Non! Voter n’est pas nul!

Voter c’est « nul » ! Voter pour un parti, c’est « blanc bonnet et bonnet blanc » ! On entend souvent ce genre de réflexions qui n’en sont pas vraiment. « Nul », « blanc », ou bien « utile » en tout cas, il faut voter ! Car s’abstenir, c’est donner un blanc seing à ceux qui deviendront majoritaires et que vous n’aurez pas choisis, par voie de conséquence !

Par Thomas H.


Et pour le coup ce n’est pas vraiment utile et c’est même très nul !  Quand on vous dit qu’il est utile de voter, faut nous croire ! En France, il y a environ 44,5 millions de personnes qui sont inscrites sur les listes électorales. Combien voteront dimanche pour le premier tour ? c’est aussi une des clefs de ce scrutin.

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Au premier tour, il est utile de voter, car c’est faire une sélection. C’est se grandir en faisant un choix. Mais il faut aussi voter au second!

Lors du scrutin de 2007 en Mayenne, comme l’indiquaient les sondages le futur 23ème président de la République française, a bénéficié du plus grand nombre de voix au 1er tour de l’élection avec 32.12 %, devançant le second candidat à savoir l’élu des Pyrénées-Atlantiques, François BAYROU,avec 23.59 % des voix.

Ségolène ROYAL est arrivée en troisième position avec 22.63 % des votes. Le taux de participation a été très important avec un chiffre remarquable : 87.33 % ce qui est supérieur à la moyenne nationale.Les votants au niveau national se sont moins déplacés lors du 2ème tour de la présidentielle et Nicolas SARKOZY a largement gagné avec 55.45 % des votes contre tout juste 44.55 % pour Ségolène ROYAL. Voilà pour ce petit rappel historique de 2007 en Mayenne.

Abstention, piège à…

Deux mots apposé sur une poubelle et tout semble dit… Photo (c) leglob-journal

Mais aux coté des inscrits figurent ceux qui auraient pu l’être. Ils sont 10% de non-inscrits en France et ils ne pourront pas par la force des choses participer au scrutin.

Abstentionnistes de fait. Ils ne sont pas sur les listes. Il y a ceux qui pourraient émarger, qui ont une carte d’électeurs, qui sont bien inscrits, mais qui ne font pas l’effort de se rendre dans les bureaux de votes. La fameuse métaphore de la pêche à la ligne. Votre vote est « nul » si vous mettez par exemple deux bulletins dans la même enveloppe sans le vouloir. Ca peut arriver, c’est la faute « à pas de chance ».

Si vous écrivez sur le bulletin, attention ! Laissez de coté votre tentation d’écrivain, même cas de figure, votre vote est systématiquement invalidé. Pourquoi sont-ils considérés comme « nuls » ? Pour éviter l’identification et/ou la corruption ou bien la pression exercée sur l’électeur. Il ne faut pas mettre un bulletin dans l’urne avec la main qui tremble !

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Le vote blanc. C’est plus une façon de faire. Il y a du volontaire dans le vote blanc. Il s’agit d’une attitude volontariste.

C’est tellement vrai qu’il faut le fabriquer soi-même ce bulletin vierge. Découper la feuille, ne pas y apposer de nom de candidat. Il doit être « blanc comme neige ».

Sans rien, pas un signe comme pour signifier que rien mais alors rien ne vous convient dans le panel des candidats proposé.

« Il faut reconnaitre le vote blanc ! » entendons-nous souvent de nos jours et notamment à proximité d’élections importantes. C’est vrai que ce vote « blanc » dit quelque chose. Il parle. Il est facilement évocateur d’une envie d’expression démocratique.

Un électeur sur trois se dit souvent hostile à la politique et un sur cinq ne se reconnait pas dans les candidats. Est-ce que le vote « blanc » est fait pour eux ? Et le vote « blanc » ne pourrait-il pas faire baisser le vote dit « protestataire » que continue à incarner le Front national ?

Un vote suggéré?

En Europe, la Suisse, l’Espagne et la Suède reconnaissent le vote blanc mais uniquement dans les référendums, pas dans les élections nationales. Une avancée partielle ?

En 2007 lors du dernier scrutin présidentiel, 83 communes avaient installé des machines à voter mais sans donner la possibilité aux électeurs d’appuyer sur le bouton de vote blanc, pour la bonne et simple raison que le bonton n’existait pas. A l’inverse beaucoup d’électeurs le choisissent quand il est reconnu. Quand le bouton vote blanc est clairement identifié ça fonctionne. C’est l’histoire de l’adéquation de l’offre à la demande ? Ou bien c’est l’offre qui crée la demande ?

Mais le hic, le revers de la médaille, c’est que cela ne facilite pas son interprétation puisqu’en fin de comptes, il n’est pas officiellement reconnus.

 

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