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MAINTIEN - Le message est passé ! Le collège Fernand Puech à Laval ne sera pas fermé. Mais au contraire un nouveau collège sera construit, un peu plus loin dans le même quartier, pour une ouverture dans 7 ans. « 2024 et 7 millions de travaux ». Ainsi en a décidé la commission départemental ad’hoc composée de 10 personnes qui s’est réunie le mardi 28 novembre 2017. Elle devait statuer sur trois scenarii proposés par Michel Hervé le président du Comité de Pilotage (Copil). Apparemment, c’est une quatrième solution qui a été votée.

Manifestation devant l'hôtel du Département, il y a un an, en novembre 2016

- Par Thomas H.

La construction d’un établissement neuf sur le site Jean Monnet à quelques centaines de mètres seulement de l’actuel collège. Ce n’est pas la fermeture tant redoutée ; pas les gros travaux à 2,6 millions d’euros, ni ceux moins élevés à 900 000 euros pour la mise en accessibilité et en sécurité.

Cette décision était prévisible. Car Michel Hervé avait laissé entendre que la solution de la « construction neuve » pouvait être une « alternative » dans ce dossier épineux qui a mis à mal l’image du président du Département et embarrassé Olivier Richefou. Cette solution évoquée aussi entre les deux Présidents, bien avant que ne se réunisse le dernier comité de pilotage du 21 novembre, pourrait peut-être venir du N°1 du Département.

Michel Hervé nous avait confié dans un entretien publié sur leglob-journal qu’« Il faudrait 500 000 à 700 000 euros pour effectuer des travaux à minima. Mais il faudrait en revanche dépenser 2,5 millions à la charge du Département pour des travaux complets et autant pour sortir de terre un gymnase, cette fois à la charge de la ville de Laval. Soit l’équivalent financièrement de ce que coûterait la construction d’un établissement neuf sur un site différent. Ce qui constitue une solution alternative. » Non-fermeture donc et construction d’un nouvel établissement neuf. « Solution alternative »

Tout le monde y gagne. Pour ce parent d’élève « cette décision de sauver momentanément le collège, c’est la solution qu’on préconisait depuis longtemps, quand on rencontrait le président du conseil départemental, c’est ce qu’on lui disait (…) Il n’y a pas de perdant, pas de gagnant. Et en plus cela évite aux concitoyens de s’éloigner des politiques  ». Bref tout le monde semble gagner, y compris le préfet de la Mayenne qui n’aura pas à trancher dans un sens ou dans l’autre ; la solution du mieux, du positif est toujours facilement acceptable.

Pour Yves Raymond le secrétaire départemental du Snu-IPP, « Olivier Richefou n’avait plus les moyens politiques de fermer ce collège ». Toute cette agitation pour en arriver à une « volte face », analyse pour sa part le député de la Mayenne Guillaume Garot : « La mobilisation des parents, des enseignants, et de quelques élus locaux aura porté ses fruits. (…) le Président du conseil départemental vire de position et annonce la construction d’un établissement neuf. C’est une heureuse volte-face pour une issue positive !  » L’ancien maire PS de Laval estime aussi que « des leçons devront néanmoins être tirées de cet épisode : il n’est plus possible de gouverner une collectivité à coup d’annonces brutales, qui ne génèrent que tensions et inquiétudes. Souhaitons désormais que le dialogue et la concertation précèdent les décisions. Pas l’inverse. »

Quant au maire actuel François Zocchetto, il salue « cette bonne nouvelle de maintenir un collège en centre-ville, ce qui a du sens et de l’intérêt ». L’ex-sénateur UDI y voit aussi un « signe fort pour les familles lavalloises, (...) et d’accompagnement du projet de développement du quartier de la gare (…) «  Le maire a décidé pour soutenir cette réalisation de faire la proposition de céder au Département les locaux de l’ancienne école Val de Bootz  », écrit-il dans un communiqué sur Twitter.

Re-sectorisation lourde et compliquée Une solution alternative a donc été trouvée comme on pouvait s’y attendre. « Michel Hervé ne semblait pas plaider pour une re-sectorisation lourde, trop compliquée à mettre en œuvre » rappelle cet enseignant. Une décision qui permet au président du département de « sortir la tête haute » dit cet autre. D’autant que les maires de Laval, Argentré et la Chapelle-Anthenaise s’étaient clairement déterminés pour la non-fermeture, en osant aller à l’encontre de ce qu’avait préconisé en avril 2016 Olivier Richefou : une volonté de rayer d’un trait de plume un collège et pas n’importe lequel, ce qui avait provoqué une bronca, un tollé.

L’année d’avant cette annonce, Olivier Richefou déclarait lors du Conseil d’administration du collège Fernand Puech de 2015 : «  La concrétisation de l’engagement du Conseil départemental à l’occasion de la rénovation de deux tiers des salles d’enseignement général est un signal fort en direction des familles et des personnels de l’établissement. Il les sécurise quant à la pérennité de l’établissement sous condition d’un effectif suffisant ».

« Effectif suffisant », deux mots qui sonnaient à l’époque comme une alerte de non-maintien de l’établissement. Car c’est l’arithmétique qui allait faire infléchir le Président pour annoncer finalement une fermeture qui reposait sur « une démarche comptable ». Sans voir le développement futur de la ville par le quartier de la gare et de la démographie scolaire qui va inévitablement être en lien à la construction de la Zac Laval Grande Vitesse autour de l’arrivée de la LGV.

« Excuses sincères » Au moment du moratoire décidé et annoncé par Olivier Richefou et la mise en place d’un comité de pilotage, une lettre dans laquelle le président du Département tient à dire que sa démarche de fermeture n’avait pas été comprise. Il y présente aussi ses excuses, ce qui est tout à son honneur.

Michel Hervé déclarait entre les lignes au glob-journal dans cet entretien exclusif qu’il nous avait accordé qu’il travaillait à trouver « une solution intermédiaire entre les extrêmes  ». Et il ajoutait : « Il faut que le principe de réalité comme vous le dites s’applique, en envisageant les choses sur un angle nouveau. Tout le monde a à y gagner. Nous sommes des gens raisonnables, qui avons le sens de l’intérêt général, nous l’avons montré, et il faut que l’opinion publique mayennaise en ait conscience. » 

Voilà qui est fait. Le collège ne fermera pas. Mieux un autre sortira de terre, du moins est-il en prévision. Dans le « quartier de la gare un quartier en pleine mutation qui attend des centaines de constructions de logements dans les années à venir  », écrivent les opposants à la fermeture au Préfet de la Mayenne dans une « synthèse » pour qu’il puisse se faire une idée. Ce dynamisme ne peut se faire sans un service public d’éducation de proximité et de qualité. » ajoutent-ils.

Michel Hervé ancien principal a majoritairement plaidé pour la fermeture selon les témoignages d’après Copil. Pourtant il a souhaité dire à la toute fin de la dernière réunion du comité de pilotage qu’il voterait pour le maintien du collège.

Pour lui, avait-il dit dans une réunion antérieure, « l’avenir du collège Fernand Puech est peut-être à travers un autre projet pédagogique plus spécifique pour cet établissement. Si le collège était maintenu, il faudrait peut-être l’ouvrir à un autre public que celui du centre-ville, plus aisé, pour y envoyer des enfants de familles défavorisées. ». C’est sans doute ce qui devrait se faire dans sept ans quand le nouveau Fernand Puech - du nom de ce résistant, une figure en Mayenne - sera opérationnel. Mais d’ici là de l’eau aura bien évidemment coulé sous les ponts de Laval.


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Maintenir le collège en centre-ville avait donc du « sens » et de l’« intérêt » !

Publié le: 28 novembre 2017
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