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AGROALIMENTAIRE - Dans cette affaire de contamination de lait infantile, Bercy n’y va pas avec le dos de la cuillère. Le ministère rappelle le groupe à ses obligations et ouvre aussi le parapluie ; il le fait en raison des « mesures prises par l’entreprise Lactalis Nutrition Santé [qui] n’étaient pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas-âge ». Plusieurs centaines de lots de laits pour bébé produits par la multinationale à Craon en Mayenne sont concernés et pas uniquement pour le marché France.

- Par Thomas H.

Cette fois ce sont plus de 600 lots qui sont concernés. Des laits issus de poudre de lait fabriqués en Mayenne sous les marques Milumel, Picot ou bien pour le compte de l’enseigne Carrefour  ; mais aussi, des laits de substitution au lait maternel pour la Chine, le Pakistan, le Maroc, le Liban, Taïwan ou bien le Pérou pour ne citer que ces pays.

Rappelons que Lactalis, c’est, en deux chiffres, « 75 000 salariés répartis dans 43 pays » comme l’annonce sur son site internet le groupe laitier mayennais.

« Sécurité sanitaire »

C’est donc « par souci de sécurité sanitaire » que le ministre de l’Économie et des Finances français a décidé non seulement « la suspension de la commercialisation », mais aussi les « exportations de plusieurs références  » de ces produits de nutrition pour les enfants en bas-âge. Des lots « fabriquées en 2017 par le groupe Lactalis Nutrition Santé (LNS) » dans l’usine Celia de Craon, rachetée par le groupe laitier lavallois, en 2006.

Capture d’écran Lactalis

Dans un communiqué de presse le ministère « ordonne » le rappel de ces lots , « en raison d’un risque de contamination par des salmonelles » ; des micro-organismes qui peuvent notamment entraîner des gastro-entérites. Une mesure qui fait suite au signalement, le 2 décembre 2017, d’ « un nombre inhabituel de souches de Salmonella Agona  », retrouvées chez de jeunes enfants âgés de moins de 6 mois et dans huit régions françaises différentes ; le ministère affirme que « des investigations ont permis d’identifier et de confirmer le lien de ces contaminations avec la consommation de produits de nutrition infantile issus des chaînes de production du groupe Lactalis Nutrition Santé. »

Déjà début décembre, le groupe mayennais, ayant été « informé de la survenue de 20 cas de salmonellose » avait annoncé le « retrait et le rappel de 12 références de laits infantiles produits » sur ce même site en Mayenne à Craon.

Depuis cette date, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) de la Mayenne, des organismes dépendants de la Préfecture à Laval ont cherché à « vérifier, selon le ministère de l’Économie et des Finances, que le groupe Lactalis met[tait] en œuvre les mesures appropriées de gestion du risque. Des prélèvements pour analyse ont, en outre, été effectués dans l’environnement de la chaîne de fabrication. »

Et cette semaine, « 5 nouveaux cas de salmonellose » ont été enregistrés, selon le ministère, chez des nourrissons dont « l’infection par la même souche (Salmonella agona) a été confirmée.  » Le communiqué précise que « ces enfants vont bien. L’un d’entre eux avait consommé du PICOT® riz 1er âge dont la référence ne figurait pas dans la liste des références rappelées à compter du 2 décembre 2017.  », précise Bercy.

« Maîtriser le risque »

Le ministère a considéré que le groupe Lactalis n’avait pas pris les bons moyens pour juguler la contamination. Dans son communiqué de presse, on peut lire en effet que « les mesures prises par l’entreprise LNS n’étaient pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas-âge  ». Ce qui a conduit ajoute Bercy à « ordonner la suspension de la commercialisation et les exportations ainsi que le rappel de plusieurs références de produits de nutrition infantile fabriquées depuis le 15 février sur le site le Lactalis nutrition santé (LNS) de Craon » en Mayenne.

De son côté le groupe laitier Lactalis a annoncé, dimanche, avoir mis a l’arrêt les deux tours de l’usine et identifié « une cause probable » de cette contamination à la salmonelle « sur une de nos tours de séchage dans la période du 1er au 6 mai 2017. Par précaution, nous avons décidé de procéder à un rappel plus large de l’ensemble des produits fabriqués depuis le 15 février 2017. » S’agit-il de la tour construite six ans après le rachat en 2006 de l’usine Celia à Craon par Lactalis ; construction qui se fit sans attendre l’avis de l’enquête publique qui s’avèrera d’ailleurs défavorable ?

Jouer le principe de précaution

S’il est vraiment impossible aux parents de trouver un lait de substitution, la Société Française de Pédiatrie (SFP), via les recommandation des autorités publiques, leur propose de « préparer un biberon avec le lait qu’ils possèdent, puis de faire bouillir le lait pendant 2 minutes dans une casserole, de le laisser refroidir et le donner en attendant de trouver une alternative ». Il existe aussi un « soluté de réhydratation, disponible en pharmacie », pourra être donné à l’enfant pour éviter une déshydratation en raison de selles liquides et trop nombreuses.

La Direction générale de la Santé a ouvert le numéro 0800 636 636, plateforme téléphonique accessible 7 jours sur 7 de 9h à 20h. Lactalis maintient son numéro vert 0800 120 120 ouvert. L’ensemble des références de produits concernés est disponible sur le site du ministère des solidarités et de la santé.


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Lactalis : du lait infantile contaminé pour le marché France, et l’export

Publié le: 10 décembre 2017
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