| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

DSP (Délégation de Service Public), ce sigle a souvent été prononcé au cours de ce conseil communautaire de rentrée, présidé par le maire François Zocchetto. Lors de rapports rapidement présentés, on a donc en fait beaucoup parlé de Délégation de Service Public. Des rapports qui n’ont appelé pratiquement aucune question, à l’exception de quelques remarques. Pourtant il s’agit de fonds publics et de sommes importantes. Ce fut le cas de l’Aquabulle mais aussi de l’Hôtel d’entreprise des Pommeraies, ou bien de LMA (Laval Mayenne Aménagement), ou encore de Laval SPLA (Société Publique de Laval et de agglomération).

Par Thomas H.

Déléguer un service public ne signifie en rien pour la collectivité “l’abandonner” au délégataire, c’est-à-dire à celui qui s’en occupe. C’est même tout le contraire : la collectivité demeure non seulement responsable de cette activité, mais doit aussi rester en mesure de faire jouer son contrôle.

L’Aquabulle d’abord, avec la piscine « ludique » voulue par François D’Aubert. Créée le 13 juillet 1999 par l’ancien maire de Laval avec une concession donnée à une société privée. D’abord Aquaval devenue ensuite Espaceo appartenant au groupe Spie Batignolles. « L’Aquabulle a toujours eu un peu de mal, peut-être parce que trop excentrée. » commente cet élu. Et aussi peut-être en raison au tout début du revêtement des bassins jugé rugueux par les usagers, ce qui a véhiculé une mauvaise image auprès du public. D’ailleurs en 2016, « Espaceo a décidé de renoncer définitivement au type de revêtement (résine + couche de finition) pour les bassins extérieurs, et de les remplacer par un liner. »

« Participation aux frais »

Si la fréquentation de l’Aquabulle augmente d’un peu plus de 2 % sur un an de 2015 à 2016 en raison des nombreux efforts effectués par la direction de l’établissement pour que celui-ci soit plus attractif, malheureusement une fois les recettes et les charges examinées, le « résultat net de la DSP est négatif : 237 114 euros » relève Christian Lefort, le rapporteur. Il relate aussi que « Laval Agglo subventionne l’Aquabulle à hauteur de 1 million 000 150 euros ».

Le vice-président de la collectivité met aussi en avant ce qui fâche dans ce dossier, à savoir « les 284 000 euros de participation aux frais de Spie Batignolles » avançant un pourcentage de prélèvement qui se monte à 7,10 %, sans pouvoir donner d’explication.

Si on se jette à l’eau et qu’on fait un calcul, dans cette piscine gérée par une société appartenant au privé, il s’agit bien de 1,4 million d’argent public qui est injecté dans les tuyaux. Le maire de Saint-Jean-Sur-Mayenne l’a fait remarquer publiquement : « les entrées des 34 000 scolaires qui ont fréquenté la piscine en 2016 ont été payées par Laval Agglo », ce qui représente selon Olivier Barré la somme de « 400 000 euros qui s’ajoute à la subvention, et il est important de le savoir. » L’Aquabulle a toujours fait des remous, petits ou grands.

« 25% de surface louée seulement »

Aux Pommeraies, « l’Hôtel d’entreprises innovantes » qui vient de sortir de terre au dernier trimestre 2016 pour un investissement de 4,4 millions d’euros est pour l’heure utilisé partiellement. Normal, il faut lui laisser un peu de temps : il vient juste d’être inauguré : « 25 % de la surface sont loués et la trésorerie est déficitaire de 485 000 euros » fait remarquer simplement Alain Boisbouvier, le rapporteur du dossier. Laval Agglo a confiée à LMA, Laval Mayenne Aménagement la DSP concernant l’Hôtel « pour une durée de 22,5 années », soit une expiration de la DSP en 2036. Au cours du conseil communautaire de Laval Agglo, il a été entendu cette phrase qui laisse rêveur : « L’Hôtel pourra être à l’équilibre si 90 % de la surface est louée... ». On en est loin.

À LMA, Laval Mayenne Aménagement, les comptes annuels de la Société d’économie mixte pour 2016 présentent un chiffre d’affaires de 4,2 millions d’euros. On pourrait s’en féliciter, mais il faut savoir que ce même chiffre d’affaires s’élevait à deux fois plus, soit 8,3 millions d’euros pour l’exercice précédent. Une baisse qui est simplement expliquée « par une diminution des prestations de services et de la rémunération liées aux opérations de construction  » peut-on lire dans le rapport annuel approuvé par la collectivité. Dans ce contexte, « LMA n’a pas effectué de dépenses en matière de recherche et de développement.  » lit-on sur le rapport.

Laval, cité du futur en 2036, entièrement fibrée et en plein développement

« Un événement important »

Depuis le 5 mai 2017, date de la clôture de l’exercice de LMA, « l’Adapei a demandé la résiliation du bail pour la construction portant sur le restaurant de la zone des touches à Laval. » Un coup dur. Un « événement » qualifié d’ « important » dans le rapport écrit portant sur « les perspectives d’avenir » de Laval Mayenne Aménagement. Voilà qui devrait encore impacter la santé de la SEM (Société d’Économie Mixte) ou du moins la fragiliser encore. Il est prévu d’ailleurs des mesures d’économie, comme la «  mutualisation du personnel par exemple à Laval SPLA (Société publique de Laval et de l’agglomération) pour tenter de résoudre les difficultés  ».

Autre DSP, celle confiée par Laval Agglo pour le déploiement du Très Haut Débit, c’est-à-dire la Fibre, sur Laval et l’agglomération. Le chiffre de « 55 000 prises » a été annoncé avec satisfaction par le rapporteur. En revanche, ce même rapporteur a souligné ce qu’il appelle un « bémol : la présence d’un seul opérateur à savoir Orange » pour déployer la Fibre. Résultat, des foyers séparés de quelques mètres seulement ne peuvent prétendre obtenir l’installation gratuite de la Fibre, simplement parce que l’un d’eux n’est pas client chez Orange. Un nouveau genre de discrimination commerciale en sorte. Mais « sans doute un deuxième opérateur de télécommunications pourrait intervenir en plus d’Orange ; des pourparlers sont en cours ; cela pourrait se faire d’ici quelques semaines... » a-t-il été annoncé. Selon nos informations, il pourrait s’agir de Free, bien qu’aucun nom n’ait été avancé officiellement.

Quant au Laval Virtual Center - un projet initié sous la mandature précédente de gauche et largement revu à la baisse par l’actuelle majorité - il est sorti de terre rue Pierre Gilles de Gennes sur le Parc technologique de Changé. Et oui. Occupé par trois sociétés, Laval Virtual, Clarté et l’Ensam, le « lieu emblématique et fédérateur des technologies du virtuel  » sera inauguré le 5 octobre. Confirmation a donc été donnée. Ça tombe bien, cette date avait été lancée en juillet dernier...


Réagir

La gestion de délégataires de service public passée en revue à Laval Agglo

Publié le: 19 septembre 2017
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-mayenne
Laval Politique Droite
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
A lire également sur votre Journal en ligne
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Nous contacter : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS