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Comme chaque année, quel plaisir d’arpenter les allées de la 19e édition du salon du Laval Virtual. C’est l’événement « haute technologie » annuel local, dont on parle jusqu’aux États-Unis et dans les revues spécialisées internationales. Cette année, le produit vedette était le casque Vive de chez HTC avec sa manette bourrée d’autant de capteurs qu’il y avait de « pastilles » incrustées dans le support.

- Par Marrie de Laval

Tout d’abord, il fallait vérifier que l’entrée gratuite sur présentation d’un titre de transport des TUL [les transports urbains de Laval, NDLR] était toujours d’actualité. Parce que le site officiel de la mairie et celui des organisateurs fixaient le prix d’entrée entre 5 et 8€, et que rien ne laissait espérer au maintien de la mesure. Heureusement, le site des TUL le rappelait !

Samedi matin, bien avant 10h, horaire d’ouverture au public, une petite foule s’agglutine déjà, séparée en deux files, sur les rampes d’accès jusqu’aux portes de la billetterie. Nous avons eu droit - Vigipirate au niveau « état d’urgence  » oblige - aux chicanes avec des barrières, aux vigiles fouillant les sacs mais aussi, et plus surprenant pour le patelin, à une patrouille extérieure de militaires. Un exposant expliquait que durant les jours réservés aux professionnels, les militaires ont patrouillé dans l’enceinte même du salon.

A l’ouverture des portes, des petits malins, fiers d’arborer des Pass d’exposants, de visiteurs professionnels ou des billets prépayés, fendaient la cohue, au grand dam des autres visiteurs qui déploraient l’absence d’entrée dédiée ou de file distincte. Une certaine confusion s’est poursuivit aux divers comptoirs de la billetterie, mais sans énervement, malgré tout.

Munie de mon billet gratuit, j’ai préféré rejoindre le fond du dernier hall d’exposition pour parcourir et découvrir l’ensemble des stands, privilégiant la discussion, même dans un anglais approximatif, avec des chercheurs, des universitaires et des étudiants plutôt que d’expérimenter les dernières attractions ludiques du moment.

Quand des universités présentent le travail de leurs spécialistes

Avec l’enseignant-chercheur Dzmitry Tsetserukou de l’institut Skoltech, au sud-ouest de Moscou, près de Skoltovo, le public pouvait interagir avec un drone « Phantom » via des projections lumineuses au sol (LightAir). Quelle que soit la surface (dure ou liquide), il était proposé des applications diverses telles que jouer au foot avec un ballon virtuel, consulter une carte-plan (de la région de Moscou, en cyrillique dans le texte !) ou effectuer un paiement par carte bancaire ! Pour l’heure, le drone était fermement ancré pour ne pas fendre l’air ou le crâne des visiteurs et relié au secteur par un cordon électrique alors que son autonomie est de 4 heures avec les batteries.

Cette innovation a d’ailleurs reçu une récompense (Award) durant le salon. Il faut admettre que gérer le drone (géolocalisation, contraintes de vol, etc.) et la communication par simple contact avec une projection lumineuse entre l’homme, le drone et l’application de son choix, relève de la science-fiction pour qui ne maîtrise pas le sujet ! Le système fonctionne grâce à processeur Cubox I.4 pro de chez ARM sous Ubuntu, plus adapté que celui du Raspberry-pi.

Sur le stand de l’institut Tanagawa, près de Tokyo, des étudiants mettaient à disposition des visiteurs un poupon interactif (grâce à un capteur placé dans la tête de la poupée via un casque de réalité virtuelle (de la marque HTC-vive) sur le nez. L’heureux parent, après s’être fait tirer le portrait pour personnaliser le bébé virtualisé, pouvait interagir avec ce dernier. Sur un écran de contrôle, le public pouvait suivre les aventures de la petite famille, la poupée manipulée se transformant en figurine des célèbres « Télétubies ». Pas sûr que l’application suscite l’envie de devenir parent !

Les jeunes prennent la relève !

Du coté des jeunes, des étudiantes de l’ESIEA présentaient une installation pour apprendre à jouer au piano. A l’aide d’un projecteur braqué sur un clavier, les touches s’illuminent de rouge ou de vert pour indiquer à l’une des mains, le doigté et la durée de la note à jouer. Ce projet d’étude, conçu en C++ et avec Visual Studio, s’adapte à tous les types de claviers (acoustiques ou électriques). Les personnes intéressées pouvaient apprendre l’air de « Au clair de la lune », quatre notes mais qui nécessitent des lignes de programmation pour contrôler la partition et la projection lumineuse des touches en fonction des mains.

Dans un autre registre, des garçons de l’école d’ingénieur de Lille ESME Sudria exposaient des imprimantes 3 D et leurs réalisations dans le cadre de Fab-Lab pour leurs projets. Selon la composition du plastique d’impression, il est possible de réaliser des gaines de protection articulées pour du câblage de machine, des prototypes de toutes sortes, avec ou sans mécanisme souple pour des prothèses ou autres objets.

En cinq ans, les capacités des imprimantes ont progressé. La gamme des fils s’est étoffée tant dans leur diamètre que dans leur composition. Avec l’arrivée du PLA, les pièces sont moins sensibles au phénomène de rétractation sous l’effet des variations de température. Ce plastique, présenté comme moins toxique sous l’effet de la chaleur d’impression contient de l’amidon de pomme de terre, amidon le moins coûteux sur le marché. De même, les bobines disposent de plus de linéaire avec des fils de 1,75mm de section.

Selon l’effet recherché, les imprimantes travaillent sur plan, selon les coordonnées cartésiennes, ou déplacent la tête d’impression sur la pièce, rompant ainsi avec le système des couches successives, avec la version « polaire ».

Un peu plus loin, un fabricant de telles imprimantes en propose à monter soi-même, et dès 400 €. Cela se « démocratise » donc à mesure que les entreprises et les établissements scolaires s’équipent. Dans certaines villes, des fab-lab s’installent comme lieux de fabrication collaborative ou comme centres de production à la demande.

Enfin, des associations dédiées à l’initiation à l’ordinateur ou à la programmation informatique étaient présentent, comme chaque année. En plus de May-Lug, association de promotion de la programmation par logiciels libres, ouverte à tous, tous les 15 jours à la FAL [Fédération des Associations Laïques, NDLR], l’association Net Entr’aide, enseigne les rudiments et plus pour utiliser un ordinateur, ses logiciels, ses périphériques.

A l’occasion du salon, les bénévoles proposaient des entretiens vidéos à poster sur le net aux exposants. Il s’agissait pour eux de tester du matériel pour proposer par la suite, à ses adhérents, des sessions de rattrapage vidéo pour ceux qui ne pouvaient pas assister aux réunions de formation ou qui avaient besoin de se rappeler le contenu de la formation. Tout ce petit tour d’horizon s’est effectué en 3h de temps, sans soucis et pour mon plus grand bonheur !


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Laval virtual, promenade et coups de coeur - Par Marrie de Laval

Publié le: 29 mars 2017
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