Législatives, un rouge sur le front de la Gauche et qui s’affiche

lettreebig2-19.jpgÊtre communiste depuis la chute du mur de Berlin relève d’une certaine gageure. Ce n’est plus guère à la mode, et elle ne sert même plus de repoussoir ou d’épouvantail face à un capitalisme néo-libéral jugé débridé par certains. Malgré les difficultés à demeurer audible et présent, ou à cause d’elles, des personnes continuent à partager les valeurs, à adhérer, à militer pour le Communisme. A l’occasion des élections législatives, nous voici face à l’affiche présentant les candidats PCF et Front de gauche de la 1ère circonscription de la Mayenne. Décryptage.

Par Marrie de Laval


legisaffiche_pcfcirco1-1.jpgL’affiche est riche de la couleur rouge, seule référence au communisme, puisque la faucille et le marteau ont disparu. Mais, bon, le rouge ne monopolise plus le fond, comme à la glorieuse époque.
Non, le fond est blanc, sobre et partage à égalité la surface de l’affiche avec le portrait des deux candidats.

La révolution prolétarienne n’aura sans doute pas lieu. Adieu « le  grand soir  » avec lendemain qui déchante car si dans le monde, des régimes politiques s’affirment continuateurs de la doctrine, la pratique du collectivisme a vécu.

Dates, circonscription et nature de l’élection tiennent le haut de la page tandis que le slogan national s’inscrit à son pied.

Le PCF se revendique encore membre du Front de Gauche, avec l’étoile communiste en coin. Leur logo est là pour en attester, sans doute ultime reliquat d’une époque révolue.

A la recherche du symbole perdu !

Entre les deux bandeaux, les candidats en buste, sur le même plan, sans distinction entre titulaire et suppléant dans une parité harmonieuse. Seule la taille des noms signale qui brigue le poste. Ici, c’est Aurélien Guillot. Dans les deux autres circonscriptions, un homme et une femme tiennent le haut de l’affiche avec une belle parité inversée entre le titulaire et le suppléant.

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Les candidats sont jeunes, signe de renouveau des cadres et des dirigeants des cellules locales. Ces trentenaires n’ont connu que les discours sur la crise économique et les difficultés sociales. Signe également que le message reste mobilisateur, et porteur d’avenir, ces jeunes gens espèrent un avenir meilleur et ouvert sur le monde alors que d’autres préfèrent le repli identitaire. Cela se traduit dans les nouvelles adhésions et les prises de postes dans le Parti Communiste Français depuis 2005-2006.

Le Mur tombe et apparaît le néo-libéralisme

Toutes les références au monde communiste d’avant 1989 s’estompent. Indépendamment des solutions proposées, il reste important pour le débat démocratique que soit entendu et rapporté propos et valeurs de ce groupe politique qui, rappelons-le connut son heure de gloire en participant au premier gouvernement de gauche en 1981. Face au néo-libéralisme, et malgré sa grille de lecture partisane, ses réflexions méritent qu’on s’y intéresse.

En 1981, avec son arrivée au pouvoir le Président François Mitterrand avait dans l’idée d’introduire le vote à la proportionnelle aux législatives dans le seul but de mettre en avant sur la scène politique le FN. Il s’agissait, pour lui, d’en faire un épouvantail pour les électeurs et un moyen pour resserrer son étreinte sur ses alliés politiques. Le retour de ce mode de scrutin pourrait voir revenir des élus PCF et Front de gauche, vue la percée de Jean Luc Mélenchon lors des présidentielles. Reste à savoir si sa progression pourrait avoir les mêmes effets ?

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