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Le centre d'appels Coriolis installé en face de la cité administrative à l'entrée du quartier Saint Nicolas

Rien ne filtre ou presque de chez Coriolis, le premier employeur privé situé dans le quartier Murat à Laval. Un peu plus d’un an après la dernière grève déclenchée au Centre d’appels, on sait, - communication institutionnelle oblige par voie de presse - , qu’il cherche à recruter ; d’ailleurs un énorme numéro de téléphone est flanqué sur la façade. En revanche pour avoir des informations, et pour comprendre, il faut donc se trouver en son cœur. Le centre d’appels et ses salariés ont souvent fait parler d’eux à propos de mouvements sociaux. Mais « depuis un an, l’usine à paroles semble muette, nous dit Sarah Pommard qui ajoute que l’atmosphère y est pourtant pesante et les esprits y bouillonnent de colère. Différentes raisons, profondes et plus immédiates, expliquent, dit-elle, ce mécontentement larvé. » Immersion vécue dans cette entreprise qui selon notre contributrice organise la « pression permanente ».

Par Sarah Pommard

Depuis son installation en 2009, le centre d’appels Coriolis est coutumier des conflits sociaux. En cause : ses méthodes de management. Mais la dernière grève propre à Coriolis remonte à juin 2017. L’entreprise serait-elle devenue un paradis pour ses salariés en un peu plus d’un an ? Et si ce n’était qu’une apparence trompeuse ? Car à l’intérieur de la ruche bourdonnante, les conditions de travail y sont toujours « très difficiles, voire plus pénibles qu’auparavant », notamment depuis que le donneur d’ordre de Coriolis, EDF, a multiplié ses offres commerciales, concurrence oblige entre fournisseurs d’énergie.

« Cadences infernales », pression, « flicage », « course à la rentabilité » ou « objectifs inatteignables », pour reprendre des formules utilisées par certains représentants syndicaux : c’est le lot quotidien des smicards modernes du call-center lavallois qui, ironie du sort, sont confondus avec d’authentiques agents d’EDF au statut plus enviable, quand ils sont à l’autre bout du fil.

Aujourd’hui comme hier, le centre d’appels continue de pratiquer la version contemporaine du taylorisme où les écrans d’ordinateur et les micro-casques ont remplacé les machines d’antan. Le stress, la fatigue, l’inaction physique et la stimulation mentale permanente agissent avec sournoiserie, révélant leurs effets néfastes sur la santé quand on s’y attend le moins. Les maux sont autant physiologiques (troubles de l’audition, de la vue et de la voix ; surpoids, obésité) que psychologiques (mal-être, états dépressifs).

En outre, la direction et les cadres de l’entreprise savent asséner avec une étonnante régularité l’argument massue : «  si la boîte perd le contrat avec son partenaire principal, c’est plus de 400 emplois qui disparaissent ».

Une forme de chantage à l’emploi qui a pour effet, et sans doute pour objectif, de tuer la contestation dans l’œuf et de maintenir la peur du chômage. Logiquement, le turn-over et l’absentéisme y sont aberrants, tant le malaise est palpable. Inutile de préciser que les jours de grève nationale sont très suivis par les salariés, bien qu’ils soient parfois invités, en catimini, à éviter les débrayages lorsqu’un responsable national de Coriolis ou d’EDF prévoit une visite du site lavallois.

L’entrée du Centre d’appels située dans le centre commercial - © leglob-journal

Dans « cet univers impitoyable », cependant, on peut saluer la qualité des formations internes d’intégration, quoique jugées trop courtes par les nouveaux venus : on vous lâche rapidement sur le plateau de production sans maîtriser tous les outils, processus et trames de discours, eux-mêmes en évolution permanente et soumis aux desiderata du donneur d’ordre. Il faut s’adapter vite, très vite, trop vite. Même si cela frise parfois le ridicule. Il y a quelques semaines encore, un conseiller chargé des appels dits « entrants » devait préciser dans son introduction d’accueil téléphonique : « Merci d’avoir patienté. » Aujourd’hui, il doit dire au client d’EDF : « Veuillez nous excuser pour l’attente. » Ça cogite dur chez le géant de l’énergie…

La menace angevine

Mais depuis plusieurs mois, une vive inquiétude est venue s’ajouter au stress quotidien des téléconseillers. Le projet d’ouverture d’un nouveau centre d’appels Coriolis, à Angers (Maine-et-Loire), fait en effet beaucoup parler de lui autour des machines à café. Déjà, plusieurs salariés du site de Laval, sans doute parmi les meilleurs éléments, auraient été approchés afin d’émigrer vers la cité angevine. La direction nie farouchement avoir fait de telles propositions dites de « mobilité professionnelle ». En réalité, nombre d’employés s’inquiètent et s’interrogent sur le devenir même du centre d’appels lavallois. Sera-t-il peu à peu délaissé, vidé, puis fermé un jour, au profit du futur site angevin ? À dire vrai, la direction de Coriolis entretient un certain flou. Un artiste-peintre parlerait de sfumato. Une sorte d’enfumage, donc. Et c’est bien cette absence de clarté qui nourrit les craintes.

Dans ce contexte, une chose saute pourtant aux yeux avec évidence. Depuis son installation à Laval, Coriolis a épuisé tout ce que la Mayenne compte de ressources humaines. À tel point que le recrutement est devenu un véritable casse-tête pour la direction, multipliant les opérations de séduction qui s’apparentent presque à du racolage (primes de parrainage internes à l’embauche, prospectus distribués dans les mairies de l’agglomération, etc.). Rien n’y fait : la réputation de Coriolis fait fuir plus qu’elle n’attire. Dans ces conditions, c’est vrai, autant exploiter une terre vierge qui aurait l’avantage d’offrir une réserve importante d’étudiants corvéables à merci.

Le numéro de téléphone qu’il faut appeler pour se faire recruter - © leglob-journal

Quoi qu’il en soit, une ambiance lourde s’est emparée de Coriolis-Laval ces temps-ci. On supporte, on supporte. Et certains de se demander avec amertume où est passée l’euphorie des élus locaux qui, en 2009, promettaient à tous bonheur et prospérité lors de l’ouverture du site lavallois. Allô ? Pratiquement une décennie d’existence s’est écoulée, ponctuée de cris d’alerte et d’appels au secours, où les soutiens politiques se sont raréfiés au fil du temps. Aujourd’hui, plus personne n’entend la souffrance de celles et ceux que certains journalistes et sociologues appellent les « nouveaux prolétaires » de ce siècle. Un vocabulaire presque révolutionnaire qui, étonnamment, fait écho au sentiment d’abandon des classes dites « populaires  » par une gauche gouvernementale disparue sous les décombres du hollandisme.

« Une machine à broyer »

Cependant, derrière l’inquiétude, les doutes et les interrogations des salariés, on sent aussi de la résignation, voire de l’indifférence. C’est l’autre effet d’un travail usant moralement et à horaires élastiques qui tend à broyer la solidarité, au-delà du cercle restreint de son équipe (une petite quinzaine de personnes) où l’entraide entre collègues existe malgré tout.

On se croise dans les couloirs sans avoir le temps d’échanger vraiment, on veut vite rentrer chez soi après une journée passée à décrocher des appels de clients lunatiques, souvent pressés, parfois agressifs. Et c’est sans compter les bugs informatiques, très fréquents, qui doivent être obligatoirement consignés dans un cahier d’écolier (oui, un cahier d’écolier !) posé sur le bureau de chaque responsable d’équipe, au cas où le téléconseiller grappillerait quelques minutes par-ci, par-là. Tout en risquant une retenue sur salaire le cas échéant. Une pratique infantilisante et à la limite de l’illégalité, car défaillance informatique ou non, le seul fait d’être « à la disposition de l’employeur (…) sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles  » constitue la définition du temps de travail effectif. C’est déjà ce que rappelait dans leurs tracts certains syndicats dans les années 2010-2011. À l’époque, la littérature syndicale traitait même Coriolis de « négrier de service ! ».

À tout le moins, force est de constater que dans cet environnement étouffant et bruyant, les individus sont abêtis, privés d’autonomie et presque punis comme des mômes, quand bien même seraient-ils des "enfants" de 50 ans et plus. On essaie alors de reprendre son souffle pendant 19 secondes entre deux appels pris. On veut respirer, et autre chose que l’air trop chaud ou trop froid d’une climatisation toujours mal réglée. Et si votre activité s’interrompt quelques minutes pour une raison quelconque (souvent à cause d’un problème technique en fait), vous pouvez compter sur la "vigie", sorte de police qui gère les flux d’appels et surveille à distance tous les faits et gestes des téléconseillers, pour vous rappeler à l’ordre. Soudain, on voudrait s’échapper. On voudrait un nouveau décor, un peu moins glauque et plus chaleureux.

Un drôle de parfum

Dès le hall d’entrée du site, on a, alors que le soleil est revenu, cette impression étrange de vide et d’anonymat, voire de déclin, depuis que les deux secrétaires qui se relayaient dans le bureau d’accueil ont disparu, à quelques semaines d’intervalle, au creux de l’hiver. Un petit mystère parmi tant d’autres chez Coriolis. Mais il est vrai que pour quelques salariés parmi les plus anciens dans la société, la saison hivernale, froide et interminable, aura été fatale. Comme si l’entreprise avait en effet commencé à larguer les amarres, en se délestant de quelques figures familières et appréciées des autres employés.

On s’interroge encore sur ce phénomène de disparition des personnes ! À l’occasion, on demande à une collègue si elle a des nouvelles des "disparus" (vacances ou arrêts maladie prolongés, démissions, … ?). Et puis on oublie, tant Coriolis brasse beaucoup de monde. Ça tourne. Les jeunes gens qui ont démarré leur premier CDD au printemps ignorent évidemment de quoi et de qui on parle, comme s’il s’agissait d’une époque lointaine. Et en effet, c’est déjà de la préhistoire sur l’échelle du temps d’une entreprise où tout est compté à la minute près.

Le Centre d’appels situé dans le centre commercial, vu de l’extérieur à deux pas de la cité administrative - © leglob-journal

Un curieux épisode, pourtant, a récemment choqué bien des employés de Coriolis et aurait pu déclencher un vrai mouvement de protestation. Tout commence par un batifolage printanier… Avec les premières chaleurs du mois de mai dernier, une jeune recrue et un encadrant de l’entreprise ont profité de leur pause-déjeuner pour assouvir un désir charnel, disons-le ainsi, dans les toilettes jouxtant le réfectoire de Coriolis (situé dans un bâtiment voisin du plateau d’appels). Une envie pressante, en quelque sorte ! Jusque-là, rien d’extraordinaire entre deux adultes consentants, si ce n’est un cruel manque de romantisme de leur part. Bien sûr, tout le centre d’appels a eu vent de cette anecdote croustillante à la vitesse de l’éclair, suscitant rires et amusement chez les téléconseillers. Surtout que le Don Juan des sanitaires n’en serait pas à son premier "exploit" !

Empreinte de légèreté, cette histoire aurait pu s’arrêter là, et demeurer à tout jamais dans le registre des potins, laissant à la direction le soin de prononcer des sanctions internes adéquates, pourvu qu’elles soient justes et égales. Or la jeune femme, semble-t-il en période d’essai au moment des faits, a été remerciée par Coriolis du jour au lendemain, tandis que le séducteur des toilettes pour filles, lui, est toujours en place dans l’entreprise, sans être apparemment inquiété pour son avenir professionnel.

C’est bien ce deux poids, deux mesures qui a heurté nombre de salariés de Coriolis. Mais pas au point d’organiser une quelconque manifestation d’indignation, du moins ouvertement, ce qui peut paraître paradoxal dans une entreprise où les femmes sont majoritaires et constituent d’ailleurs un fort bataillon de syndicalistes ; à fortiori dans le contexte de revendications d’égalité hommes-femmes que nous connaissons. Comme si l’esprit d’habitude combatif des employé.es de Coriolis était gagné, lui aussi, par une atmosphère crépusculaire.

Le silence de l’essaim

Ceci étant, on peut légitimement se demander si cette affaire, au départ une "pause détente", est un cas isolé ou si d’autres femmes, parce qu’elles sont femmes, n’auraient pas été poussées vers la sortie pour des raisons plus ou moins similaires. C’est difficile à dire à ce stade, surtout si l’on veut éviter le piège mortifère de la rumeur ou de la dénonciation gratuite. De plus, nous l’avons vu, Coriolis emploie des méthodes plutôt radicales, favorisant ainsi l’oubli rapide de situations embarrassantes.

Et l’entreprise de s’appuyer alors sur son meilleur allié, le magicien « Turn-Over », qui se charge de brouiller les pistes, de jeter un écran de fumée (on y revient) avec son numéro du grand tourbillon, celui de la rotation incessante du personnel. Ce serait là, sûrement, une manière habile et originale de recouvrir d’une chape de plomb une maison déjà très close. La loi du silence nichée dans un essaim à l’activité frénétique : n’est-ce pas, finalement, l’endroit idéal pour étouffer les murmures d’éventuels scandales ?

À bien des égards, donc, il flotte comme un parfum de fin de règne. Dans le centre d’appels à la moquette usée ; et dans le centre commercial Murat, à l’allure fantomatique les matins d’hiver, où les téléconseillers errent pendant les pauses cigarettes. Parfois les yeux rougis de pleurs, le plus souvent l’âme vagabonde. Sous la verrière brisée par endroits, on espère trouver un coin de ciel bleu, et on décroche un peu, en oubliant cette fois-ci la sonnerie du téléphone. Entre deux averses de pluie, on commence à parler de l’été. Et à bien y réfléchir, on se dit que tous les ingrédients sont ici réunis pour qu’il soit chaud, voire orageux.


13 commentaires
  • Aux dernières nouvelles, le responsable du batifolage printanier ne viendrait plus travailler, en attente d’un arrangement à l’amiable ? affaire à suivre...

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  • Ce n’est pas précisé dans l’article, parce qu’il est déjà assez long, mais on pourrait aussi parler du rôle ambigu de Pôle emploi en Mayenne et en Pays de la Loire vis-à-vis de Coriolis. Une chose est sûre cependant : lorsqu’on évoque le sujet avec son conseiller ou sa conseillère Pôle emploi, une gêne certaine se fait sentir.

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  • Pour cibler, je suis à corio depuis 8 ans 1/2 ...Les employés sont mal payés et mal considérés, comme dans d’autres entreprises... Depuis fin XIXe-début XXe, le terme "productivité" est né de l’industrie pour parler de la rentabilité des machines. Malheureusement, après des décennies de politique capitaliste, et très oligarchique ces derniers temps, ce terme de "productivité" est attribué aux humains. Il est exigé d’être productifs entre humains ! Nous savons tous que l’interaction avec d’autres humains demande de la diplomatie, un minimum de culture générale, de la patience parfois, de la fermeté de temps en temps, de la sympathie toujours, etc... Pour la hiérarchie, bien travailler c’est ne pas dépasser un certain temps d appel et vendre du service. Elle est loin l’époque où un employé rentrait chez lui en ressentant la satisfaction de "l’amour du travail bien fait" ! Voilà une source de frustration : un conseiller de mauvais conseils qui bâclent ses appels en insultant la grammaire française à chaque phrase, mais qui vend du service (avec ou sans l’accord du client d’ailleurs), sera mieux considéré et félicité (et parfois protégé) que celui qui travaille sérieusement avec un retour satisfaction client parfait, qui souvent est moins productif. Encore une fois, c’est quasiment partout pareil. Il existe à Corio des responsables très bien, souriants, compréhensifs, et ce n’est pas facile pour eux non plus. Les "problèmes" sont dus à un petit groupe de personnages prétentieux et puérils, à l’image du Président Macron finalement, qui se croient tout permis. c’est bel et bien le système français qui a fabriqué ces gens-là. Dernière chose : si les employés ne font pas ou plus grève, c’est parce qu’ils ont des factures à payer et un frigo à remplir.

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    • Pour aller dans votre sens, il est vrai, aussi, que les responsables d’équipe (les “RE”) sont eux-mêmes soumis à une forte pression des responsables de service, eux-mêmes soumis à une forte pression de la direction, etc. En bout de chaîne, ce sont effectivement les simples téléconseillers qui triment et qui trinquent. C’est donc tout un système pyramidal, archaïque à bien des égards, qui est en cause ici. Par ailleurs, le job et ses procédures deviennent de plus en plus complexes. Notamment en ce qui concerne la multiplication des offres commerciales, déjà mentionnée dans l’article, la plupart du temps combinée au déploiement du fameux compteur Linky. De même, on pourrait parler du développement tous azimuts du numérique auprès des clients qui, comme vous le savez sans doute, rencontre bien des problèmes (bugs, etc.) - mais ça s’est peut-être amélioré ces derniers temps, je n’en sais rien. Je n’entre pas dans les détails techniques, car nous sommes (ancien.nes ou actuel.les salarié.es) censé.es respecter une certaine règle de confidentialité quant aux procédures internes de l’entreprise, et de toute façon, ça n’apporterait rien de plus au fait que les salarié.es sont souvent confondu.es avec des robots.

