| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

Devenir chercheur-bénévole, c’est un rêve qui est maintenant à la portée de chacun. Participer à une mission scientifique qui fait appel aux citoyens passionnés, relever des défis, échanger avec d’autres passionnés. Force est de constater que la science participative captive un public de plus en plus nombreux, spécialiste ou non. Alors entrons dans ce monde passionnant grâce aux savoirs de notre contributeur Jean-Michel Launay qui enseigne sur le Campus le Laval. Avec lui, ouvrons une nouvelle rubrique sur leglob-journal dédiée à la Science sous toutes ses formes.

- Par Jean-Michel Launay

Jouer à plier des molécules...

Terminer la structure 3D d’une enzyme grâce à la participation active d’amateurs de jeu vidéo, c’est ce qui a été réussi en 2008 par les chercheurs de l’Université de Washington. En manipulant des objets de type puzzle et en seulement quelques semaines, les joueurs de Foldit ont permis de trouver comment est pliée cette molécule.

Cette découverte, publiée en 2010, a permis de faire avancer la recherche sur le virus du SIDA. Les joueurs ont été cités comme co-auteurs d’une publication scientifique. Le terme de « jeu sérieux » est bien adapté pour cette belle histoire !

auteur : DrKjaergaard (image du domaine public)

e besoin de se rendre utile pour les scientifiques et les associations sa passion pour la nature et la photographie, c’est ce qu’a réussi Michel D., un habitant de Saint-Berthevin, une commune de la couronne lavalloise. « Un des intérêts que je vois au site Faune est de faire connaître la biodiversité de notre département, et donc du devoir de la préserver autant que faire se peut, la nature est tellement belle ».

Coucous et hirondelles

Il dépose régulièrement sur le site Faune-Maine la liste géo-localisée des oiseaux, papillons et libellules rencontrés lors de ses ballades en ville comme à la campagne, accompagnée de quelques photos. Ces données archivées s’ajoutent à celles des spécialistes qui pourront alors estimer au mieux l’évolution des populations des espèces animales en Mayenne et en Sarthe.

Chacun peut consulter cette base de données qui se construit jour après jour, et y découvrir par exemple où et quand ont été vues les premières hirondelles au printemps en Mayenne. Mais vous l’avez compris, l’intérêt n’est pas ici le jeu. N’empêche qu’il est très sérieux : avec le changement climatique amorcé, il est très important d’en mesurer les conséquences sur les populations et les mouvements d’espèces (migratrices ou non).

Bergeronnette des ruisseaux à Changé ( Michel D. site participatif Faune-Maine.org)
Apprendre et partager

Le programme Tela-botanica (et son application mobile Pl@ntnet) s’intéresse aux plantes : qu’elles soient en pleine nature, dans notre rue ou bien qu’elles habitent les moissons ! 

Un de ses contributeurs s’appelle Laurent Lemetais. Retraité de l’agriculture, il utilise ce site pour y déposer ses observations, mais aussi pour apprendre à identifier les plantes observées, et faire valider ses propositions par des spécialistes. Son intérêt pour la botanique l’a amené à réfléchir sur les pratiques agricoles, et à souhaiter plus d’échanges entre agriculteurs, botanistes et les simples habitants.

Anémone des bois ( Laurent Lemetais sur Pictoflora)

ais des programmes de science participative, il en existe de nombreux pour les amateurs de médecine, mais aussi d’astronomie, d’informatique, etc. Pourtant à ce jour, seulement 4 % des français ont entendu de parler de science participative. Le développement constaté de cette activité n’est pourtant pas un effet de mode, mais la conséquence logique de transformations de notre société. Nul doute que cette façon fédératrice et ludique d’appréhender la science a de beaux jours devant elle.

Participative ou citoyenne ?

Deux règles à respecter selon les scientifiques et les participants : rester dans un registre bénévole, et faire savoir aux participants comment a été utilisé le travail. Les sciences participatives ont le soutien des politiques et des entreprises : ainsi, Ségolène Royal était présente en Mars 2015 pour inaugurer le lancement du programme 65 millions d’observateurs du Museum National d’Histoire Naturelle, dont le mécène est Engie (ex GDF-Suez).

D’autres préfèrent parler de « sciences citoyennes ». Ce terme a une connotation plus militante, et sous-entend qu’il existe une science officielle, et une autre science qui serait plus proche du citoyen. Cette distinction prend tout son sens par exemple sur des thématiques comme les OGM, ou bien le développement des nano-technologies, où il existe une demande de davantage de démocratie pour des choix scientifiques et techniques répondant aux besoins de la société mais en évaluant avec transparence les conséquences sanitaires, environnementales ou sociales. Alors, les sciences participatives ou citoyennes, un outil pour agir et transformer notre société ?

Jean-Michel Launay est Enseignant, Université du Maine, IUT de Laval, Département Génie Biologique, Laval - France


1 commentaire

Réagir

Les sciences participatives et nous - Par Jean-Michel Launay

Publié le: 5 juillet 2016
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-cultures/idées
Actuel Éducation Vivant Sciences
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
A lire également sur votre Journal en ligne
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Nous contacter : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS