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Ségolène Noviant - Photo leglob-journal

L’Association des Familles Victimes du Lait Contaminé à la Salmonelle (AFVLCS) a redit au Préfet de la Mayenne son « […] souhait de voir l’usine de Craon fermée parce que nous n’avons pas d’éléments qui permettent aujourd’hui de juger de la sécurité des produits qui sortent de l’usine [...] » a déclaré Quentin Guillemain son président à Laval le 25 septembre 2018. En possession à présent de ces éléments – une liasse de documents fournis par les services préfectoraux - , l’association avec l’aide d’experts va dit-elle examiner si « […] les produits qui sortent de l’usine sont contrôlés correctement et si ils sont à peu près sécurisés [...] » Le président de L’ AFVLCS estime toutefois qu’avec la rencontre en Préfecture à Laval, des « progrès dans la transparence, pour la première fois depuis le début de cette affaire ont été réalisés [...] L’association redoute néanmoins que les plaintes en justice ne restent au stade de l’enquête préliminaire parce qu’un juge d’instruction n’est toujours pas nommé. Ségolène Noviant, la vice-présidente de l’AFVLCS avoue dans ce dossier du lait contaminé que l’association a été « obligé de sur-médiatiser pour se faire entendre  ». Entretien.

Entretien avec Ségolène Noviant*

- Leglob-journal : Cette rencontre, vous l’avez obtenue finalement et il a fallu du temps, qu’en pensez-vous ?

Comme l’a laissé entendre Quentin Guillemain, cela été constructif. Mais nous aurions moins médiatisé, c’est certain, surtout si les services de la Préfecture avaient répondu à nos demandes beaucoup plus vite. Nous avons formulé un certain nombre de demandes pendant plusieurs mois auxquelles nous n’avons pas eu de réponse, et on a bien expliqué au Préfet que c’était une relation de cause à effet. Pas de réponse à nos requêtes localement et au niveau national... Nous avions demandé rappelez-vous des rendez-vous avec les trois ministères concernés, qui n’ont pas été suivi des faits, c’est assez récurrent et du coup nous avons été obligé de sur-médiatiser pour pouvoir être reçu, pour pouvoir être entendu et avoir des réponses à nos questions.

- Leglob-journal : Sur-médiatiser, cela veut dire quoi ? Amplifier l’affaire ?

Non, pas amplifier l’affaire ! Puisque de toute manière les victimes sont là, donc ce n’est pas sur-amplifier l’affaire, c’est simplement essayer de se faire entendre d’une autre manière. Il fallait qu’on ai des explications ; nous avons des responsabilités vis à vis des familles et forcément nous avions besoin de réponse autant pour moi - mon fils a été malade et j’étais en première ligne – que pour les autres enfants victimes de ce lait contaminé à la salmonelle.

- Leglob-journal : Localement, l’attitude a changé ?

Oui, le Préfet nous a paru écoutant, et avec de la transparence. Nous avons pu avoir un certain nombre de question à nos réponses ; pas toutes les réponses qu’on aurait souhaitées parce qu’il y a des réponses qui ne les concernent pas, c’est-à-dire qui ne viennent pas de leur services et auxquelles ils ne peuvent pas répondre.

Nous avons eu la chance, pour une fois, d’avoir eu accès à une liste de documents, mais pas tout ce que nous avions demandé, car il y a des documents qui mettent en cause l’industriel lui-même, c’est-à-dire qui dénoncent les actes de procédures, les actes de production des laits, etc., donc ce sont des choses qui sont vraiment pour l’entreprise et la justice, comme le processus industriel de fabrication des laits qui ne peuvent être rendus public, et on peut comprendre... On sait que ces documents ont été remis à la Justice, et que nous ne les auront pas, mais il n’y a pas de souci : la justice en dispose, et déjà c’est bien.

- Leglob-journal : Comment le Préfet s’est-il comporté vis-a-vis de l’industriel ?

Honnêtement, je peux dire qu’ il n’a pas forcément pris parti pour Lactalis. Je pense qu’il a réalisé un exercice d’équilibre ; le Préfet a répondu à nos questions ; il n’a pas défendu Lactalis, il ne les a pas incriminé. C’est à la justice de déterminer les responsabilités. Nous, de la même manière, nous n’incriminons personne ; on a pas de mis en cause particulier ; on ne sait pas qui est responsable de quoi, ça c’est à la justice de décider ! ce n’est pas à nous, ni à Monsieur le Préfet.

Recueillis par Thomas H.

* Vice-résidente de l’Association des Familles Victimes du Lait Contaminé à la Salmonelle (AFVLCS)

Photo Une archive - © AFVLCS : Ségolène Noviant, Quentin Guillemain et l’avocate de l’Association devant la presse au début de l’affaire Lactalis


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Lait contaminé : l’AFVLCS, obligée de « sur-médiatiser pour se faire entendre »

Publié le: 28 septembre 2018
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