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  • J ai quitté cette entreprise il y a 4 ans et je vois que rien n’a changé.

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  • Rien à rajouter, tout y est, sauf peut-être les effets sonores, avec des responsables d’équipe qui vous braillent dessus même quand vous êtes en ligne avec les clients !

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    • ‪Tres bel article. Néanmoins ayant travaillé pendant 1 ans chez Coriolis ( malgré mes nombreux diplômes c est la seule entreprise mayennaise à m avoir fait confiance...), j aimerai apporter quelques nuances. Je vous rejoins sur les salaires minables, la pression constante, la fatigue mentale et physique.... Mais je ne suis pas d accord sur les qualifications que vous donnez à « cet univers impitoyable ». Loin de moi l idée de defendre cet entreprise. Le travail est certe difficile mais loin d être impossible. Les objectifs sont atteignables. Moi meme malgré mon peu d expérience dans ce domaine je les ai remplis facilement et même dépassés des les premiers mois. Apres c est sur tout le monde n est pas fait pour ce job mais quand on signe le contrat c est en connaissance de cause. Les horaires sont certes compliqués mais allez bosser en restauration vous ferais qu on est bien lotis chez Coriolis. Dans votre article vous oubliez de préciser qu on a le choix du profil d horraire qu on souhaite avoir. Bref tout ca pour dire que Coriolis est loin d etre la boite d enfer que vous presentez. Cette boite permis à certains jeunes sans diplômes, sans voiture ou sans réseaux d acceder à leurs premiers cdd, cdi. Mais si vous ne supportez pas la pression, les objectifs chiffrés et un salaire de smicards c est pas fait pour voius

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      • Les objectifs sont atteignables.. A condition de ne pas avoir de scrupules..

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      • Vous avez raison, j’ai oublié d’innombrables choses, par exemple le sort qui est parfois réservé aux salarié.es qui travaillent en mi-temps thérapeutique, etc. Quant aux "objectifs inatteignables", je n’ai fait que reprendre ce que disent certains syndicats au sein de l’entreprise. Par ailleurs, et comme je vous l’ai déjà écrit sur Twitter, vous ne mesurez pas la chance que vous avez de pouvoir vous exprimer librement. Or, j’ai reçu plusieurs messages (en privé, via les réseaux sociaux) de salarié.es qui, à peu de choses près, partagent le contenu de l’article, mais qui ne peuvent témoigner ici. On peut le comprendre aisément. Bien sûr, on trouvera toujours des gens très heureux de travailler chez Coriolis, mais je peux affirmer que c’est une minorité. Sinon, l’entreprise n’aurait pas autant de mal à recruter. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître le nombre de personnes qui ont travaillé chez Coriolis depuis son installation, sans doute des milliers : où sont-elles aujourd’hui ? Surtout, il y a un point où vous avez fondamentalement tort : non, lorsqu’on signe un contrat chez Coriolis, ce n’est pas complètement en connaissance de cause, parce que tout n’est pas dit au départ, notamment en ce qui concerne les fameux objectifs et l’intensité de la pression. En réalité, je ne suis qu’à moitié surprise par le modèle de société que vous proposez, en tant que responsable local du parti présidentiel, grossièrement basé sur le "marche ou crève". Enfin, tout ceci ne saurait faire oublier le "curieux épisode" dont il est question dans l’article.

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        • Vous avez une image très erronée de ma personne. Je ne connais pas votre parcours mais je ne pense à avoir de leçon à recevoir sur le combat syndical et la defense des acquis sociaux. Alors certes aujourd’hui je fait partie d un mouvement politique que vous méprisez sans nuances, mais ca ne fait pas de moi un mouton. Je ne remets pas en cause vos jugements et tous ce que vous affirmez dans l article, j apporte juste une nuance. Et contrairement à ce qui a etait dit plutôt on peut attendre les objectifs tout en ayant des scrupules. Après oui il est vrai que la productivité est devenue le nerfs du boulot de télé conseiller mais beaucoup le savent quand il signe à coriolis. Le seul problème ce qu est beaucoup pensaient que « c est la planque ». C est un métier commercial maintenant. Après c est sur que pour ceux qui sont la depuis des années c est compliqué cette transformation... Et la oui il faut qu il fasse beaucoup d efforts sur l accompagnement et le soutien psychologique.

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          • Pour dire les choses simplement, sachez que votre personne m’importe peu (je ne vous connais pas). Ce qui m’importe, en revanche, c’est ce que vous incarnez politiquement aujourd’hui (Il faut assumer votre rôle). Vous qui semblez apprécier les nuances, vous voilà servi. Plus largement d’ailleurs, les problèmes d’égo des uns et des autres ne m’intéressent que très peu, j’essaie de rester sur le terrain des idées dans le cadre d’échanges courtois (même s’ils sont vifs), ça me suffit largement. “En même temps”, je pense sincèrement que vos interventions depuis la publication de cet article, ici ou ailleurs, ne sont pas totalement adaptées à son contenu ou à son sujet, ni sur le fond ni sur la forme. Pour le dire autrement, ça manque de consistance ; bref, c’est un peu léger de la part d’un représentant local du parti présidentiel. Toutefois, on peut vous reconnaître une forme de courage politique, car vous êtes le seul, à ma connaissance, à vous exprimer publiquement. Avec naïveté, je pensais que la gauche n’avait pas complètement disparu à Laval et en Mayenne, étant donné que nous avons ici l’un des rares députés socialistes rescapés du hollandisme : mais sans doute est-il trop occupé à alimenter son compte Twitter.

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            • J aimerai préciser que mon intervention était au titre d ancien salarié de l entreprise que vous égratignez. J assume mon rôle de représentant du parti localement, mais je pensais naïvement que le sujet de votre article était « les conditions de travail chez Coriolis ». Ici, il n est pas question d ‘opinions ou d idées politiques mais d expérience professionnelle.

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              • Vous connaissez l’expression « Tendre le bâton pour se faire battre » ? Il n’aura échappé à personne que cet article revêt un caractère politique, et vouloir le déconnecter de cette dimension n’aurait aucun sens. Car l’amélioration des conditions de travail passe évidemment par un combat politique, lui-même inspiré ou précédé par les luttes syndicales et le mouvement social en général (selon un schéma traditionnel, mais qui n’est pas immuable). Dans le cas contraire, nous serions un peu dans un discours hors-sol (formule très à la mode en ce moment). En ce qui me concerne, j’assume donc complètement cet aspect politique. D’autant que je fais partie de celles et ceux qui considèrent qu’une certaine gauche a totalement abandonné les classes dites « populaires ». Il me semble d’ailleurs qu’elles l’ont sévèrement sanctionnée. Par ailleurs, et puisque vous me donnez décidément mille et une occasions de m’exprimer, je suis très critique à l’égard des centres d’appels en général qui, souvent, ont remplacé des bureaux ou des boutiques de proximité (c’est notamment le cas d’EDF, justement !) qui remplissaient un rôle de service public (ou de service rendu au public) localement. Aujourd’hui, appeler un opérateur quelconque (téléphonie, énergie, etc.), ou même une administration publique, relève bien souvent du parcours du combattant, notamment pour les personnes âgées (et je ne parle pas d’Internet !). Bref, c’est tout ce modèle de société déshumanisée qui me déplaît. Et tout ceci, d’une manière ou d’une autre, résulte aussi d’une combinaison de politiques successives menées par différents gouvernements ces deux dernières décennies (abandon ou éloignement des services publics ; privatisations de certains secteurs engendrant un management sauvage, etc., avec pour résultats, par exemple, des vagues de suicides chez l’ex-France Télécom). Enfin, je vais jusqu’à m’interroger sur la notion même du « salariat » qui, dans bien des cas, n’est qu’une forme comme une autre d’asservissement de l’être humain, alors que, dans le même temps, une minorité de nantis s’enrichissent éhontément sur le dos des salariés-smicards. Alors oui, cent fois “oui”, en ce sens, cet article est résolument politique. Et alors ? Est-ce qu’Alexandre Benalla va me tomber dessus ? (Humour ;-). Mais si cela peut vous rassurer, sachez que je n’appartiens à aucun parti politique : je “marche” seule, si je puis dire, tout en ayant conservé des contacts avec des salarié.es de Coriolis. Dans les couloirs de l’entreprise, on s’étonne d’ailleurs du silence de la direction qui, pour l’heure, ne s’est toujours pas exprimée publiquement. « Tendre le bâton pour se faire battre », disais-je...

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Le centre d’appels Coriolis : entre colère sourde et résignation

Publié le: 25 juillet 2018
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