| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

« Un plan contre les déserts médicaux qui risque de ne rien changer » estime Maxime Lebigot. Dévoilé il y a à peine une semaine par le premier ministre, et la ministre de la santé, pour lutter contre les déserts médicaux, « ces mesures, pour Maxime Lebigot, se situent totalement dans la continuité de celles prises par les précédents gouvernements qui n’ont n’ont pas permis de réduire l’augmentation des déserts médicaux particulièrement en Mayenne ». Président de l’Association des Citoyens Contre les Déserts Médicaux (ACCDM), Maxime Lebigot est à la tête de cette association mayennaise qui depuis un an se mobilise sur ce sujet.

- Par Maxime Lebigot

Le plan dévoilé vendredi 13 octobre par le premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre de la santé, Agnès Buzyn, pour lutter contre les déserts médicaux, était attendu particulière en Mayenne. Chacun, directement ou par un proche, connaît la situation : des milliers de patients sans médecins traitants, des usagers obligés d’attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous de spécialistes et/ou contraints de se déplacer loin pour y accéder.

La continuité de mesures qui n’ont pas démontré leur efficacité

Ce qui frappe le plus dans ce plan, c’est la continuité avec ceux pris par les précédents gouvernements et qui n’ont pas permis de réduire l’augmentation régulière des déserts médicaux particulièrement dans notre département.

La mesure budgétaire la plus coûteuse est le financement du doublement du nombre de maisons de santé pluridisciplinaire. Ces maisons permettent une condition d’exercice de la médecine plus collective et plus adaptée, c’est donc positif. Mais, malheureusement, elles ne garantissent en rien que des médecins y seront présents !

En Mayenne, comme ailleurs, il existe déjà des maisons de santé sans médecins ou avec un nombre de médecins trop restreints. Avant de multiplier encore les constructions, avec de l’argent public, il aurait été indispensable de faire le bilan de l’existant et de sa cohérence territoriale.

Pour l’Association des Citoyens Contre les Déserts Médicaux (ACCDM), il est nécessaire d’obtenir une meilleure répartition des médecins, généralistes et spécialistes, sur l’ensemble du territoire.

Télémédecine : pour qui ?

Les primes à l’installation existent pour les zones sous-dotées, mais leur efficacité est très limitée. Les inégalités de densité médicale continuent d’augmenter significativement, par exemple dans la Région entre la Loire Atlantique attractive et la Mayenne en voie de désertification. Les modalités de cette régulation dans l’installation, depuis longtemps mise en place pour les pharmaciens par exemple, sont certes à négocier entre les pouvoirs publics et les professionnels, mais elle doit impérativement se mettre en place. Or, rien, pas un mot dans ce plan gouvernemental. C’est incompréhensible et démontre un manque de courage.

Jusque-là très limité, l’usage de la télémédecine, consultations et expertises à distance, pourrait se développer. C’est la mesure un peu novatrice du plan. Tant mieux si cela est le cas, mais l’ACCDM reste dubitative. Le gouvernement cible en effet cette pratique ambitieuse pour les personnes en EPHAD, des personnes âgées souvent rétives aux nouvelles technologies. Il nous semble qu’une expérimentation plus large sur quelques territoires délimités, peu denses médicalement, aurait été plus adaptée et aurait permis de mieux faire évoluer ce dispositif dans les années à venir. Pour la Mayenne, en coordination avec la filière de la réalité virtuelle, cela aurait été aussi un moyen attractif d’attirer de jeunes praticiens.

Rien sur le numérus clausus !

La remise à plat du numerus clausus , c’est à dire le contingentement des places à l’issue de la première année commune aux études de santé, ne figure pas dans ce plan. C’est pourtant une mesure de bon sens, avec la moyenne d’âge élevée des médecins actuels, et elle était d’ailleurs promise pendant la campagne présidentielle par le candidat Macron. Certes, l’augmentation du numerus clausus n’a pas d’effet concret immédiat pour les patients, mais ce signal en faveur du développement du nombre de professionnels de santé aurait été un engagement clair pour l’avenir.

Ainsi, globalement, ce nouveau plan contre les déserts médicaux est décevant. Il risque de ne rien changer aux situations difficiles que de trop nombreux patients vivent. L’association continuera son action afin que l’accès aux soins redevienne un droit pour tous. Nous rejoindre, c’est être plus nombreux et plus forts pour obtenir des solutions concrètes.

L’ACCDM organise d’ailleurs une réunion publique* le samedi 28 octobre sur ce thème : Un médecin pour tous. Comment ? Quelles solutions ?. Plusieurs témoignages de patients introduiront les problèmes rencontrés, et plusieurs élus et responsables professionnels interviendront comme François Zocchetto, le maire de Laval, partenaire du service médical de proximité (avec des médecins retraités) à destination des patients sans médecin traitant, mais aussi Christian Briand, conseiller départemental à l’initiative du centre municipal de santé de l’Huisserie avec des médecins salariés. Pierre-Maxime Rafaud, jeune médecin urgentiste au centre hospitalier de Laval et Éric Jouan, médecin généraliste à Montsurs prendront également la parole.

*Gratuite, et ouverte à tous - à partir de 15h, salle du tertre, à Laval (rue Bernard de Clairvaux)


Réagir

Maxime Lebigot : « Déserts médicaux, un plan décevant et sans courage »

Publié le: 18 octobre 2017
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-société
Médecine Santé 53 DésertMédical
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
A lire également sur votre Journal en ligne
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Nous contacter : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2018 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS