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Présentoire de journaux : retraites et révoltesUne véritable crise du travail.

Derrière cette réforme des retraites que le gouvernement français tente de faire passer en jouant l’indifférence face aux manifestations massives, il y a bien plus qu’un simple rapport de forces fruit d’un clivage idéologique qui se serait affirmé depuis maintenant plusieurs mois en se cristallisant sur une réforme « phare » qui met à mal la protection sociale. C’est bien plus que cela.

Un véritable gouffre s’est manifestement creusé entre une caste oligarchique qui souhaite faire avancer ses idéaux et pousse des concepts, et le reste d’une population attentive à la lente dégradation du mieux vivre et de surcroit du mieux vivre ensemble, qui la rejette.

Car à ne pas y regarder en profondeur, on risque bien de ne pas prendre la réelle mesure de l’onde de choc qui secoue structurellement toutes les stratifications de la population

Nous vivons une vraie crise du travail en France

Une dissenssion au sein du tissu social s’est creusée depuis que l’ascensceur qualifié de social lui aussi s’est mis à dysfonctionner dans la société française. L’échelle des valeurs de mérite et de la réussite par le travail s’est trouvée rétrécie par l’entrée de la politique politicienne dans le travail et son approche et par l’utilisation d’une apparente nécessité de réformes que les Français auraient appeler de leurs vœux.

Les Français auraient tous dans leur entière globalité donner un blanc-seing aux tenants de « l’économie néo-libérale moteur du marché, et unique moyen de développement ». C’est oublier volontairement que l’autre moitié, certes minoritaire, n’a pas élu le Président de la République et à fortiori n’a pas choisi sa façon d’agir, de diriger et de décider.

Les réformes conduites tambour battant sont perçues comme conduisant à déstructurer profondément l’équilibre qui avait été trouvé au sortir de la Seconde guerre mondiale quand le Conseil National de la Résistance avait fondé la solidarité et la fraternité en valeurs essentielles, en créant la Sécurité Sociale, et le système des retraites par répartission au cœur de la problématique actuelle et que les manifestants souhaitent ardamment conservé et consolidé.

Pénalement responsable à 13 ans

Marcher et revendiquer

Car en fait, comment interpréter le ressentiment des milliers manifestants, auxquels s’est joint des milliers de lycéens et d’étudiants qui sont les générations montantes dans ce pays. Des jeunes qui n’ont pas encore le droit de voter mais qui sont manifestement dotés d’une conscience politique qui impressionne.

Des adolescents à qui ont accorde la majorité pénale à 13 ans pour pouvoir les condamner mais qu’on empêcherait de s’exprimer à 15, 16 ou 17 ans sous couvert qu’ils ne sont pas majeurs et trop jeunes pour manifester.

Allons donc, la moindre des choses pour un homme ou une femme politique responsable, c’est d’être cohérent !

Les jeunes souvent sont dans les cortèges comme ils disent « par procuration » celle que leur donne leur parents qui ne peuvent pas faire grève ou n’en ont pas les moyens financiers. Ils sont malheureusement déjà convaincus qu’il ne pourront pas vivre correctement leur futur présence dans le monde du travail persuadés que la réalité du monde que leur décrit leurs parents à longueur de temps est de plus en plus cruelle et quelle sera de plus en plus précarisante dans les décénnies à venir.

Les lycéens le disent quant on daigne les interroger et leur donner la parole : « nous sommes déjà au travail et de petits boulots en petits boulots, on ne nous donne pas la place réelle à laquelle nous avons droit dans ce pays !  »

Des jeunes qui disent être concernés par cette réforme qui pourtant ne les concerne pas dans l’immédiat. Mais qui veulent qu’on cesse de ne pas les prendre en compte.

« Nous cotisons nous aussi et nous aussi préparons notre retraite mine de rien, et justement il est hors de question qu’on travaille jusqu’à 67 ans surtout qu’avec les études nous commencerons à obtenir un vrai boulot bien plus tard encore ! »

Le discours est peu rodé, mais il est censé

La France connait une vraie crise du travail et une crise de confiance au travail.

C’est assez symptomatique parce que pendant la dernière campagne électorale des présidentielles, il avait été question de « redonner sa place à la valeur Travail ». Et c’est réussi !

Que des millions de gens descendent dans les rues et cessent de travailler justement pour dire qu’ils veulent partir plus tôt à la retraite, c’est un signe qui ne trompe pas. C’est la démonstration que les conditions de travail, les cadences imposées, les délocalisations, les fermetures et les licenciements, ou bien la non mise en responsabilité et l’infantilisation des salariés remettent manifestement en cause le lien de plus en plus ténu entre les deux composantes des relations dans le travail.

Entre celui qui donne et celui qui exécute l’ordre. Car cesser de travailler pour se faire entendre et vouloir quitter le plus rapidement possible le monde du travail qui précarise, éloigne et pour certains pousse au suicide, il y va de la préservation de la vie.

«  Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver » le refrain en apparence anodine qu’Henri Salvador poussait il y a quelques décennies redevient furieusement d’actualité.


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Le Travail en crise

Publié le: 17 octobre 2010
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