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Proposer un recueil de poésie, vieux de presque quatorze siècles et chinois de surcroît, est sans doute osé. L’exercice est périlleux. Pourtant pour inaugurer cette année 2017, j’ose vous faire partager cette pensée poétique rare que peu d’européens connaissent. C’est une invitation à un voyage inédit. Oserez-vous le faire avec moi ?

L’éxilé du ciel

Par Lǐ Bái (701-762) un des plus grands poètes chinois de la dynastie Tang.

- Critique par Molière M.

De l’auteur d’abord
 À 20 ans, Lǐ Bái rencontre Chao Jui, un érudit. Sous son influence, il deviendra, pour un temps redresseur de torts, une institution très ancienne en Chine. Mais bien vite, il plonge dans l’étude du bouddhisme ch’an, aujourd’hui le zen japonais.

En 743, il arriva à Ch’ang an, alors capitale impériale et, malgré qu’il ne se soit jamais présenté aux examens impériaux, il devient, par un incroyable tour de force, le conseiller personnel de l’empereur. Cependant, peu porté sur les intrigues de palais, il n’y séjourna qu’une année avant de reprendre sa route. En fait, il passa la plus grande partie de sa vie à sillonner la Chine.

En 756, Li Bai s’installa comme ermite taoïste au pied des monts Lushan. Selon la légende, il se serait noyé, en voulant cueillir le reflet de la Lune dans l’eau. Influencé par cette pensée taoïste si particulière, il laisse plus de mille poèmes.

Du recueil de poèmes, ensuite

Ttout d’abord, il est important de dire que la calligraphie joue un rôle essentiel dans la poésie, car elle contribue à faire apprécier l’esthétique des caractères et leur correspondance. Alors, toute traduction est une trahison.

Malgré cela, les mots sont doux et délicats comme la rosée du matin. Certains poèmes saisissent un cliché unique, éphémère qui à peine esquissé se dilue et disparaît. D’autres, plus longs, plus profonds décrivent une nature luxuriante, la montagne, l’air, le rêve, la joie d’être là, l’ivresse…

L’homme trouve sa juste et simple place, celle d’un spectateur devant une œuvre qui le dépasse.

Méditation dans une nuit paisible
D’une blancheur immaculée,
La clarté de la lune s’éparpille devant mon lit ;
Les yeux ensommeillés,
Je l’ai prise pour une couche de givre étalée sur le sol.
Levant la tête, je regarde la lune,
Baissant les yeux, je pense à mon lointain bercail.

Lǐ Bái, artiste immense, observateur du monde, fractura les pans de la philosophie taoïste, si chère à Zhuangzi et souleva le voile d’une esthétique épurée. La mélodie des mots suscite un tourbillon unique. En pénétrant dans son univers vous ouvrez une fenêtre sur l’évanescence, suscitant un rai de lumière qui aussitôt disparaît.


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Littérature - Monique Molière a lu pour vous...

Publié le: 2 janvier 2017
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