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C’est drôle, on commémore les 20 ans de la disparition le 8 janvier 1996 de François Mitterrand. C’est lui qui incarnera l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. François Mitterrand « le sphinx », homme complexe, bête politique, parfois trouble en raison de ces "amitiés douteuses" et de ses accointances particulières. L’homme avait des convictions, de la culture, la carrure d’un homme d’État. C’est par la force tranquille de la ténacité et de la persévérance qu’il est arrivé à mettre ses idées socialistes en musique. Comme cela parait loin !

- Par Thomas H.

Avec l'aimable autorisation de PlantuComment mieux percevoir cet évènement, et ce que cela allait engendrer cette arrivée de la gauche au pouvoir qu’en se référent peut-être à un grand journal qui salua le changement. Dès le 11 mai 81. Le changement, mot emblématique sans doute d’une envie d’aller de l’avant. De progresser, de ne plus faire du surplace. 35 ans plus tard, retour sur la vie, l’œuvre et ce changement, qui était devant.

« J’ai sous les yeux un journal daté du 11 mai. Un titre le barre : Le parti socialiste revendique la direction du gouvernement. Il tire les conséquences de la victoire électorale que vient de remporter la gauche. Ce journal est jaune et poussiéreux, car si le jour est bien le lundi 11 mai, l’année est 1936. Cet exemplaire est tombé sous ma main hier, dans un carton où je garde quelques souvenirs précieux. J’y ai vu un signe. Ce que j’attendais depuis quarante ans est arrivé. Comme dans le film de René Char, « C’est arrivé demain ». »

C’était signé : René Escarpit, un de ces billets dont il avait le secret. Publié dans sa célèbre chronique Au jour le Jour dans le quotidien du soir Le Monde daté du 11 mai 1981. Et Plantu qui “sévissait” déjà dans le journal avec bonheur rapportait sous la forme d’un simple dessin, ce qu’une partie du peuple français redoutait. (cf : ci-contre)

Voila pour le petit "encadré" en page une. Sinon le quotidien du soir développait aussi en Une toute une série d’articles avec des titres comme : Un nouveau style ou bien Le besoin de changement ou encore Le succès et l’avenir. Jacques Fauvet le Directeur du quotidien écrivait dans Le succès et l’avenir que jusque-là « [...] l’arbitraire sinon le bon plaisir a trop souvent régné, des carrières ont été brisées sans raison, d’autres ont été précipitées sans que l’intérêt public y ait toujours trouvé son compte [...] »

Et d’ajouter à la fin de son papier à l’égard du président sortant Valéry Giscard d’Estaing et de son successeur comme une supplique : « le pays ne veut plus ni de l’arbitraire, ni de l’arrogance ».

François Mitterrand était élu et incarnait alors ce que certains et finalement la très grosse majorité de la presse allait appelé comme pour se consoler “l’alternance”, plutôt que le changement ! Allait-il tenir ces engagements ce nouveau président de gauche ?

Le 10 mai 1981, c’est en tout cas plus encore que l’arrivée d’un homme et d’une équipe de “quadras” ! C’est la France qui entre dans « l’ère du renouveau ». Avec François Mitterrand l’opposant historique à la Ve République, celui qui avait écrit Le coup d’État permanent et qui sut finalement si bien se servir de la Ve République sans la modifier, ce fut un locataire à l’Élysée pendant 14 ans. Le roi, réélu une deuxième fois en 1988, allait se ré-installe tel un monarque en son château.

Dès son élection, au début de son premier mandat, il « entre » parmi les grandes figures de la Nation. Il passera par le Panthéon, une rose à la main. Grâce à des dizaines de caméras disséminées tout au long de son parcours on le voit marcher et fleurir trois tombeaux, et pas n’importe lesquels, ceux de Moulin, de Jaurès et de Victor Schoelcher.

Dès les premières années, même si la réal-politique économique reprend ses droit, la peine de mort allait être abolie et des réformes - contrairement à celles imposées, après la séquence Mitterrand par la droite au pouvoir - sont mises en œuvre pour permettre aux Français de mieux vivre.

L’avenir n’était pas aussi brouillé dans le monde du travail ! Ce qu’on allait appeler par la suite des « acquis sociaux » - que certains aujourd’hui aimeraient bien éteindre - allait être mis en œuvre. Ce furent des jours de vacances supplémentaires, la semaine de 39 heures puis celle des 35, et une meilleure représentation des forces du travail face à celles détenant le pouvoir et la décision dans l’entreprise.

Avec les CHSCT, des comités sont crées pour s’occuper de l’hygiène, de la sécurité et des conditions de travail, regroupés dans une même entité ou le droit de retrait du salarié en cas de situation de danger grave et imminent est possible.

L’Europe et la réconciliation franco-allemande est à son crédit. Mais aussi la liberté d’expression audiovisuelle, la création de l’impôt sur les grandes fortunes, la retraite à 60 ans, l’égalité salariale entre hommes et femmes dans les entreprises, même si le plus dur reste encore à faire. L’homosexualité n’est plus un délit, tandis que le délit d’entrave à l’avortement est mis en place, etc. Bref, des réformes menées par la Gauche dont la très grosse majorité des Français ne saurait avoir le quart de l’envie qu’on reviennent dessus actuellement.

Certaines réformes qui paraissaient essentielles sont pourtant restées “lettre morte” ; pointées dans les "110 propositions de François Mitterrand", l’intéressé n’a pas pu ou n’a pas voulu les réaliser. On doit au débit de Mitterrand, soucieux d’un traitement audiovisuel égalitaire l’émergence d’un parti d’extrême-droite invité à l’Heure de vérité à une heure de grande écoute et qui depuis s’est développé comme une trainée de poudre. « C’est moche, la politique » devait déclaré Mitterrand après le suicide de son ex-Premier ministre Pierre Bérégovoy en 1993, qui avait laissé sa place a Matignon à Édouard Balladur.

Et 35 ans plus tard, qu’en est-il de la gauche dite réformiste, et progressiste ? Où est l’esprit des grandes réformes de gauche ? Celles de 1936 et 1981 ? Le changement invoqué et resservi comme un leit-motiv n’a pas été perçu. Actuellement la gauche au pouvoir se débat dans un monde où le terrorisme est prégnant. Beaucoup plus que pendant les années Mitterrand. Le monde aussi est de plus en plus numérisé avec ses conséquences sur l’employabilité.

Si elle a fait la "mariage pour tous", la gauche hollandaise a aussi repoussé l’âge de départ à la retraite sauf pour ceux qui ont commencer à travailler avant 20 ans. Elle souhaite à présent et c’est symptomatique réformer le Code du travail pour "libérer les verrous économiques". Et finalement faire plaisir à qui ?

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Publié le: 8 janvier 2016
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