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Ils ne sont plus que 4 après l’écrémage démocratique de l’élection législative qui permet de compter ses voix. Dans la 3e circonscription, les dés, depuis le premier tour, sont déjà jetés. Dans les 2 autres circonscriptions, il s’agit d’un classique duel gauche-droite. Dans cet ordre. Car le PS qui progresse en Mayenne est arrivé en tête devant les candidats de la droite.

Alors, une femme députée pour la première fois ? En tout cas « l’effet Hollande a joué » et la faiblesse des opposants a été manifeste, sans compter les divisions centristes qui ont éparpillé les voix au premier tour dans la circonscription du Sud-Mayenne. Et ce qui apparaît, c’est surtout le manque de poids des candidats qui est manifeste dans ce second tour.


ans la 3e circonscription celle du Nord Mayenne, Yannick Favennec le président de l’UMP a bénéficié de la prime au sortant. Résultat, il repasse. Dans un département qui a toujours jusque-là voté à droite, logique ! Le député fraichement élu navigue pourtant dans un espace, le Nord-Mayenne, où la ville-centre, Mayenne, est à gauche depuis belle lurette. Est-ce que les électeurs de la 3e circonscription n’ont pas perçu qu’au soir du second tour de la présidentielle la gauche avait pris les manettes à l’Elysée ? Ou bien simplement ont-ils voulu tout au contraire jouer l’indépendance d’esprit en votant à contre courant ? Par habitude ou conviction ?

Deux duels

Marie-Noelle Tribondeau et Guillaume Chevrollier

Ailleurs, dans le reste du département, dans les deux autres circonscriptions, des circonscriptions redécoupées par Alain Marleix sur instruction de Nicolas Sarkozy, il faudra revoter. Mais ce qui saute aux yeux, c’est la faiblesse des candidats. Rien qui s’impose comme évident. Pas une figure qui puisse permettre de dire, là, pas de doute, il s’agit bien d’un candidat capable d’aller à l’Assemblée Nationale. Dans la seconde circonscription, c’est flagrant. Le duel gauche-droite en est la plus belle manifestation.

Le candidat de l’UMP, Guillaume Chevrollier qui parait « bien jeune » sur les affiches et fait figure de «  premier de la classe dans une école privée » fait faire des moues dubitatives parmi sa propre famille politique. Ce qui lui manquerait ? De « l’assurance, et de l’expérience  » et un coté moins « la voix de son maitre  ». Beaucoup de lavallois et même de mayennais ne l’imagine pas dans les habits d’un député pour les représenter. « Manque d’étoffe  » disent-ils. Point barre !

Stable et certain

Ses valeurs conservatrices de « gaulliste humaniste » et de tenant de l’UMP jusqu’au boutiste – refus du vote immigré, de la légalisation du cannabis et du mariage homosexuel par exemple – sont pourtant en adéquation avec un électorat très égocentré dans cette partie de la Mayenne.

Le Sud du département très rural-catho cherche avant tout la stabilité en fuyant le changement synonyme pour lui d’incertitude. Dans l’opposition municipale au maire de Château-Gontier Philipe Henry un ancien CDS, Guillaume Chevrollier, juriste de formation, n’apparait guère dangereux en conseil municipal au coté de la magistrate du parquet d’Angers. Chef de file de l’opposition de droite au maire, elle s’est essayée à briguer l’hôtel de Ville aux dernières élections sous la bannière de l’UMP. Mais ce qui compte surtout pour tous les ténors de la politique, à droite dans le département et qui appellent à voter pour Guillaume Chevrollier, c’est de conserver la circonscription dans le giron de l’anti-gauche.

Un homme, une femme

Guilaume Garot en sa fédération, celle du PS en Mayenne

Face à Guillaume Chevrollier , c’est une femme qui s’y colle. Une exploitante agricole qui sait gérer le collectif puisqu’elle élève de la volaille. Elle préside aux destinés de ses administrés à Bierné, un village du Sud-Mayenne. Et l’environnement l’interpelle. Discrète jusque-là, Marie-Noëlle Tribondeau ne s’en laisse pas compter pour autant. Pourtant passé les frontières de la Communauté de communes du Pays de Château-Gontier où elle préside la Commission d’appels d’offres, elle apparait comme une inconnue, dans une circonscription qui s’étend jusqu’à Laval. Et ça l’agace un peu. Tout comme Guillaume Chevrollier.

Apparenté PS, Marie-Noëlle Tribondeau est l’archétype de la candidate – parité oblige – que la Fédération du Parti Socialiste en Mayenne emmenée par Guillaume Garot a dû aller « chercher ». Car il faut vouloir « devenir député », être femme, accepter les compromissions et de faire son coming-out en disant ouvertement qu’on « roule pour le PS ». Pas simple dans un département conservateur comme la Mayenne.

Pas froid aux yeux

Dans la première, Samia Soultani-Vigneron talonne dans un duel gauche-droite le député sortant Guillaume Garot. Le Maire de Laval a toute les cartes en mains pour se faire réélire. En face de lui donc une enseignante d’université à l’IUT de Laval qui court sous l’étiquette UMP. Cette ingénieure en agroalimentaire, inconnue elle aussi majoritairement, y croit dure comme fer et semble être presqu’investie par des voix divines. « La passion » pouvait-on lire sur son affiche électorale du premier tour.

Une candidate qui n’a pas froid aux yeux. Mais est-ce suffisant ? En tout cas ce n’est pas simple, là aussi, de se faire accepter telle quelle, avec ses origines étrangères, dans le microcosme politique de droite très misogyne pour ne pas dire autre chose. Elle est française depuis 2004, une « fierté ! » lit-on sur son blog.

« Socialiste BCBG »

En face, Guillaume Garot le maire de Laval qui préside aussi l’agglomération. Il connait bien son challenger. Elle se qualifie de « chef de file et porte parole de l’opposition lavalloise » et prend la parole régulièrement au Conseil municipal de Laval après le retrait de François d’Aubert, le maire précédent, élu mais qui n’y siège plus régulièrement. Guillaume Garot présente aussi quelques faiblesses. Issu d’une gauche de tradition catholique, il « manque de pugnacité  » et toujours selon certains de ses détracteurs à gauche, il « n’est pas assez socialiste  ».

Pas simple donc de faire de la politique en Mayenne où des paramètres hyper locaux brouillent les ancrages et les images. Pour autant la gauche parviendra-t-elle à faire le doublé en Mayenne ? Et rentrera-t-elle dans l’histoire ? Car en faisant élire une femme, pour la première fois à l’Assemblée Nationale, le département signerait là une bien belle avancée démocratique !


Finalement : Guillaume Garot a été réélu et Marie-Noêlle Tribondeau qui était en tête au premier tour a été battue. C’est Guillaume Chevrollier qui devient député de la 2 eme circonscription.


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Législatives second tour : 2 hommes ou une femme ?

Publié le: 15 juin 2012
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