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A Laval, des rosalies, en tête du cortège, des manifestants, des militants, des habitués, des syndicalistes, des « travailleurs » de la fonction publique et un peu du privé ; et puis à la fin, une immense banderole revendiquant un « Soutien aux cheminots ». Ce fut cela le 1er mai 2018 à Laval, qui se voulait « unitaire et combatif » selon les mots d’ordre des organisations syndicales GCG, FO, FSU et Solidaires. Parties de la place du Jet d’eau, par grappes disparates sous le soleil, ils ont marché contre la politique du gouvernement. Un défilé qui s’est disloqué avec des prises de paroles à la Préfecture. 200 personnes ont été comptées par la Police, le double revendiqué par les organisateurs. Une banderole classique de début de cortège scandait un « Non à la casse des droits collectifs » et un « Oui au progrès social ! ».

Par Thomas H.

Patrice Louis - CGT et Sébastien Lardeux - FO - (c) Photo leglob-journal

Patrice Louis - Commission exécutive UD-CGT 53

Ce n’est pas une nouvelle façon de manifester. Ces rosalies qu’on voit derrière moi dans le cortège, c’est parce qu’on souhaite que le 1er Mai soit festif ; et on innove un peu en montrant à tous que les revendications de la fête des travailleurs, c’est pour tous et que les revendications sociales sont importantes.

Trouver de nouvelles façons de fêter le 1 er Mai ? Oui mais le fait de se rassembler ce sera toujours le moyen de mesurer le poids des syndicats et ça on peut pas y couper. Si on n’est pas en ordre de rassemblement, on aura beaucoup de mal, énormément de mal.

On le sent bien, les syndicats actuellement ne sont pas force de marche, et c’est dommage ! Nous à la CGT, c’est ce qu’on ne veut pas. Nous voudrions retrouver ce principe de lutter ensemble avec tout le monde, c’est à dire avec tous les salariés, tous les syndicats, tout le monde des travailleurs quoi.

La CFDT53 dit qu’elle n’a pas été invité ? C’est totalement faux ! Il y a eu dernièrement des réunions intersyndicales, et c’est faux. Au contraire, nous ce qu’on veut, et la CGT le revendique, c’est un ordre de marche, ensemble !

Pourquoi les syndicats sous l’ère Macron, ça fonctionne pas bien ? Il me semble qu’on ne rassemble pas bien, parce qu’on est dans un système beaucoup plus individualiste que passé un temps ; les salariés sont seuls dans les entreprises. Le plus souvent, c’est le travail individuel, l’automatisation, les mutualisations dans les entreprises qui font que les gens sont de plus en plus seuls, et évidemment, on va de plus en plus vers ça. C’est un engrenage. Et alors, le "ensemble", le " collectif" , cela ne parle plus.

Les syndicats seraient trop politisés ? Non, pas du tout, la politique est une chose, les syndicats, c’est pas ça. Mais la réforme du travail, on l’a bien vu, et cela continue encore, elle a beaucoup favorisé le patronat aux détriment des syndicats.

Sébastien Lardeux - Secrétaire général FO-53

Force Ouvrière est-il un syndicat réformiste ? FO est combative, et revendicatrice. Le rôle des syndicats, c’est de mettre en place le rapport de force. On n’accompagne pas les réformes qui sont mauvaises pour les salariés et les travailleurs.

Force Ouvrière a toujours été comme ça. Et le nouvel FO avec son nouveau N°1 Pascal Pavageau, c’est plus évident parce que pendant une année, celle qui vient de s’écouler, on s’est un peu cherché ! [Jean-Claude Mailly, accusé d’être un peu trop suiviste, vient de quitter la tête de FO, NDLR]. C’est normal, c’est la difficulté de l’arrivée de Macron au pouvoir.

Emmanuel Macron a troublé aussi les syndicats ? Bien-sûr, ça a troublé tous les syndicats. Pas que nous. D’abord Macron, il a une vision qui n’est pas la négociation, il a son projet et il n’y a pas de discussion possible avec lui. Vous arrivez, c’est déjà fait ! En fait, l’objectif est déjà posé. Après, il n’y a pas de moyens de changer son objectif ; on n’est pas là pour faire de la concertation, on est là pour négocier. Alors on négocie.

Force Ouvrière avec le nouveau patron Pascal Pavageau est plus lisible en Mayenne ? Oui partout, on est plus lisible partout. C’est clair ! Le discours de Pavageau à la fin du récent congrès de FO a bien posé nos bases. La revendication, le combat et le "Non" à la régression sociale qui ne s’accompagne pas.

L’absence de la CFDT au 1er Mai et son coté réformiste, ce qu’on en pense nous à FO ? Cela les engage eux. La situation des salariés est de plus en plus difficile, c’est de pire en pire : il y a de plus en plus de précarité, de flexibilité, et Macron s’attaque à la protection sociale et ça c’est grave, et nous, on est pas d’accord là-dessus.

Cela n’a pas changé, les luttes de la classe ouvrière : elles sont là et toujours là. C’est le partage des richesses, l’augmentation des salaires, l’émancipation, et c’est une protection sociale alors que pour l’instant avec Emmanuel Macron, on est dans la dé-protection sociale ! Et ça, nous, on le refuse !


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Le rôle des syndicats ? : « le rapport de force, pas d’accompagner »

Publié le: 1er mai 2018
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