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On dirait l'Europe en mouvement ! Une situation d’injustice flagrante.

Terrible d’en être lucide et de ne pouvoir être que simples spectateurs. Manifestement, ce sont les sans grades qui vont encore trinquer. Les grecs ont bu la tasse les premiers. Ils ont vu leurs salaires ponctionnés de 10% sur l’autel du redressement économique, le tout accompagné par une série de mesures qu’il est impossible de ne pas qualifier de régression sociale.

Les fonctionnaires surtout, ont été durement sacrifiés en raison d’une stratégie économique et surtout idéologique qui ne dit pas réellement son nom.

Sacrifiés au nom du redressement de la situation provoquée par le système bancaire et capitalistique qui s’est affolé ces dernières décennies et qui a réduit les populations à de simples variables d’ajustement.

C’est presqu’une incongruité de dire en caricaturant que la très grosse majorité des personnels politiques au pouvoir en Europe n’aiment pas les fonctionnaires et à fortiori les services publics pour lesquels ils travaillent.

Pourtant, c’est une presque une vérité !

Réduire

Il suffit de voir comment les entités qui œuvrent pour le bien public sont considérées. Il suffit de prendre aussi la mesure de la décision politique décrétée en France de ne pas renouveler un poste de fonctionnaire sur 2 partant à la retraite pour voir comment la vivacité des services rendus au public se désagrège.

Derrière un sigle barbare comme celui de RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) se cache une stratégie de réduction-suppression qui s’élabore au détriment des individus et qui ne dit pas son nom là aussi.

Il suffit enfin de voir comment tout cela fabrique des personnels démotivés et « chaos debout ». L’intérêt général et celles et ceux qui continuent malgré tout à y concourir sont maltraités.

Les enseignants, professeurs des écoles et du secondaire par exemple sont priés de n’être que des exécutants. Mais ils ne sont pas les seuls. Au nom de l’idée de plus en plus désuète que trop d’Etat, c’est une aberration et qu’il faut tout faire pour le réduire. Et réduire la dépense publique.

Mais s’interresse-t-on à la dépense publique militaire ?

Et ce ne sont pas les mesures préconisées par les gouvernement grec, italien, portugais et même britannique, imposant la baisse du pouvoir d’achat comme ce fut le cas après le krach de 1929 à New York issu de la crise boursière - déjà mondialisée à l’époque - qui vont corriger la situation de non confiance déjà fortement installée dans l’opinion publique européenne.

Après avoir annoncé un plan d’entraide spectaculaire et donc des mesures d’austérité draconiennes, l’Europe est à nouveau au bord du gouffre et se trouve désormais à un moment crucial de sa courte histoire : accepter de revenir sur le dogme chéri des marchés, ou bien s’aventurer sur les voies de la désintégration et du protectionnisme.

Discours

Cela dit les politiques se veulent rassurants. Ils tentent de nous montrer qu’ils maîtrisent la situation. Ou plutôt les situations, car un bouquet de politiques économiques ont été prises. Un concert des nations, disparate et discordant. Ce qui à fait craindre un temps l’éclatement de la bulle européenne. En fait, on assiste à des politiques nationales au diapason de la même stratégie.

Il faut « re-instaurer les règles de stabilité et de solidité de l’euro avec le Traité de Maastricht […] Pour l’Allemagne, la culture de la stabilité n’est pas négociable  » a dit, après moult attermoiements, au journal Le Monde la Chancelière allemande souhaitant remettre les choses au point.

Le chef du gouvernement espagnol s’est fait siffler, lui, publiquement après l’annonce des « mesures » et sa côte de popularité baisse. Celle du Président français est depuis longtemps au plus bas et pourrait chuter encore un peu plus si l’on venait à mettre en place une politique de rigueur identique à celle de nos voisins et qui voudrait clairement dire son nom. Ce qui pourrait ne plus trop tarder.

Les politiques se veulent rassurants, mais les politiques, elles, ne le sont pas !


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Le bon dos de la rigueur

Publié le: 29 mai 2010
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