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Le PS est-il un parti sans espoir ? Les militants socialistes mayennais ont appelé de leur vœux une « refondation  » pour les uns, une « refonte » pour d’autres. Lire ici. Mais que va-t-il se passer à présent alors que le candidat de la « Belle alliance populaire » a réalisé un score si peu important qui a non seulement éliminé le parti socialiste du second tour mais qui a aussi permis de faire une croix sur un PS potentiellement parti politique de gouvernement. Élimination sur tout les fronts ? Et une déshérence pour une bonne partie de l’électorat de gauche dite modérée.

- par Thomas H.

Du coté de ce militant « mélenchoniste », on ne donne pas dans la demi-mesure. « Benoit Hamon a permis de “faire battre le cœur” de la France de gauche, mais heureusement que Jean-Luc Mélenchon est là  ». Ce militant qui a voté France Insoumise rappelle avec une once d’humour que la faute en revient surtout aux « politiques menées » et il reconnaît que « Hamon s’est bien battu ». Il ajoute qu’il avait « les semelles plombées par cinq années d’un quinquennat qui n’a pas su donner des gages de gauche  » aux électeurs.

Ce n’est pas faute d’avoir été prévenu. Il est un fait, que si l’on se remémore le lendemain du fameux 21 Avril 2002 où Lionel Jospin - candidat sûr de lui et d’être qualifié - avait été éliminé, la petite phrase de Danielle Mitterrand à son endroit avait déjà sonnée comme un avertissement cinglant. « Je vous avais bien dit de ne pas oublier les classes populaires ! » lui avait lancé sèchement Mme Mitterrand.

Un temps PS, cette autre militante, maintenant plus à gauche analyse, et elle remarque : « le système de construction de stratégie politique, à mon avis, pour coller aux demandes des électeurs en fonction des scrutins, cela ne veut franchement plus rien dire quand on est au gouvernement  ». Elle argumente sur le fait que « seul compte le programme sur lequel on se fait élire  » et qu’il faut s’y tenir. « Ce que n’a pas su faire Hollande ». Elle explique qu’en étant old school c’est-à-dire en ajustant les nominations par exemple du Premier ministre en fonction des résultats des élections intermédiaires, comme les Régionales « ça été le gros problème ! Le PS y a perdu son âme, il s’est "droitisé". Il aurait mieux valu se mettre en conformité avec les promesses vraiment de gauche qui n’ont pas été tenues ».

Cet autre observateur de la politique ajoute que des « ténors au national veulent la mort du PS, c’est sûr ». Il pense par exemple à Manuel Valls qui a redit que c’était «  la fin d’une histoire ».

Avec des législatives qui risquent d’achever la dégringolade, le PS entre dans une phase d’extrême turbulence où l’union à gauche au sein d’un seul parti traversé de façon bénéfique par des courants dissonants, et rassemblés au cours d’une synthèse, n’a plus court. La quadrature du cercle, en fin de congrès et tard dans la nuit, ce ne serait plus concevable ? Donner en spectacle une politique des petits arrangements entre amis, les Français n’en veulent plus. Ils souhaitent de la transparence, et surtout de la vérité. En fait, c’est bien le « tous ensemble » qui pose souci au Parti socialiste, ce grand mouvement unitaire de l’union de la gauche qui est passé de la SFI0 au Parti Socialiste.

Le 26 Novembre 1900 à Lille dans un de ses discours mémorables, Le discours des deux méthodes, Jean Jaurès disait : « Oui, le Parti Socialiste est un parti d’opposition continue, profonde, à tout le système capitaliste, (...) la société d’aujourd’hui est divisée entre capitalistes et prolétaires ; mais, en même temps, elle est menacée par le retour offensif de toutes les forces du passé, par le retour offensif de la barbarie féodale, de la toute-puissance de l’Église, et c’est le devoir des socialistes, et quand la liberté républicaine est en jeu (...) c’est le devoir du prolétariat socialiste de marcher avec celle des fractions bourgeoises qui ne veut pas revenir en arrière ». Des propos qui résonnent.

Le devoir du Parti Socialiste qui depuis a bien évidemment évolué, est donc de composer quand la nécessité fait loi. Mais comment concilier des idées qui se réclament toutes de la gauche, et qui dans une grande valise trouvent leur place mais qui, en réalité ont du mal à se côtoyer lorsque que la valise est ouverte ? Le PS parti fédérateur de la gauche classique de gouvernement, ce serait un concept qui semble difficile à faire perdurer ici et maintenant dans le Paysage Politique Français. À moins de changer de nom. Mais aussi alors, et pourquoi pas de doctrine, d’idéaux, de convictions. Il s’agirait de faire table rase du passé, mais « c’est en allant vers la mer que le fleuve est fidèle à sa source » a aussi dit Jaurès. Et quand au présent, avait-t-il ajouté, ce n’est qu’un « moment de l’humanité en marche ».


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Le PS, un parti sans « futur désirable » ?

Publié le: 2 mai 2017
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