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Le récent épisode politique « droite-gauche », et révélateur du clivage qui semble exister entre la Région et la ville et l’agglo de Laval autour de la Cité de la Réalité virtuelle, a mis en lumières ce que ne souhaitait pas être le Conseil régional des Pays de la Loire présidé par Jacques Auxiette. « Une banque ». Une banque qui à tire larigot donnerait de l’argent et ne servirait qu’à ça !

- Par Mathieu P.

Il était une fois Jacques Auxiette. La scène se passe dans sa Maison du Conseil régional décentralisée, l’antenne de Laval, un bien bel endroit qui abritait dans un passé pas si éloigné une banque succursale de la Caisse d’épargne qui avait vu dans le tournant des années 70 près d’une centaine de ses coffres fracturés lors d’un retentissant hold-up à mains armées.

A Laval et dans une colère froide, républicaine et politique, il avait dit aux journalistes tout le mal qu’il pensait de l’attitude « désinvolte » du sénateur-maire de Laval qui avait « rompu de façon unilatérale le contrat » qui liait la Région des Pays de la Loire au projet de la Cité de la Réalité virtuelle auquel il croit tant.

Pensez donc, un pôle d’attractivité et de création d’emplois qui était initialement programmé sur la friche militaire du 42e Régiment d’Infanterie situé dans le quartier lavallois d’Hilard, et qui faisait l’objet d’un contrat passé avec l’État. À présent, le projet revu par la municipalité de droite est à la baisse et se veut moins onéreux. Entre temps le lieu d’implantation a été changé. Proche du campus universitaire dans une certaine logique, mais situé sur le territoire de Changé, une commune jusque là gérée par l’actuel président du département de la Mayenne. Même appartenance politique, mêmes visions et mêmes intérêts professionnels.

Non contente de revenir sur des engagements scellés par l’ancienne équipe dirigeante socialiste à Laval, la nouvelle majorité désenchantait par la même occasion la promesse d’un outil au service de l’emploi et du positionnement international de l’image de la ville. Il suffisait pour s’en convaincre de regarder les réseaux sociaux.

Flou du coup entretenu sur tout le projet, et notamment par exemple sur le regroupement du Musée des Sciences sur le site de la Cité de la Réalité virtuelle. La voilure du projet se voit réduit en investissements et du coup sa surface au sol en pâtirait.

Le différent autour de la cité de la Réalité virtuelle révélait aussi qu’il fallait compter avec les instances régionales et que le président Auxiette n’avait pas l’intention de jouer comme ont dit “les utilités” , fussent-elles sonnantes et trébuchantes.

Seulement dans la prose communicationnelle de la Région, on peut très souvent lire que « la Région accompagne les territoires dans les domaines de l’économie et de l’emploi, de l’environnement et de l’énergie, des solidarités territoriales. ». Par exemple si l’on regarde dans le rétroviseur - ça remonte un peu certes mais c’est symptomatique - « le nouveau contrat régional de Laval Agglomération-Loiron adopté par l’assemblée régionale le 16 décembre 2013 répond à ces enjeux tout en favorisant l’initiative locale et en encourageant la capacité d’agir des élus locaux. » Voilà ce qui s’appelle peut-être pour les élus locaux de Laval, avoir pris les mots au pied de la lettre.

Si l’on continue à examiner attentivement ce qu’écrit le service communication de la Région des Pays de la Loire, on a franchement l’impression que finalement la Région aime à se transformer en un organisme de soutien financier et par la même bancaire tant la prose fait la promotion de sa possibilité de subventionner.

« Équipements de proximité, crèches, maisons de santé, bibliothèque, soutien au dernier commerce, équipements culturels ou sportifs, ateliers relais, pépinière d’entreprises : les projets inscrits au contrat concourent à améliorer la qualité de vie des habitants », peut-on lire. « Ces 10 dernières années, ce sont plus de 543 millions d’euros qui ont été injectés par la Région dans l’économie locale ligérienne contribuant ainsi à l’équilibre du territoire régional. ». Ça fait rêver tout cet argent ! Et ça fait « banque » non ?

On comprend, tout en s’interrogeant, pourquoi par exemple on lit sur les cartons d’invitations « Jacques Auxiette, Président de la Région des Pays de la Loire, a le plaisir de vous inviter à la signature du Nouveau contrat régional de Laval Agglomération-Loiron doté d’une enveloppe régionale de 6,135 M€ pour la réalisation de 36 actions ». Encore et toujours le nerf de la guerre que l’on met en avant comme “produit d’appel”.

Cependant, il ne suffit pas de vouloir aider, et d’insuffler des masses d’argents dans l’économie. même si l’intention est louable. La Région dit clairement « qu’en Pays de la Loire, [elle] préfère parler conditionnalité des aides ». En faisant appel à la carotte plutôt que le bâton, quand elle parle de « logique incitative  » plutôt que de «  logique coercitive ». Mais est-ce vraiment efficace ?

Après la mise en place d’une « charte de conditionnalité des aides  » en 2007, c’est la création, deux ans plus tard d’une Commission régionale d’évaluation et de suivi des aides régionales (CRESA). Puis par la suite, on insuffle ce que la Région appelle le « caractère incitatif et [l’]introduction d’une part de progressivité dans les contreparties attendues de la part des entreprises bénéficiaires d’aides régionales  »

Des «  aides  » parfois énormes ! Toutes les entreprises en ont-elle besoin ? Comme par exemple, celle attribuée au groupe Gruau à Laval qui a reçu plus de 576 000 euros pour le développement d’une filière de véhicules électriques.

En 2013, la région lance ce qu’elle appelle le « référentiel régional pour la Responsabilité Sociétale des Entreprises ». Certes, les mots sont choisis. Il n’empêche, c’est bien une banque que semble être malgré tout devenue la Région, elle qui saupoudre et conditionne ses interventions sur les 5 départements de son territoire d’intervention.

Mais donner n’est pas jouer, semble avoir voulu dire aussi le président de l’Assemblée régionale à l’adresse du sénateur-maire de Laval qui avait cassé le contrat, alors que la Région souhaitait investir pour l’avenir dans cette aventure de la Réalité virtuelle pourvoyeuse selon elle d’emplois à la clef. On ne joue pas donc et surtout pas avec les deniers des contribuables.


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« La Région des Pays de la Loire n’est pas une banque ! », et pourtant...

Publié le: 30 novembre 2014
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