| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

C’est comme ça ! Le maire UDI de Laval ne fait pas exception. Invoquer le sentiment d’insécurité « ressenti » et énumérer les réponses à apporter, c’est ce qui fait le « fond de commerce » de bien d’autres élus et pas seulement de droite. Mais cette partie de l’échiquier politique, dirons-nous, a toujours su parler d’’insécurité, sans gêne, sans complexe sur le sujet, comme si elle souhaitait faire peur en brandissant un épouvantail, un sentiment qui lui même aboutit à créer de l’inquiétude.

- Par Édouard L.

Edito - Laval Laville n°72 - Novembre 2015

e la redondance ; et comme dans un four de la convection. Des idées cuites et recuites. Les intéressés rétorquent que c’est justement pour répondre à cette inquiétude « grandissante », qualifiée de « légitime » qu’il est fait appel à des moyens de lutte contre la délinquance notamment basés sur l’électronique visuel.

Caméras de surveillance en nombre déployées pour être visibles et enregistrer les mouvements ; rapatriement de la Police municipale en centre ville à Laval (une quinzaine d’agents dont la moitié en policiers). Tout ça pour être au plus près de la population. Une partie de la panoplie pour « rassurer », et aussi faire fleurir les contraventions et verbaliser les contrevenants au stationnement payant.

Pourtant le CLSDP, le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance de Laval, institué le 11 février 2014, dressait un diagnostic bien en décalage. Il écrivait, « Depuis plusieurs années, le niveau de la délinquance à Laval s’inscrit parmi les plus bas au plan national. La circonscription de police de Laval est placée à la 93e place sur les 107 circonscriptions de police de référence.

Des résultats note le CLSDP à mettre en lien avec un travail de qualité des acteurs de la sécurité et de prévention de la délinquance sur le territoire (police nationale et municipale, justice, médiation...) . La ville de Laval est confrontée à une délinquance “classique” pour une commune urbaine de cette strate [ NDLR : 50 843 habitants] : une délinquance de proximité (vols, dégradations...), des trafics de stupéfiants et des situations parfois préoccupantes dans certains quartiers.

Le phénomène de forte alcoolisation est également présent, générant des troubles à la tranquillité publique et des violences sur la voie publique ainsi que dans la cellule familiale. (…) La problématique des drogues dures demeure assez marginale, en volume, l’alcoolisme étant de loin l’addiction la plus préoccupante. En nombre, les motifs de consultation au centre hospitalier sont principalement liés à l’alcool et au tabac. (…)  »

Bon, on serait-on tenter de dire malgré tout, car les caméras seront installées et seront de « protection  » et non de surveillance. C’est de la sémantique, oui, certains disent même qu« ’il s’agit de com’ » , mais cela révèle en tous cas la prudence avec laquelle il faut manier le dossier quand il s’agit en fait tout simplement de filmer ses concitoyens. Et la municipalité d’ajouter dans un bulletin municipal : « pas de surveillance continue, simple enregistrement et stockage d’images pour réquisitions judiciaires  ». Le tout pour un coût de « 100 000 euros », qui prévoit l’implantation de « 10 caméras dans l’hyper-centre »de Laval, par un «  prestataire habilité  ».

L’objectif,, c’est bien-sur la «  tranquillité publique et la prévention des cambriolages  » tout en « favorisant le travail en commun entre les services de sécurité nationaux et locaux » pour la résolution des enquêtes car la population de Laval aurait un « sentiment accru d’insécurité » selon le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, composé du Maire, du Préfet, du Procureur de la République, du président du Conseil départemental, de représentants des services de l’État désignés par le Préfet et des membres de la société civile œuvrant dans le domaine de la Sécurité et de la Prévention.

Les détracteurs des caméras en ville, ces engins qui se transforment en auxiliaires de Big-Brother et qui propulse Laval, toute proportion gardée dans le concert des villes équipées en oeils électroniques inquisiteurs, parlent bien évidemment d’atteinte à la vie privée mais aussi évoquent le coût de l’installation en ajoutant aussitôt l’inefficacité du dispositif. Parce que notamment les utilisateurs de ces données vidéo sont peu formés ou pas assez selon les arguments avancés.

En 2011, un rapport de la Cour des comptes dont la mission est de relever les irrégularités de tout acabit établissait notamment que « les préfets disposent d’une grande marge d’appréciation. Ils accordent des autorisations d’installation de caméras de surveillance de la voie publique dans des quartiers où la délinquance baisse ou dans des communes où son niveau est faible. » Il notifiait aussi que « c’est le maire, l’un de ses adjoints, ou encore le garde-champêtre, qui est censé surveiller les écrans de contrôle, en aucun cas une entreprise privée, ce qui constituerait une infraction à la loi. Pour se protéger donc, finalement, il faudra non seulement être vigilant mais aussi surveiller tout ça de très près !


Réagir

La lutte contre l’insécurité en ville, vieille lune de la droite : Laval n’y échappe pas !

Publié le: 18 avril 2016
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-mayenne
Laval Politique Droite Cité
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
A lire également sur votre Journal en ligne
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Lisez leglob-journal - Nous contacter par mèl : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS