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Le début de l’année 2018 devrait être faste pour En Marche 53. Tout doucement, sans précipitation, la version mayennaise de La République en Marche, pilotée par Philippe Morisset se met en mouvement. Une réorganisation en interne et une externalisation sur le devant de la scène politico-médiatique avec peut-être, cela ferait bien dans le paysage politique mayennais, la venue en Mayenne de l’ancien porte parole d’Emmanuel Macron. État des lieux.

- Par Thomas H.

L’équipe dirigeante est emmenée par le référent départemental Philippe Morisset. Leglob-journal vous l’avait révélé à la mi-juillet. Le nouveau n°1 a un rôle de part son statut de référent départemental de représentation et de coordination du mouvement mayennais. Il a succédé à Aurélien Page, ancien référent un brin visionnaire, qui avait déclaré sur leglob-journal qu’En Marche ! en Mayenne était l’objet d’une « UDI-sation », loin selon lui du « et gauche et droite » du candidat Macron.

Philippe Morisset est un homme assez silencieux jusque là, il faut bien le dire, mis à part des interventions sur Twitter ; il nous avait déclaré mi-juillet vouloir faire une conférence de presse pour officialiser sa nomination. Mais rien depuis n’est venu, ce pourrait être le cas début décembre.

L’élu de Saint-Berthevin qui est en droit, selon les statuts de LRM, de renouveler son mandat de trois ans n’aurait pas, selon nos informations, repris sa carte à l’UDI.

Pour ce militant interrogé et qui souhaite garder l ‘anonymat, et ils sont nombreux, « ce serait honnête parce qu’En Marche ! ressemble plus à un parti politique et que la double appartenance cela devient compliqué ! ». En tout cas, nous n’avons pas pu lui poser cette question et d’autres d’ailleurs, Philippe Morisset a refusé de nous parler et nous a déclaré par sms : « je n’ai pas d’informations à vous communiquer et je ne souhaite pas répondre à vos questions, comptant sur votre compréhension. Merci.  »

« Des proches et des centristes »

L’équipe ? : « Elle est made in Morisset » raconte ce militant avec un peu d’humour. Apparemment dit cet autre, « les compétences et les spécialités de chacun ont été utilisées.  » Comme dans une entreprise ou une start-up. Utiles pour mettre des hommes et des femmes - de préférence de confiance - dans les cases ad’hoc. Un travail sérieux pour Olivier Lohéac, qui se présente comme candidat à l’animation du Comité de Laval et qui estime que « s’il y a dans le club quelqu’un de branché En Marche !53 , c’est bien Philippe Morisset. C’est un grand bosseur et il est discret ». Certes coté discrétion, leglob-journal a pu s’en rendre compte.

L’équipe de choc est composée majoritairement de proches et de centristes. Aucune figure de gauche en apparence, ni de militant de gauche ne se retrouverait dedans. La République en Marche en Mayenne est « un nouveau parti centriste Mayennais » dit cet ex-militant qui a quitté le mouvement. La présence de la gauche à En Marche ! 53 semble « peu enviée », quand leglob-journal recoupe ses informations. Olivier LohéIac qui se dit « plutôt de gauche  » estime qu’« il y a moins de différences entre En Marche ! et l’UDI que entre En Marche ! et Guillaume Garot. »

« Grosses tensions »

« J’espère que vous parlerez des grosses tensions ?  » lance, avant de raccrocher, cet ancien adhérent qui a pris de la distance. « Grosses tensions  » dans une petite partie immergée de l’iceberg global d’En Marche ! 53. Car le mouvement devenu parti politique se régénère, ce qui ne va pas sans tensions, avant d’être médiatisé officiellement, par le jeu de la communication politique. Et les dissensions se retrouvent dans tout groupe d’individus surtout quand l’enjeu est la prise de pouvoir.

Dans l’équipe dirigeante, on note l’absence de Raymond Mauny. Un « historique » d’En Marche ! 53, le premier militant avec Aurélien Page, un militant donc de la première heure qui, le soir de l’élection de Macron à l’Élysée, dans le café lavallois du Pont-Neuf où des militants s’étaient réunis pour la circonstance, prenait volontiers la parole au nom du mouvement. Aujourd’hui, il «  paye son soutien à Monique Bourgoin » note cet adhérent qui souhaite lui aussi garder l’anonymat. On ne parle pas ou bien on le fait mais discrètement. Le choix de Raymond Mauny pour la Sénatoriale de devenir le suppléant de l’assistante de François Zocchetto lui a semble-t-il été « fatal ». Raymond Mauny n’a pas intégré le bureau départemental. Soutenir Monique Bourgoin (Alliance centriste) et « quasi dissidente », c’était s’auto-exclure ?

Pour cet autre, « cette histoire de soutien, c’est pas très sérieux et pas anodin. C’est comme Michel Angot [le maire de Mayenne investi LREM aux Sénatoriales, NDLR] et qui soutient la candidature Garot au Législatives, c’est du grand n’importe quoi !...  » Après tout Emmanuel Macron n’avait-il pas ouvert la porte de ce genre position. «  Bof ! » rétorque le maire de Mayenne que cela laisse froid. Philippe Morisset ? Il ne le « connaît pas vraiment et ne l’a rencontré qu’une fois, présenté par Jean Arthuis. Je vais vous dire : je ne les fréquente pas...  » Mais Michel Angot estime qu’il « faut leur donner une chance ; ils viennent de démarrer, ils n’ont pas d’expérience, pas de métier, il faut les entourer...et ensuite peut-être que des liens naturels avec la Gauche s’établiront ! Il y a des moyens de gouverner ensemble... »

Globalement « Macron redonne goût à la politique. Il est crédible et redonne un espoir. Il ne fait pas de fausses promesses  », indiquait avant l’élection présidentielle Arnaud Rousseau qui était venu participé au comité local sur Laval et qui a quitté depuis professionnellement la Mayenne. Pourtant après six mois d’exercice, « des promesses sont tenues et d’autres sont esquivées...  » souligne simplement et froidement et de façon pragmatique cet autre adhérent. C’est sans doute cela le centre.

« Aller de l’avant »

Dans l’équipe dirigeante, une seule femme semble-t-il pour l’heure. C’est peu à l’aulne de la revendication de plus en plus appuyée de l’égalité homme-femme. Il s’agit de la conseillère départementale Valérie Hayer.

L’ancienne collaboratrice parlementaire du député européen Jean Arthuis, candidate malheureuse à la Législative, a été laissée sur le carreau par l’effet Bayrou imposant la MoDem Géraldine Bannier élue député de la Mayenne. Valérie Hayer qu a tenté le Sénat aussi dit «  avoir confiance en Philippe Morisset » et vouloir « aller de l’avant, sans vouloir regarder le passé ».

« J’ai décidé d‘accepter de me mobiliser  » et elle dit en « être ravie ». Sur son positionnement politique, elle a « choisi par cohérence de ne plus être membre du bureau départemental de l’UDI ». Cette femme qui est capable d’aller loin en politique et maîtrise sa communication ajoute « J’étais UDI de facto, et j’ai été exclu...au national, on m’a demandé de choisir ! » Selon nos informations, elle pourrait travailler en duo pour animer le réseau politique de LRM53, avec Antoine Valpremit, le maire de Sacé depuis 2014, ex-premier adjoint et qui s’est présenté dans sa commune sans étiquette.

« Valérie Hayer, c’est l’œil et les oreilles d’Arthuis » selon cet ancien adhérent d’En Marche !53. Ça sent les règlements de comptes. Quand on lui pose la question à ce sujet, elle se dit « interloquée qu’on puisse penser ça ! j’ai tout mon libre arbitre, et ce genre d’attaque et de considération me surprend toujours. Mais l’homme fort du département qu’est toujours Jean Arthuis et qui a une autorité morale sur les mayennais, cela crée des jalousies, c’est certain ! ».

Dans ce réseau politique que la LRM53 souhaite fortifier comme c’est le cas pour tout nouveau parti, élus et militants devraient être associés pour « mieux labourer le territoire, avec comme ambition de dénicher les talents et de booster le réseau  » explique ce militant qui a semble-t-il bien retenu la leçon.

Qui pour le comité local de Laval ?

Autour du référent départemental Philippe Morisset et de son camps rapproché, il y a cinq comités en Mayenne. C’est par là que l’on peut finalement entrer dans le mouvement En Marche ! explique Olivier Lohéac, et devenir LRM surtout si on estime que les valeurs du parti collent à ses attentes bien sûr. Josselin Chouzy, candidat aux dernières législatives anime le comité de Mayenne dans le Nord du Département. Benoit Lebreton et Ronald Bisson celui de Château-Gontier au Sud. Philippe Gatel et Frédéric Rivière sont respectivement à la tête du comité local d’Évron et de Gorron.

À Laval, la place est vacante après le départ de ce poste de Mathieu Froger. Il est question de choisir parmi « trois candidats » selon Valérie Hayer par un vote, avant la fin Novembre. Le suppléant de Béatrice Mottier, Olivier Lohéac est sur les rangs. Kris Sockalingum, conseiller municipal de Bonchamps, adhérent de l’alliance centriste aussi. Ce n’est pas un novice en politique, il est entré à En Marche ! grâce à Jean Arthuis. En lice également, Rihaoui Chanfi ce militant que leglob-journal avait interviewé après la victoire de Macron.

Béatrice Mottier, défaite aux législatives, ajointe au maire de Laval et conseillère départementale n’apparaît pas dans le montage départemental. « Elle a décidé depuis les élections de mettre le cap sur le professionnel ; elle reste En Marche ! mais elle a pris un peu de recul vis à vis de la politique et du mouvement. » analyse Olivier Lohéac. D’ailleurs au moment où leglob-journal avait sorti l’information de la nomination de Philippe Morisset comme n°1 du mouvement en Mayenne, la candidate à la députation sous l‘étiquette En Marche ! avait réagi sur le compte FB de votre journal en ligne en écrivant : « Cher Glob-Journal, je souhaitais vous préciser ne postuler à strictement rien, ayant clairement refusé de prendre des responsabilités, après plusieurs sollicitations du national [...] D’autres ont ces envies... […] Le mouvement En Marche ! existe bel et bien dans son pluralisme et à travers la diversité de ses adhérents et sympathisants, connus ou moins connus  ».

Et après ?

Après ce tableau quel pourrait être l’avenir immédiat de LRM en Mayenne ? Un coming-out politique officiel ? Certes ! pourquoi pas, car Philippe Morisset l’avait promis au glob-journal, et il en a besoin pour communiquer officiellement. « Mais, cette conférence de presse ne peut se faire, commente ce militant, que si l’organisation est sur les rails »

Début d’année 2018, il va bien falloir faire, une fois le mouvement assis sur des bases solides et présenté officiellement à la Presse départementale, une espèce de grand raout en interne à Laval. Cela se fait bien en politique ! Quelque chose de structurant et de fondateur pour souder tout ce beau monde. Appelons cela, pour reprendre le vocabulaire États-uniens cher à En Marche ! et au candidat Macron, par exemple : une convention, oui, comme en font les Démocrates ou les Républicains aux États-Unis. Avec force drapeaux et présence d’élus, parmi les militants qui seront priés d’être le plus nombreux possible. Des grands et de petits élus avec la base, en symbiose pour une communion, pour un melting-pot géant fondateur en Mayenne.

Et puis plus tard encore ? Et bien, ne pourrait-on pas concevoir cette fois - mais c’est leglob-journal qui le propose - quelque chose de plus ouvert sur l’extérieur ? Une sorte de grand rendez-vous politique avec une star de La République en Marche !... Cela se conçoit bien en principe dans les partis politiques ! Le grand patron, le big-boss, le directeur général de LRM pourquoi pas ? Et histoire de faire de la politique autrement, histoire de bien se démarquer des autres formations politiques qui ont pris rappelons-le un bon coup de vieux, et comme le candidat à la Présidentielle devenu Président l’appelait des ses vœux, ne pourrait-on pas faire en fait, allez...un meeting ! Bonne idée ! Mais reste à savoir sur quel thème, et avec qui ?


2 commentaires
  • Pour l’anecdote, Kris Sockalingum n’est plus conseiller municipal de Bonchamp. Il a très rapidement démissionné de cette fonction, après l’élection du maire et de ses adjoints en 2014, sans explication publique.

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    • Je confirme avoir démissionné comme conseiller muncipal en 2014 après ma réélection pour me consacrer un peu plus à ma famille suite à l’arrivée de mon dernier enfant (4 ans en 2017). Je suis toujours de près ce qui se passe dans le paysage politique mayennais et je compte maintenant m’investir de nouveau au service des Mayennais ayant plus de disponibilité.

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Le renouveau sur d’anciens schémas politiciens de la start-up EM ! 53

Publié le: 21 novembre 2017
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