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Hommage à Michel Polac. Cet article a été publié pour la première fois le 27 octobre 2010 sur leglob-journal.fr. Un hommage à la création télévisuelle de Michel Polac qui vient de s’éteindre.

Cet homme de télé et de radio ( Le masque et la plume) ce journaliste avait à cœur de mettre en avant le débat, la pluralité d’expression et la polémique, pour le bien commun. leglob-journal.fr lui rend hommage.

- Par Thomas H.


Media et Finances seraient trop imbriqués ? - De plus en plus de voix s’élèvent en France pour en dénoncer la connivence. Flash back sur une tentative d’indépendance vite réprimée.

Droit de réponse et la parole trop longtemps retenue en France se lâchait. C’était sur une chaine de télévision généraliste et à une heure de grande écoute. On dirait maintenant « en prime time » parce que la télévision s’est outrageusement industrialisée, normalisée et stéréotypée à la façon de son modèle anglo-saxon qu’elle a copié, pour ne pas dire pillé.


n « enchorman », Michel Polac avec Droit de réponse avait su libérer la parole, la canaliser à l’envers, la rendre fluide et permise. En fait, la laisser vivre en tant que telle, et l’encourager.

Cette façon de concevoir en télé la réalité de la France des années 80, qui connaissait déjà un intense besoin de libération et d’expression, cela s’est fait sur la première chaine entre décembre 1981 et septembre 1987, après « l’arrivée de la gauche au pouvoir » comme il était convenu de dire et sur une chaine qui jusque là s’intéressait plutôt à la « France défigurée ».

Il faut dire qu’en ces temps de basculement politique, on disait plutôt d’alternance, il n’y avait pas de TNT (Télévision Numérique Terrestre), de TNT bon marché et la France ne connaissait pas la facilité de la Téléréalité. Pas encore.

Liberté de ton - Mais c’était du coup l’émergence bien légitime d’une certaine liberté recouvrée en matière d’information. Les JT s’ouvraient et le ton était moins empesé, plus direct : les journalistes osaient ! Non à cette époque, il y avait un besoin flagrant d’expression et de liberté. Et la société des « années fric » n’avait pas encore sévies.

Et la télé allait donner du grain à moudre à ceux qui considéraient que la France avait besoin d’expression libre. La télé devenait un miroir dans lequel on pouvait se refléter et progresser. Il allait être mis un point final à la sclérose du petit écran et on allait casser le coté conventionnel de la télé normée qui sévissait jusque-là. Moins de style ampoulé et plus de vérité.

Une télé éducative - Cela a duré six ans. Six années de franc-parler dans les échanges, d’exploration de domaines jusque-là « tabou-isés » (pour faire un néologisme) dans une France qui commençait à connaître une certaine idée décoincée de la liberté d’expression. C’était Droit de réponse de Michel Polac qui allait survivre grâce à ses 12% d’audience, et à une certaine notoriété.

L’émission était repérée par les téléspectateurs qui attendait lé début du générique avec impatience même si c’était « comme un joyeux foutoir » où il allait toujours se passer un événement, « une animation à tous les étages du magasin  » et finalement ça plaisait. Et en plus « on y apprenait des choses ». Alors...

Et PAF ! - lors ! l’émission a finalement été « sucrée » de l’antenne. Après avoir connu plein de turpitudes. A la suite notamment de nombreuses plaintes de téléspectateurs mécontents parce l’émission leur renvoyait de la réalité non édulcorée à l’antenne.

Mais aussi et peut-être surtout à la suite d’interventions de membres du gouvernement de l’époque usant de leur influence particulière et de leurs proximités d’intérêt. Il faut dire qu’on était entré en 1986 après des élections législatives sous la première cohabitation de la Cinquième République et que le gouvernement de droite catapulté aux affaires avait décidé de vendre au privé la première chaine historique du PAF.

La chaine préfigurait ce qui allait devenir plusieurs années plus tard le PAF, le paysage audiovisuel français. Après les nationalisations était venu le temps de la revanche et celui des privatisations. Et des renvois d’ascenseurs.

Recadrer - C’est d’ailleurs dans ce contexte politique que l’accent fut mis dans les médias sur la sécurité pour justifier le changement et redonner du corps à l’idéologie de la majorité revancharde. La liberté d’expression a commencé à s’étioler. Petit à petit.

Pour ce qui est de Droit de réponse, c’est à cause surtout d’un dessin passé à l’antenne en direct après la privatisation de TF1 et de son rachat par Bouygues, qu’il fut décidé que l’émission devait être supprimée définitivement.

C’est un dessin de Wiaz qui a fait déborder le trop plein. leglob-journal.fr le reproduit là pour bien comprendre le contexte.

De quoi ?

Michel Polac était aux manettes. Et finalement plus de 20 ans plus tard on a pas retenté l’expérience. Pas vraiment. "Je rêve de cette émission" a dit un journaliste qui aime donner la parole, mais il faudra du courage à TF1 pour oser lancer une émission comme ça. Il y a aura de la polémique et des dérapages. Mais les dérapages, c’est la vie !"

Ne plus prendre de risques - Pas si sur que la polémique et les dérapages verbaux soient la vie des médias. Les journalistes qui sont actuellement aux manettes dans les média de sont pas de cette avis, et n’ont peut être pas envie de devoir des droits de réponse, des vrais ceux-là, avec tout ce que cela comporte de tracas juridiques et de mises en difficultés.

Pas non plus envie de gérer des procès. Et ils n’ont pas envie non plus de se porter garant de leurs journalistes qui prendraient des risques ( et pourquoi faire ?). De moins en moins de volonté. De plus en plus de cynisme individuel. Car le droit de réponse juridique effraye et écorne donc la fonction de celui fait œuvre de journalisme. Œuvre, oui le mot n’est pas trop fort.

L’idée de devoir rendre des comptes insupporte la très grosse majorité des décideurs-journalistes qui en oublient l’essence même de leur fonction : garantir la liberté d’expression par tous les moyens à ceux qu’ils dirigent et donc par la même occasion à ceux à qui, finalement, est destinée l’information.


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La parole lâchée

Publié le: 7 août 2012
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