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Les dessins humoristiques de presse ne servent pas uniquement à illustrer.

Ils concentrent les données informatives et donnent aux lecteurs l’essentiel de ce qu’ils doivent comprendre. Ils sont non seulement nécessaires mais indispensables à la liberté d’expression.


insi en est-il de ce dessin de Plantu paru ce jour dans le Journal Le Monde et de cet autre délivré également en première page du Corierre della sera, un des quotidiens italiens. Vrais éditoriaux, sous une forme bien spécifique.

Dans les deux cas, il s’agit de la zone euro, de sa défense et de la crise qu’elle traverse, avec comme conséquences ses dommages collatéraux pour les pays qui la composent.

Secondes zones - L’Allemagne apparait dans les 2 dessins comme le personnage principal, les représentants de la France et de l’Italie sont relégués au second plan.

Le premier est supporté par l’Allemagne au sens propre comme au figuré, presque comme un fardeau, ce qui en dit long sur les relations supposées ou réellement vécues par le « couple franco- allemand » à l’origine de la création de l’Union européenne.

Le second semble conduit avec assistance mais fermeté par Angela qui lui tient le bras comme si cette dernière s’apparentait à une aide soignante qui supporte son malade. La légende dit : « Italie sous contrôle » et rajoute en dessous « l’auxiliaire de vie allemande ». C’est clair et sans équivoque.

Savoir gérer ou pas - Le dessin d’Emilio Giannelli, ancien dirigeant d’une banque italienne, est limpide. Pire qu’une maitresse d’école qui rangerait au rang de simple élève il cavaliere, celui-ci est réduit à devenir un « malade économiquement assisté ». Un poids.

Remarquez bien que dans le dessin de Plantu, la France n’est guère mieux lotie même si elle ne porte pas de bonnet d’âne comme l’italien adepte des Bunga Bunga. Réduite à un sac à dos porté par la Chancelière allemande, là aussi notion de boulet, le regard de Plantu ne donne guère plus de crédit au Chef de l’État, même si le dessinateur français coiffe le Président de la République et la Chancelière allemande d’un mortier, ce chapeau symbolique du jeune diplômé tout droit sorti d’une grande école américaine.

Il y aurait donc ceux qui savent et ceux qui ne savent pas gérer ! Ceux qui en ont plein les poches ( les billets en sortent d’ailleurs facilement) et ceux qui n’ont presque plus rien. Un pouvoir sclérosé.

Remarquez aussi l’état des drapeaux, encore acceptables d’un coté et délabrés de l’autre : ils parlent plus qu’un long discours.

Révéler et amplifier - Même si le dessin fait passer les 2 nations, la France et l’Italie, par le tamis de la caricature en forçant le trait et c’est bien normal, il permet aussi en filigrane de révéler des états, de faire un constat. Les 2 dessinateurs ne s’en privent pas, et subtilement sous leurs traits de plume et grâce à leur talent respectif, on comprend mieux, ce que simplement on devinait jusqu’à lors. Une question de poids mort et de voie de garage.


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Le trait et la plume

Publié le: 5 novembre 2011
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