavallois présenté à l’époque comme le leader de la contestation lycéenne.

Par Thomas H.

« Manifester est un droit constitutionnel rappelle le procureur de la République, mais il n’est pas absolu et sans limite.  » Il demanderait bien un stage de citoyenneté, mais c’est pas possible selon lui. Alors le procureur souhaite simplement « des peines d’avertissement solennel  ». D’où les 3 mois de prison avec sursis prononcés contre l’ancien étudiant de l’IUT de Laval, et une amende de 150 euros.

« Participer à une manifestation en étant armé, il faut entrer en voie de condamnation ». 5 couteaux à bout rond ont été retrouvés sur le jeune manifestant. « Des couteaux de cantine » dont Yohan et ses camarades de Nuit Debout se servaient selon l’avocat de la défense pour manger le soir sur l’esplanade des Droits de l’Homme à Laval. « Bouts ronds ou pas, ces couteaux sont considérés comme des armes  » coupe la présidente du Tribunal correctionnel en s’adressant à l’étudiant en Lettres à Rennes. «  Et vous vous dites pacifiste ! »

Contre le système néo-libéral

Après la manifestation des syndicats, un petit groupe de jeunes a continué à se regrouper. Rassemblement, sitting devant la préfecture, gaz lacrymogènes et jets d’eau de dissuasion des forces de l’ordre, puis dispersion. Direction alors la Mairie de Laval, la permanence du député socialiste. « L’agence de la Société Générale, parce que nous étions en plein Panama Papers, et que nous manifestions contre le système néo libéral  » raconte à la barre le jeune prévenu de 20 ans. C’était « animations, prises de conscience et distributions de tracts... » ajoute-il quand la magistrate du siège lui demande si ils avaient l’intention de s’en prendre aux forces de l’ordre en forçant les barrières de police.

« Que la police dise “Stop ! là on arrête !” me paraît légitime  » estime dans ses réquisitions le procureur de la République « Surtout quand on est armé ! » Le jeune écoute à la barre.

« Maître vous avez la parole » dit la Présidente. « Le système n’est pas en train de trembler, (...) il faut être raisonnable  » lance l’avocat de la défense qui est membre de la Ligue des Droits de l’Homme et qui estime que « le dossier a été monté en épingle ».

« Il n’y a rien de délinquance dans cette affaire. Les manifestions à Laval ont toutes été pacifistes ; c’était bon enfant et un peu potache ; nous ne sommes pas à Rennes ou Nantes, madame la Présidente. Ce sont des jeunes citoyens qui n’acceptent pas le néo-libéralisme et son système et il y en a de plus en plus. Et renvoyer des jeunes devant des juridictions pour une attitude citoyenne, c’est totalement disproportionné ! » L’avocat de la défense rajoute que selon lui « aucune infraction n’est constituée » et demande la relaxe.

Le Tribunal correctionnel après une courte délibération a jugé qu’au moins une infraction pouvait être reprochée au jeune prévenu. Il s’agit du chef d’inculpation de « la participation avec arme à une manifestation ou réunion publique commis le 28 avril 2016 » ; les couteaux et le tournevis dans la besace, c’est pas tolérable. Le reste, la non-autorisation pour manifester, ou bien la dissimulation volontaire du visage avec un foulard, pas retenu. Ce sont les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre qui les a contraint à plusieurs reprises à mettre une écharpe sur le bas du visage pour ne pas suffoquer explique en substance l’avocat.

« Affaire suivante » lance la présidente du tribunal en direction de l’huissier présent à l’audience.


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L’étudiant manifestant échappe à 3 mois de prison avec sursis

Publié le: 10 novembre 2016
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