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es Législatives, il faudra retourner aux urnes les 11 et 18 juin ; en Mayenne trois postes de député sont à pourvoir. Ce sont des élections qui arrivent après la Présidentielle chamboule-tout, comme nous avons pu l’écrire dans leglob-journal. En Mayenne, c’est dans la première circonscription, celle où le député (PS) sortant s’appelle Guillaume Garot que "le jeu politique" semble le plus intéressant à observer. C’est tellement vrai que Michel Angot, le maire de Mayenne, Christian Briand, conseiller départemental d’opposition, Jean-Paul Pichonnier, maire d’Averton, Michel Rocherullé, maire de Soulgé-sur-Ouette et Pierrick Tranchevent, celui de Jublains sont montés au créneau pour soutenir collectivement le député sortant, « toujours à nos côtés et à notre écoute », écrivent-ils dans un communiqué. État des lieux dans cette circonscription où se présentent onze candidats.

- Par Gildas Charlès

Début novembre 2016, une éternité à l’échelle de la vie politique, d’autant plus en période électorale, j’écrivais un billet où j’avais osé un pronostic pour la première circonscription de la Mayenne.

L’élection législative reste une élection locale mais elle est aussi la continuité de la présidentielle, encore plus depuis l’instauration du quinquennat ; les Français ayant pour habitude de donner une majorité au président nouvellement élu. Et quel président ! Emmanuel Macron qui a enclenché une telle dynamique qu’il pourrait à mon avis créer une 2e surprise.

Un résultat inattendu ?

Et en cette année de « renouvellement » - loi interdisant le cumul des mandats oblige -, le résultat annoncé de cette course pour la députation pourrait être inattendu ; ils sont onze à tenter leur chance ; certains juste pour témoigner de l’existence de telle ou telle sensibilité, d’autres avec de réelles possibilités de l’emporter.

Commençons par Guillaume Garot, candidat à sa succession, pour un 3e mandat. Après un soutien discret en faveur du candidat socialiste à la présidentielle, il est entré en campagne il y a quelques semaines, avec l’investiture socialiste.

Certains s’en sont même étonnés, persuadés qu’il se serait présenté sous l’étiquette En Marche ! tant certaines de ses déclarations étaient Macron-compatibles. Les cinq signataires du communiqué de soutien au député sortant [ils sont cité dans l’entête de l’article, NDLR] écrivent : « Nous savons que Guillaume Garot souhaite la réussite du Président Macron. Nous comptons sur lui pour que ce soutien soit exigeant et pèse, dans une majorité progressiste, en faveur de la justice et de la solidarité. Ils ajoutent : « Dans la période que nous vivons, nous avons besoin d’élus de terrain comme lui, pour comprendre les aspirations de nos concitoyens, et accompagner les projets d’avenir de nos collectivités.  »

Cela dit, M. Garot avait-il espoir de se voir épargner une candidature LREM face à lui ? Une déclaration récente visant à légitimer son adversaire naturel et souhaité, abonde dans ce sens d’un duel salvateur [voir la capture-écran ci-contre, NDLR].

M. Garot risque beaucoup ; il ne réitérera pas, selon moi, son score du 1er tour des législatives 2012, arrivé en tête avec 47 % des voix. Son capital sympathie, ses actions passées, son actif sur un domaine consensuel - le gaspillage alimentaire -, sa position de député sortant, même en ces temps de « dégagisme  », peuvent lui permettre d’être au 2nd tour.

Deuxième favori, pardon favorite, Samia Soultani-Vigneron, candidate de la droite et du centre, ou plus précisément LR/UDI, est celle qui est entrée en campagne le plus tôt et probablement le plus activement.

Soyons clairs, elle pensait avoir devant elle un boulevard, la droite devait gagner l’élection présidentielle et balayer tout aux Législatives. Seulement ce qui était écrit ne s’est pas réalisé. Son candidat de cœur à la présidentielle, Nicolas Sarkozy a été éliminé dès le 1er tour des Primaires, et son candidat de raison, François Fillon à été sorti lui aussi au 1er tour mais de la Présidentielle. Aujourd’hui, la voie est étroite, et pourrait même se transformer en impasse.

Elle s’est focalisée ces derniers mois sur sa propre campagne législative, mettant en avant SON programme et moins celui du candidat de son camp ; son soutien a été discret, ne s’affichant qu’à minima et plus au titre de présidente de Les Républicains de la Mayenne, sans doute pour ne pas faire subir à sa candidature les affres des affaires Fillon.

Une dynamique

Ce qu’elle appelle réflexions et que d’autres voient comme des contradictions, sa campagne en immersion, multipliant les réunions et autres rencontres publiques, ses « vis ma vie de...  » peuvent agacer par leur côté communication politique, mais il ne peut lui être nié, à mon avis, son engagement et sa détermination.

Pour elle aussi, un duel face à M. Garot serait la situation idéale, mais il faudra alors certainement contrer l’effet de ses multiples déclarations contre M. Macron, pour casser la dynamique que ce dernier a engagé.

