La force de l’empreinte

Mafalda, de Quino

« Il n’y a pas eu de vraie mesure de gauche, de signal fort pour bien marquer la différence » de Guillaume Garot. Sans être définitifs, sans sanctionner, ce sont des propos qui se disent à Laval après 2 années en responsabilité – Analyse

Par Thomas H.

2 ans après le retour de la gauche à la ville de Laval, quel bilan pour le porte parole de Ségolène Royal qui occupe la place 566 dans l’hémicycle à l’Assemblée nationale ?
La question mérite d’être posée et la réponse en raison de données structurelles et conjoncturelles doit se faire dans la nuance.

« Aucune action d’envergure n’a réellement été perceptible » ajoutent avec lucidité des lavallois, ce qui aurait permis à la nouvelle équipe de renvoyer aux électeurs à l’origine de sa victoire la sensation que ces derniers avaient bien fait de voter utilement.
N’est-ce pas dans l’action forte que l’on marque une empreinte ?

Mafalda, de Quino
Mafalda, de Quino

L’attente de l’audit financier qui devait faire la lumière sur les comptes de la ville de Laval aura laissé une impression d’indécision. Et de malaise. Et puis cette annonce finalement des impôts faisant un bon terrible à la hausse pratiquement en début de mandat. C’était courageux certes, ( l’équipe municipale avait-elle le choix ? ), mais contre-productif.

Consensus – Et pourquoi avoir feint l’étonnement alors que le principal intéressé était au courant depuis longtemps de l’état des finances de la ville ? A Laval, on parle souvent, même parmi les sympathisants de gauche, «d’image peu lisible», même si au fond les affaires sont gérées et que la victoire aux Régionales est là et conforte l’ancrage de la Gauche unie sur Laval.

Certes, les rouages se sont mis en place, et les priorités sont affichées. Le bulletin municipal, relooké, professionnalisé, coloré, que les habitants reçoivent dans leurs boîtes aux lettres y a largement contribué.

« On a perçu que l’École est redevenue prioritaire ce qui n’était pas le cas partout à Laval avant », font remarquer des lavallois lucides.

Car enfin juste avant que n’éclate au plein jour la crise et la récession, c’était un peu le désenchantement qui prévalait. Les premières manifestations s’étaient déroulées devant la mairie. Avec force banderoles. Une petite centaine de personnes à chaque fois sur le parvis, essentiellement des agents de la municipalité employés dans les écoles qui se plaignaient de changements imposés par l’extérieur et qui s’en prenaient aux réunions qualifiées de
« pseudo concertation ». La gestion, même quand elle est de gauche, peut ne pas faire consensus.

Lisibilité – Les habitants, et c’est normal, sont encore un peu sous le choc, même si c’est digéré, de l’annonce de l’augmentation de l’imposition qui a fait l’effet d’une bombe. Avouez qu’une augmentation très forte des impôts comme perspective d’avenir, localement, ce n’est pas ce qu’ils attendaient.

Pourtant l’élection de Guillaume Garot à Laval avait semé l’espoir et renvoyé l’ancienne majorité arrogante jusque-là dans les rangs de l’opposition ce qui n’est pas facile à maîtriser même si son leader, l’ancien maire, s’est inscrit pratiquement aux abonnés absents.

On le voit le bilan à mi-mandat est nuancé. La faute aux finances ? A celui qui les incarne ? En cause une politique rendue un peu brouillonne par un manque de cohésion ? En tout cas, Guillaume Garot après deux ans de mandat local et national menés de front s’est sans nul doute aperçu que la politique du réel est souvent bien éloignée de celle imaginée dans l’euphorie d’une campagne électorale. Et ça, ce n’est pas facile d’en faire le constat avec le recul, même si l’homme politique est reconnu dans son entourage comme un fin stratège qui connaît bien ses dossiers.

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