| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

L’attitude du gouvernement procède-t-elle de la tyrannie ?

A relire Blaise Pascal, la réponse est oui.

Il écrivait cette phrase relevée dans ses « Pensées » et que Ségolène Royal a reprise dans une interview :

« La force sans la justice est tyrannique  ».

Ne pas plier, ne pas rompre

Blaise Pascal, bien vu

Et du coup cette assertion apporte de l’eau au moulin de celles et ceux qui pensent que le pouvoir central actuel s’est engouffré dans une certaine impasse politique.

A trop vouloir se prouver à lui-même qu’il est fort parce qu’il ne plie pas, contrairement au roseau Juppé qui a rompu sous le poids du Contrat de Première Embauche, ne s’est-il pas fourvoyé ?

Ségolène Royal est de ceux-là qui estime qu’il faut répondre à cette question par l’affirmative et qui remet en musique mais plus subtilement sa notion d’« ordre juste » : « Le gouvernement a voulu passer en force et […] c’est une corruption de l’esprit de la République. On avait déjà vu la corruption concrète du système Sarkozy. On voit là qu’il y a une corruption des mœurs politiques. Aucun pays moderne ne conduit aujourd’hui des réformes de cette importance contre le peuple. Et au contraire, la condition d’une réforme durable, c’est de construire ce genre de réforme grâce à la democratie participative, par et avec les gens parce que la retraite, c’est un patrimoine de chaque travailleur et donc le système qui consiste à imposer par un rapport de force une réforme qui est à la fois brutale et injuste est forcément une réforme qui ne durera pas. »

Soupape de sureté

« La force, la corruption, le peuple, la nécessaire réforme durable, la démocratie participative », voilà le résumé, condensé et efficace, opéré de façon réthorique par l’ex-candidate au poste présidentiel. Mais cela reste pour l’heure des mots qui parlent.

Ce sont ces ingrédients, avec l’amertume et la colère en plus, qui font face au pouvoir central. Ils sont un amalgame cohérent et déterminant, relativement explosif car la soupape de sureté activée depuis plusieurs semaines est inopérente. La rue ne sert à rien et le message de l’inutilité à tout le moins, est bien passé. Il est même reçu 5 sur 5 dans les esprits.

« Désormais, quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit » se félicitait sans doute un peu vite en Juillet 2008 le chef de l’État. Deux ans plus tard, la rue est noire de monde, et cela devrait continuer.

Aujourd’hui la réforme qualifiée de « phare  » par le gouvernement a certes été voté par le parlement. Mais est-elle pour autant légitimée par le peuple ? Et le sera-t-elle ?

Le gouvernement compte sur l’usure et la capitulation qui devrait intervenir selon lui bien avant que la loi soit promulgué à la mi-novembre. Mais ceux à qui cette réforme est destinée finalement seront-t-ils l’ accepter, et donc sera-t-elle légitimée ?

« Il faut compter avec nous »

Etre visionnaire...pour son pays

Certes l’histoire ne bégayera pas. Cette fois, la rue ne semble pas avoir eu raison de la ténacité du politique arcbouté sur un précepte en rupture avec un passé récent qui veut qu’on ne cède pas. Mais est-ce réellement la réalité ? La messe est-elle dite ? Pas sûr.

La vie politique ne se décide pas uniquement dans les salons lambrissés des palais de la République. La vie politique se joue aussi dans les usines, les entreprises, les bureaux, les stations services, les camions, les écoles, les administrations, les cafés, les boulangeries, et les lycées, etc. La vie politique se joue là aussi, au plus près de ce peuple que les élites décisionnaires du pays ont perdu de vue.

Les décideurs ont donné aux gens de « la France d’en bas » un signal fort. Celui du déni de la démocratie participative, doublé d’un mépris certain et hautain.

Car il n’y a rien de plus avilissant que d’être gommé, oublié, effacé par celles et ceux qui sont à la direction, au sommet de l’État et qui se drapent dans la dignité de « la démocratie parlemantaire qui doit primé sur la rue », oubliant au passage volontairement que c’est justement ce même peuple qui distribue les cartes par le jeu de l’élection.

On ne peut pas en appelé au résultat du suffrage sans se souvenir que ce sont les électeurs qui votent.

Alors rien ne semble figé, tout est à créer. Tout au plus l’échéance de 2012 sera cruciale. Elle sera en tout cas déterminante.

Mais d’ici là, il faudra être convaincant de l’autre coté. Il faudra que le miroir de la gauche possède réellement le visage de l’alternance, le visage qui se dessinera progressivement et qui sera celui d’un vrai changement de politique. Durable.


Réagir

Le coup du bambou

Publié le: 29 octobre 2010
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: Editorial
Politique Droite PS LR Commentaires Gauche
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Lisez leglob-journal - Nous contacter par mèl : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS