Lactalis : un cran de plus dans l’affaire du Lait contaminé

lettrelbigupmoins-4.jpgL’enquête ouverte au pôle Santé du Parquet de Paris sur le lait contaminé à la salmonelle connait une nouvelle accélération. Une perquisition effectuée de façon simultanée dans plusieurs sites de Lactalis en Mayenne a été diligentée par la justice qui agit dans le cadre d’une enquête préliminaire ; à l’usine de Craon d’où sont sortis les lots de lait con-taminé à la salmonelle et au siège du groupe de la multinationale à Laval en Mayenne.


Par Thomas H. 


Un incessant balai de véhicules, comme si de rien n’était, comme s’il s’agissait d’un jour normal chez Lactalis à Laval, sauf que trois gendarmes sont postés devant l’entrée du siège lavallois. Histoire de sécuriser les va-et-vient de ceux qui entrent et sortent ; les gendarmes demandent à chacun de décliner son identité.

Les enquêteurs sont arrivés peu avant 9H30 en Mayenne au siège social de Lactalis à Laval et dans l’usine de Craon, jouant la simultanéité des actions. À Laval, Leglob-journal a noté, alors qu’il était sur place, l’arrivée un quart d’heure plus tard de Michel Peslier, ce « haut cadre » employé chez Lactalis et attaché aux affaires juridiques d’Emmanuel Besnier, le PDG du groupe. Michel Peslier qui était seul au volant d’une berline noire immatriculée en 75 est aussi, rappelons-le, vice-président du tribunal de commerce de Laval, c’est à dire le n°2.

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Devant le siège de Lactalis à Laval

Des magistrats et 70 enquêteurs de la gendarmerie, au total ont été déployés sur tous les sites, selon une source proche du dossier, rapporte l’AFP qui avait pu savoir bien en amont qu’une perquisition allait être lancée ce mercredi matin. Des investigations, des recherches minutieuses qui interviennent au lendemain de la diffusion de l’émission de Cash Investigation sur France 2 et qui ont lieu dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte à Paris le 22 décembre, contre Lactalis.

À Laval, au siège historique du groupe fondé par André Besnier, situé entre la rivière La Mayenne et le ruisseau appelé le Saint Nicolas, douze personnes sont arrivées le matin, puis huit autres venues leur prêter mains fortes en fin de matinée.

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Au volant, dans la deuxième voiture à entrer sur le site Lactalis se trouve Michel Peslier le n°2 du Tribunal de commerce de Laval et « haut cadre » du groupe.

Il y avait des gendarmes mais aussi des enquêteurs de la Section de recherche de la gendarmerie d’Angers chargée des investigations, de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), a constaté un des journalistes de l’AFP sur place.

L’agence France Presse, informé la veille, avait dépêché pour la circonstance trois journalistes en provenance de Rennes, Le Mans et Laval, dont une photographe et un journaliste-vidéo. Une perquisition chez Lactalis, c’est une première.

L’enquête préliminaire qui vient d’être lancée médiatiquement pourrait si les recherches sont concluantes déboucher sur l’ouverture d’une information judiciaire pour « blessures involontaires  », « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit » préjudiciable à la santé.

Les enquêteurs comme à chaque fois dans pareils cas ont débarqué avec armes et bagages, avec des valises à roulettes et des sacs à dos. Objectif, la recherche de documents et de pièces à conviction contenus dans tous supports qui permettraient de nourrir les plaintes à charge et à décharge.

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La première usine Lactalis à Laval fondée par André Besnier

L’heure est grave pour Lactalis qui aurait manqué de transparence. Le n°1 mondial des industries laitières aurait tardé à réagir après la détection de salmonelle dans son usine de Craon. Une découverte lors d’auto-contrôles réalisés en août et novembre. Une contamination à la salmonelle «sur du carrelage et un manche à balai» selon le directeur de la communication du groupe Michel Nalet, qui aurait concerné selon lui seulement l’environnement du site et non les produits sortis de la chaîne de fabrication et de conditionnement. Une présence de bactéries qui n’a été révélée au public que début décembre.

Le centre qualité de Lactalis, situé en Ille-et-Vilaine, a été également perquisitionné, un laboratoire d’analyses, basé dans le Val-de-Marne aussi selon les informations du Point.

(c) Photos leglob-journal

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