Dynamique qui sert l’invitée surprise qui fait du duo attendu, finalement un trio. Béatrice Mottier est à mon avis cette surprise. Après une année plus que chaotique quant au choix de la couleur de son investiture, initialement celle de son parti l’UDI, elle avait fini par reprendre sa liberté en janvier dernier, suite à la décision de l’UDI de se ranger derrière une candidature unique LR/UDI derrière François Fillon. Mme Mottier inclinait plus pour Alain Juppé.

Mme Mottier avait dans la foulée annoncé son ralliement à Emmanuel Macron. Elle concrétise donc sa préemption sur En Marche !, au dam des Marcheurs de la première heure qui espéraient sans doute un(e) autre candidat(e) [Georges D. a écrit là dessus dans leglob-journal, NDLR]

Béatrice Mottier voit devant elle un chemin sans doute plus inattendu et plus ouvert qu’espéré. Sa campagne sera éclair. La volonté affichée par les Français de poursuivre cette œuvre de renouvellement de la classe politique enclenchée avec l’élection d’Emmanuel Macron, lui est, je pense, plus que profitable. Sera-ce suffisant ? L’élection est locale et même si Laval représente une part importante de l’électorat, il faut se faire (re)connaître sur l’ensemble de la circonscription.

Je m’arrêterai plus succinctement sur les autres candidats, non pas qu’ils ne méritent pas d’attention mais force est de reconnaître qu’il est peu probable de les voir arriver au 2nd tour. N’oublions pas que pour y être, il faut obtenir 12,5 % des inscrits, soit compte-tenu de l’abstention probable - 40 % en 2012 - au moins 18-20 % des exprimés.

Philippe Habault se présente comme candidat indépendant, - nous dirons de centre-droit -, n’ayant réussi à obtenir aucune investiture, son parti d’origine, l’UDI, lui ayant préféré au départ Mme Mottier, puis Mme Soultani-Vigneron. Que peut-il espérer sinon être un candidat de témoignage, et prendre des voix qui pourraient faire défaut aux candidates LR/UDI et En Marche ! ?

Nicolas Chomel, candidat La France insoumise peut espérer récupérer une partie de la dynamique enclenchée par Jean-Luc Mélenchon, ou ce qu’il semble en rester. Car le positionnement de ce dernier pour le 2nd tour de la présidentielle n’a pas été des plus clairs quant il s’est agi de faire barrage au Front National. Il devra également partager ces voix de la gauche radicale avec Aurélien Guillot, pour le PCF et Martine Amelin pour Lutte Ouvrière.

Plus à droite, trois candidatures se présentent : Bruno de la Morinière pour le Front National qui peut espérer retrouver une partie de l’électorat s’étant porté sur Marine Le Pen à la présidentielle, Isabelle Mahé-Genero pour Debout la France et Luccio Stiz pour l’Union Populaire Républicaine. La Mayenne, même si certaines communes ont pu placer en tête Marine Le Pen, n’est pas à mon sens une terre d’extrêmes.

Reste Maël Rannou, candidat EELV, nième fois candidat à une élection, cette fois-ci nationale. Au moins aura-t-il pour lui d’être le seul candidat identifié comme écologiste. De là à dépasser 5 % des voix, par amitié, je vais le lui souhaiter.

Vainqueur au soir du 18 juin ?

En conclusion, quel est mon pronostic ? Il est difficile à déterminer. J’ai assisté aux réunions de quelques-uns de ces candidats, pour observer, mesurer l’appétence du terrain pour tel ou tel. Pour ma part, je vois comme possible une triangulaire au soir du 1er tour, avec Mmes Mottier et Soultani-Vigneron, et M. Garot. Un duel Mottier-Soultani n’est pas à exclure.

Mais qui sera vainqueur au soir du 18 juin ? Qui aura réussi le passage en tête, ce qui pourrait être déterminant pour empocher la mise ? Je vais rester sur ma position de novembre dernier : Et si Mme Soultani-Vigneron pouvait-être la prochaine et première femme élue député de la Mayenne ?

Lire aussi : Tribune Libre - « Je [ne] suis [pas] en train de faire dans le populisme » - par Gildas Charlès


1 commentaire
  • Bonjour, ma candidature n’est pas une candidature de droite. Premièrement parce que personnellement je suis de gauche (comme au moins les deux tiers des adhérents de l’UPR), et deuxièmement parce que le mouvement sous lequel je porte ma candidature a été classé par le Ministère de l’Intérieur en "Divers", soit, au dessus du clivage gauche-droite. Je comprends que l’on puisse penser l’UPR à droite de prime abord, j’ai pensé la même chose quand j’ai connu ce mouvement , mais c’est inexact. Cordialement. Luccio STIZ

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Législatives 2017 : une première circonscription, celle de Laval, trop disputée

Publié le: 1er juin 2017
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