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À la veille de la Fête départementale de l’ex-parti UMP qui doit se dérouler ce Samedi 23 avril à l’Hippodrome de Craon, la Primaire à droite apparait comme clivante au sein de Les Républicains (LR) en Mayenne. Parlementaires et ex-parlementaires mayennais semblent laisser l’actuel président de LR de coté, et ne comptent pas non plus sur Alain Juppé pourtant donné favori dans les sondages. Exemple avec Guillaume Chevrollier et Marc Bernier, un jeune député et un ex-parlementaire plus ancien, incarnation de deux générations.

- Par Thomas H.

Déjà lorsqu’il s’était agi de choisir un président pour l’UMP, le jeune Guillaume Chevrollier avait fait sécession. Il venait tout juste de faire son entrée à l’Assemblée Nationale en 2012, et il avait choisi ce qu’il appelait « le renouveau ». « (…) l’UMP a besoin de se doter d’une nouvelle boussole si elle veut que la France vire à tribord. » avait-il écrit.

Cette métaphore du navire lancé à pleine vitesse mais qui doit changer de cap était tenue par Guillaume Chevrollier, l’un « des sept ( …) jeunes députés de moins de 40 ans signataires d’un appel dans le journal Le Monde en faveur de Bruno Le Maire.

Cette fois avec la primaire les choses sont encore plus claires. A priori son favori ne devrait pas être à Craon pour la Fête départementale, à moins d’une surprise, et Nicolas Sarkozy, candidat putatif à la primaire, non plus. Annoncé à grand renfort médiatique sur Facebook, le président de LR a été rattrapé par la Justice ; il s’est décommandé peu de temps après la confirmation par les juges de la légalité des écoutes qui lui valent une mise en examen pour corruption et trafic d’influence. Pas de chance. La fête à Craon sera moins brillante. « Moins bling-bling » disent les opposants.

Le flyer de la Fête annonçant la venue de Sarkozy sur Facebook

Pour Guillaume Chevrollier qui a donc choisi Bruno Le Maire officiellement pour la Primaire, il faut « un renouveau, un grand vent de changement, un aggiornamento (...)  » avait-il écrit à l’époque. Quand on parlait encore de l’UMP, le jeune député signait le manifeste du Monde en reprenant à son compte que «  l’UMP a plus besoin à sa tête d’un conciliateur éclairé que d’un général, d’un président de parti plus que d’un président de la République.  » et il ajoutait « Bruno Le Maire est un homme à l’écoute. Il est droit, il est solide, il est clair  » Et avec la Primaire qui aura lieu les 20 et 27 novembre, c’est encore plus limpide !

Autre choix, autre icône, autre génération. Marc Bernier, l’ex-député UMP du Sud Mayenne qui a laissé son fauteuil à l’Assemblée Nationale à Guillaume Chevrollier justement. Lui roule pour l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Marc Bernier, ex-chirurgien-dentiste, le sarthois - il est né au Mans - apparaît depuis ce jeudi 21 Avril dans la liste des 72 soutiens du candidat Fillon, l’homme de la petite ville de Sablé-sur-Sarthe. qui rêve de l’Élysée.

Marc Bernier figure donc parmi les 72 (comme le numéro de la Sarthe) qui disent officiellement qu’il faut Fillon comme candidat à la Présidentielle. Bernier est notamment au côté de Gérard Larcher le président du Sénat, de Bernard Accoyer, Pierre Lellouche, Thierry Mariani, Gerad Longuet, ou bien Bruno Retailleau le sénateur de Vendée et Président actuel de la Région Pays de la Loire. Pour ces élus de droite, « son expérience et son sens de l’intérêt national sont des atouts pour rassembler les Français lors de l’élection présidentielle  » d’autant que Fillon parviendrait comme ils l’écrivent « à concrétiser le verbe Faire. » Mais a-t-il pu faire justement tout ce qu’il a voulu pendant son passage à Matignon ?

Marc Bernier apporte son aura à Fillon. Le mayennais a été un partisan du rétablissement de la peine capitale, et s’engageant sur ce terrain, il avait d’ailleurs été en avril 2004 le cosignataire d’un projet de loi visant à « rétablir la peine de mort pour les auteurs d’actes de terrorisme  ». 3 ans plus tard, il votera néanmoins pour l’adoption du projet de loi constitutionnelle relatif à l’interdiction de la peine de mort proposée par Jacques Chirac, en fin de règne, juste avant la Présidentielle qui vit l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy.

« Déçu » justement par Nicolas Sarkozy, qu’il avait publiquement jugé à l’époque comme « crâmé », le parlementaire du Sud Mayenne s’était rallié à Dominique de Villepin, un autre ancien Premier ministre. Décidément ! Il estimait qu’« il faut arrêter de courir après l’électeur et remettre la justice sociale au cœur du programme », Il voyait même en Dominique de Villepin « un homme qui a de la prestance, la volonté de servir la France et se situe au-dessus de la mêlée. » Cette fois son choix s’est arrêté sur François Fillon. Faute de grive, peut-être.

Alors qui, pour incarner le candidat de la droite républicaine ? Nicolas Sarkozy ? Il a dit qu’il se déclarerait avant l’été mais s’il hésite tant c’est qu’il se pose certainement un certain nombre de question, même s’« il a changé ».

François Fillon ? Manifestement il a un peu de mal à décoller dans les sondages qui boostent Alain Juppé de façon un peu ostentatoire et qui veut pourtant « casser la baraque », en supprimant l’ISF et pousser le curseur de l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Bruno Le Maire, « un peu jeune » disent ces détracteurs car «  il manque de bouteille ! », ce sera peut-être pour 2022. Mais attention, à ce jeu du qui gagne le ticket, les élimine tous, les dés ne sont pas encore jetés !


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Les LR mayennais sont à Craon et font la "fête" à l’Hippodrome sans Sarkozy

Publié le: 22 avril 2016
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