L’oral de mi-mandat de François Zocchetto, en sa mairie

lettrelbigupmoins-5.jpgPOLITIQUE – L’oral de mi-mandat. L’exercice est parfois difficile. Il faut être capable de répartie tout en délicatesse. Cela dit quand le public est acquis, pas trop de soucis. C’est ce qui s’est passé pour la prestation de François Zocchetto devant une cinquantaine de personnes ce Jeudi 1er février 2018, des lavallois qui semblaient plus préoccupés par leur pré-carré que les grandes orientations de la ville.


Par Thomas H.


«Mon trottoir…», « les cyclistes qui sont dangereux  », la propreté, les gênes occasionnées par les «grands travaux» , etc. beaucoup d’intérêt de proximité et peu d’intérêt général. À tel point que le maire de Laval n’a eu de cesse, avec l’air de ne pas y toucher, de recadrer gentiment, en élargissant le débat aux grands principes qui se cachent derrière les remarques égo-centrées des intervenants. Mais, en fait, il n’y a pas vraiment eu de débat.

Il faut bien dire que le public était plutôt conquis. D’ailleurs des applaudissements ont fusé en fin de partie lorsque le maire a raccroché son micro. Mais ce qui est intéressant, ce n’est pas tant ce qu’apportent les interventions dans la salle, mais bien ce qui est dit officiellement.

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Le reflet du maire de Laval dans les glaces de la salle des fêtes de l’Hôtel de ville

Il a été notamment question de l’état de la bibliothèque Albert Legendre construite « entre 1971 et 1975 » qui continue de prendre l’eau. Le sujet a été mis à nouveau sur la table. « La bibliothèque-passoire, les locaux condamnés, les bacs pour réceptionner l’eau un peu partout et la salle Polyvalente qui enclenche le même processus » selon cet habitant qui fait partie du comité des sages. L’occasion d’apprendre par le biais de l’adjoint en charge de la culture et du patrimoine que « 100 000 euros ont déjà été injectés » dans cette affaire, que le maire est monté sur le toit, mais qu’ « on ne trouve pas d’où ça vient cette eau!  ». Façade ou toiture ? Mystère.

Didier Pillon, l’adjoint à la culture annonce d’ailleurs qu’une « étude en liaison avec l’État » sera lancée sur « cinq grands monuments lavallois, le Château neuf, les remparts du Château, la Porte Beucheresse, l’église des Cordeliers, ou la Basilique d’Avenieres  ». Histoire peut-être de s’effrayer en raison des montants nécessaires pour rénover. Mais en règle générale, l’état des bâtiments municipaux laissent à désirer, il y a « un gros défaut d’entretien  » a reconnu le maire.

François Zocchetto se plie à l’exercice du mi-mandat. Il déroule sa parole, regarde ses notes, baisse un peu trop souvent la tète. « Trois ans au service des lavallois ! Faisons le bilan » indique le n° spécial du magazine Laval la Ville à disposition à l’entrée de la grande salle des fêtes de l’Hôtel de ville. Micro en main, l’élu qui s’exprime peu d’habitude, juste ce qu’il faut en séance plénière de conseil municipal, là se veut souriant, onctueux, à l’écoute. Il est attentif et regarde avec empathie ses interlocuteurs qui l’interpellent gentiment et avec révérence.

«Recours abusifs»

« Les intérêts particuliers sont parfois présentés comme des intérêts généraux  » lance le maire qui ajoute « attention aux recours abusifs qui sont déposés par exemple devant la justice administrative qui est réputée pour être lente ». Allusion sans doute au recours déposé dans le cadre du projet Saint-Julien. Projet qui a été évoqué dans la « vidéo micro-trottoir » diffusée au début de cette rencontre avec les lavallois. Le projet immobilier de Saint Julien a-t-il simplement déclaré est fait « pour accueillir des logements en centre-ville et divers services à la population ».

Le maire de Laval doit faire son chemin. Il le sait, il l’a dit. Le fait qu’il ait choisi la municipalité en abandonnant, contraint par la loi, son mandat de sénateur a été bien accueilli dans le montage vidéo du service communication, les personnes interrogées ont bien perçu ce choix, ou bien, seuls les avis favorables ont été conservés. Un choix de proximité là-aussi. Mais il doit faire son chemin, ou plutôt il va devoir s’occuper des « 400 kilomètres de trottoirs et des 280 kilomètres de voirie sur le territoire de la ville ». « Un problème général. » a-t-il insisté, après l’intervention d’une lavalloise qui se plaignait de son trottoir cabossé. Mais, ça coûte : « une étude révèle des montants colossaux ».

Un vrai casse-tête pour les finances de la ville qui « allaient dans le mur, a dit François Zocchetto. Mais nous sommes à présent dans une démarche de baisse des dépenses, moins 3 %. » Et le cap des « 10 % de baisse du taux des impôts, promesse de campagne, a été de suite réalisée et nous la maintiendrons ». Une fierté revendiquée qui ne va sans l’obligation de faire des choix draconiens.

«Un poison»

N’empêche, le maire est fier : « essayez, a-t-il lancé à l’assistance, de trouver des villes en France qui ont fait la même chose ! Il n’y en a pas !! Ce n’est pas facile, mais cela a été fait. Et puis nous sommes sortis des emprunts toxiques, […] il y a eu des re-négociations […] ce fut très difficile mais nous avons réussi […] ce poison a fait perdre 21 millions d’euros à la ville. »

Dans la salle, beaucoup d’anciens, de retraités. Peu de jeune. L’occasion pour François Zocchetto de rappeler que la ville sous son mandat à mi-chemin a créé un « service jeunesse pour les 12 – 25 ans, il n’y en avait pas! ». L’occasion aussi de dire que « pour avoir une ville dynamique, cela passe d’abord, selon lui, par un soutien aux commerces en centre ville ; et qu’il faut accorder une attention particulière aux jeunes […] » CQFD.

Dans la vidéo de départ, des personnes interrogées réclamaient quand même comme des pistes à explorer pour les années qui restent, pour les uns « un petit plus pour les migrants », pour d’autres « moins de parking payant », et aussi justement « plus d’effort sur l’éducation, la culture et l’emploi. ». Va falloir se dépêcher!

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