La direction de l’Hôpital de Laval : «nous partageons les inquiétudes»

SANTÉ – Un texte signé du directeur de l’hôpital de Laval André-Gwenaël PORS, reprenant des réponses faites par la direction de l’établissement au cours d’une rencontre avec les syndicats qui appellent à la grève reconductible depuis le mercredi 24 Janvier 2017. Une réunion décidée rapidement. Elle s’est tenue lundi en début d’après-midi soit bien en amont et 3 jours avant le démarrage de la grève. Notons, et même s’il n’est pas fait mention du montant du déficit financier de l’Hôpital de Laval, que les réponses apportées semblent, à bien lire entre les lignes, légitimer en partie les inquiétudes émises par les représentants du personnel, qu’il soit soignant ou médical.

Par André-Gwenaël PORS


lettreguiillemetsfrancaisouverture-4.jpgÀ l’issue de la cérémonie des vœux, les organisations syndicales CGT et FO du centre hospitalier de Laval ont fait part de leur intention d’action de grève à compter du mercredi 24 janvier 2018, et demandé une rencontre avec la direction, les élus du département et les représentants de l’ARS (Agence régionale de santé) .

En réponse à cette demande, une rencontre a été organisée ce lundi 22 janvier au Centre hospitalier de Laval. À cette occasion, M. Zocchetto, maire de Laval et président du conseil de surveillance, a fait part du courrier d’alerte qu’il a adressé au directeur général de l’ARS relatif aux difficultés budgétaires de l’hôpital ; celles-ci étant liées aux baisses des tarifs des activités de médecine, chirurgie et obstétrique et entraînant une moindre capacité de l’hôpital à investir. Le résultat prévisionnel du CH Laval fait écho à la situation financière des hôpitaux français. En effet, le ministère de la Santé prévoit un déficit de 1,2 milliard d’€uros pour les hôpitaux publics en 2017.

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Un aperçu de la vue depuis le 12ème étage de l’Hôpital de Laval : «à quand une embellie? » peut-on s’interroger – (c) Photo leglob-journal

Pour ce qui concerne le centre hospitalier de Laval, ce sont essentiellement les modifications de pratiques de prise en charge demandées par les pouvoirs publics, couplées aux baisses de tarifs d’activité qui sont les causes de ce résultat. Avec les représentants du personnel, les élus et la direction conviennent que ces résultats sont décourageants compte tenu des efforts réalisés par l’ensemble de la communauté hospitalière. Ceux-ci avaient permis de retrouver en 2015 et 2016 les excédents budgétaires nécessaires à la mise en oeuvre de son projet d’établissement et aux investissements, attendus par tous.

hopitaldirectionconflitcitation.jpgAu cours de cet échange, les représentants du personnel ont relayé les difficultés ressenties par les professionnels hospitaliers, notamment aux urgences et en pneumologie. La direction et les élus partagent leurs préoccupations, qui s’expliquent également à traversces éléments.

Un – Début janvier, le centre hospitalier est entré dans la procédure « Hôpital en tension » pour faire face au flux important de patients arrivant aux urgences. 8 lits
supplémentaires ont donc été ouverts le 10 janvier, avec augmentation des moyens en personnel. Le flux saisonnier reste élevé et désorganise l’activité des urgences.

Cette situation ne permet pas aux patients d’être admis dans un délai raisonnable dans un service d’hospitalisation, et engendre une insatisfaction compréhensible des patients, de leurs proches, et des professionnels de santé.

Cette situation tendue est amplifiée par la vétusté et l’exiguïté des locaux. La
restructuration des urgences est une priorité pour l’établissement qui ne peut être
honorée à court terme.

Deux – Le service de pneumologie est par ailleurs dans une situation difficile depuis un an et demi, faute de médecins pneumologues titulaires. Cette pénurie médicale a obligé la direction à réduire de moitié la capacité de 28 à 14 lits en 2016. Si le Professeur Urban, du CHU d’Angers a accepté d’en être le chef de service provisoire, il ne peut intervenir qu’une journée par semaine à Laval.

Chaque jour, outre un médecin généraliste, l’établissement a recours à des médecins intérimaires de plus en plus rares. En effet, cette discipline est sinistrée dans la plupart des hôpitaux non universitaires en France, et il est très difficile de recruter des pneumologues.

La direction et les élus sont conscients des difficultés exprimées par les professionnels et les usagers, et des efforts constants réalisés par des personnels hospitaliers qui ont à cœur lettreguiillemetsfrancaisfermeture-5.jpgd’assurer un travail de qualité.

Cependant, les nouveaux projets en cours, dont la reconstruction de deux EHPAD et la rénovation de la cardiologie, montrent le dynamisme du Centre Hospitalier de Laval, établissement support du Groupement hospitalier de territoire [Le GHT, est un système où l’établissement central est référent, NDLR] qui, grâce au professionnalisme des hospitaliers lavallois, prépare l’avenir de l’offre de santé en Mayenne.

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