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En ligne de mire du second et au lendemain du premier tour, la fracture est forte entre ces deux candidats, Macron et Le Pen. Économiquement, socialement, sociologiquement et en terme d’image. Elle révèle une conception bien différente d’aborder cet entre-deux-tours où rien n’est joué. C’est même un problème d’image qui déjà imprime l’empreinte d’Emanuel Macron et de Marine Le Pen, dans ce duel qui trouvera son épilogue le 7 mai au soir.

- Par Édouard L.

« L’image est bénéfique parce symbolique » écrit Régis Debray, dans son livre Vie et mort de l’image. Elle peut-être bénéfique et contre-productive à la fois. Et justement, quand l’image symbolise plus que la parole programmatique, elle prend le dessus sur le réel.

De ce point de vue, revenons sur le dîner dans une brasserie chic d’un grand boulevard pour fêter entre amis une "déjà victoire" de la sphère Macron ; et de l’autre coté une salle banale où le FN proclame les résultats, transformée pour la circonstance et sur le tard, en une piste de dance-défouloir à Hénin-Beaumont. Le tout véhiculé par les télés en édition spéciale. C’est bien évidemment de l’image, comme celle qui avait prévalu au soir de l’élection de Nicolas Sarkozy dinant au Fouquet’s, ce qui allait marqué tout son mandat, avec cet adjectif dévastateur de « bling-bling ».

De même, le discours, au soir du premier tour, d’Emmanuel Macron faisant monter sur la scène son épouse, la tenant par la main, jouant sur l’image JFK - jeune et ringardisant ses adversaires - comme si la victoire avait été scellée. Cela démontre involontairement ou bien de façon choisie, une image d’un candidat qui ne sait pas, faute d’expérience politique peut-être, qu’en matière de politique spectacle, il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuée.

L’ambiance était à l’identique chez les frontistes de Hénin-Beaumont qui en fin de soirée ont transformé la salle en piste de dance avec projecteurs tournants. Un coté Boom improvisée. Mais c’est une constante au FN qui aime manifestement « guincher » peut-être à cause des rallyes et de l’entre -soi. L’impression de « victoire à la portée de main », de dire que « les jeux sont faits » renvoyait là aussi l’électeur-téléspectateur à un rôle de non-acteur particulièrement excluant, et ce dans les deux cas.

Des candidats sans parti politique, avec des adhérents accrochés par la zapette et l'internet

Images et prises de parole aussi dans une campagne de second tour qui a déjà démarré et qui doit se dérouler à présent pendant 15 jours. Ainsi la candidate frontiste qui ose, encore plus que d’habitude booster par sa qualification, et ne veut rien respecter au nom de sa lutte contre le système, - « l’établissement  » comme en parlait en son temps son père, Jean-Marie Le Pen - et porte au lendemain un regard particulièrement méprisant sur l’attitude de tous les républicains qui appellent à lui faire barrage.

Marine Le Pen parle avec un sourire dans la voix d’ « un front républicain tout pourri [qui] essaye de coaliser autour de M. Macron ». Une prise de parole dangereuse pour son image de présidentiable, qu’elle s’était essayée de renvoyer avant le premier tour.

Voir les « codes invisibles », en politique, enseigne tout autant que les programmes des candidats. Le choix de mots, on vient de le voir, mais aussi les espaces géographiques d’où ils s’apprêtent à parler sont éclairants. Les endroits où ils vont aller dans cette deuxième phase de la campagne électorale qui démarre sont des mines d’enseignements.

La création d’images implicites

Ainsi, il est question qu’Emmanuel Macron se rende sur un lieu d’intervention de la France à l’étranger, pour donner l’image qu’il n’est pas aussi « faiblard sur le terrorisme » comme Marine Le Pen cherche à le dénoncer. Et puis dans l’hexagone, le leader charismatique d’En Marche ! devrait se rendre à Amiens, sa ville natal. Amiens sa ville où il devrait tenter de faire oublier de ne pas avoir été rendre visite aux ouvriers de Whirpool dont l’usine devrait être délocalisée en Hongrie et qui vont perdre leur travail. Des ouvriers qu’ils avait négliger jusque-là.

Créer des images, qu’elle soient virtuelles comme sur les réseaux sociaux par exemple ou, des images bien réelles, quoiqu’on en pense, c’est vouloir toucher des « gens », comme les appelle Jean-Luc Mélenchon sans jamais évoquer les mots d’ouvrier ou de travailleur, ce qui ne l’a aider à s’enraciner non plus ; des électeurs donc, et des indécis qui sont autant de flux de bulletins qui pourraient grossir un flot de suffrages exprimés. Et vouloir les toucher, ces gens-là, c’est donc aussi les atteindre.

C’est pourtant en apparence à moins de démocratie auquel on assiste dans cette campagne des Présidentielles 2017. C’est vrai avec l’abandon de la notion classique de parti politique au bénéfice de mouvement emmené par des leaders, comme c’est le cas pour En Marche !, et France Insoumise. Des leaders qui sont suivis par des "adhérents" qui, au départ rappelons-le, se sont inscrits, signe des temps, sur des portails virtuels et simplement sur internet.


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La campagne pour le second tour est déjà en marche avec des images clivantes

Publié le: 24 avril 2017
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