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En Mayenne, des opposants qui gagnent, une sénatrice et un député qui perdent.

Le collectif mayennais contre NDdL : « Une décision de bon sens »

Réunis au Square de Boston à Laval, en fin d’après midi après l’annonce du Premier ministre pour fêter une « victoire », les membres du collectif estiment que c’est la persévérance ajoutée à la « résistance » qui a prévalue dans ce dossier. Pour eux, il y aura « un avant et un après Notre-Dame-des-Landes » devenu un « symbole ».

Le collectif mayennais salue la décision de l’État d’abandonner le projet d’aéroport. Cette décision confirme ce que nous défendons depuis plusieurs années : le réaménagement de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique est une alternative sérieuse et crédible, moins émettrice en de gaz à effet de serre, moins coûteuse pour les finances publiques.

La décision de l’État d’optimiser l’aéroport de Nantes-Atlantique a fini par s’imposer grâce au rapport des médiateurs. Cette alternative n’avait jamais vraiment été étudiée auparavant ! Pourtant, cela avait été demandé régulièrement par les opposants. Et le constat est sans appel : un nouvel aéroport serait plus coûteux pour les finances publiques, et totalement en contradiction avec l’objectif de réduire le dérèglement climatique.

« Un avant et un après NDdL »

À l’heure de la mobilisation pour le climat et du besoin d’améliorer les transports collectifs du quotidien, l’abandon du projet à Notre-Dame-des-Landes était une évidence, c’était devenu un symbole pour notre collectif.

Il doit y avoir un avant et un après Notre Dame des Landes. La seule certitude de quelques élus ne peut plus suffire à justifier la construction de telles infrastructures. L’étude d’alternatives pour optimiser l’existant et la prise en compte des grand enjeux : climat, biodiversité, sauvegarde des terres agricoles, doivent devenir prioritaires dans les prises de décision. Et les citoyens doivent pouvoir dire leur mot.

Nous sommes sereins sur une issue pacifique de l’avenir de la ZAD, si aucune intervention policière n’est programmée. Son avenir est avant tout paysan et maraîcher. Un consensus se dessine déjà autour d’une utilisation collective des terres et du maintien d’habitants porteurs de projets et d’initiatives.

« L’expérience du Larzac »

La ZAD est avant tout composée de jeunes porteurs d’alternatives et de paysans installés depuis plusieurs générations. La liberté de circulation doit y être rétablie une fois le projet abandonné. C’est normal et personne ne le conteste.

L’expérience du Larzac doit inspirer le gouvernement pour trouver une issue pacifié et fédératrice autour de l’agriculture durable et de la biodiversité. C’est une solution qui permettra de mobiliser les acteurs locaux tout en évitant une évacuation violente de la ZAD.

Il existe des solutions pour les habitants exposées au bruit aux alentours de l’aéroport actuel mais non prises en compte jusqu’alors : isolation des constructions, murs anti-bruits, limitation des vols de nuit ou encore rachat des maisons les plus exposées.

Grâce au travail des médiateurs, il est désormais prouvé que le maintien de l’aéroport n’a pas de conséquences sur la réserve ornithologique du lac de Grand Lieu. Au contraire, il la protège en interdisant toute construction à proximité de Nantes-Atlantique.

« Résistance »

A propos du secteur aérien, nous demandons que le gouvernement prenne rapidement des mesures d’équité permettant de réduire l’augmentation non soutenable de ce type de déplacement. Un seul exemple : le kérosène est le seul carburant d’origine fossile dont la consommation ne supporte aucune taxe : pas de TVA, ni de taxe intérieure sur consommation des produits énergétiques. Cela ne peut plus durer !

Si l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes n’est pas construit, c’est grâce à une résistance qui ne s’est jamais essoufflée réunissant des personnes d’horizons très divers : écologistes, citoyens, paysans, collectifs et associations, habitants du territoire… Une mobilisation forte et argumentée finit par gagner.

Élisabeth Doineau, UDI : « une atteinte à la démocratie »

La sénatrice de la Mayenne écrit que le crédit des acteurs locaux est écorné, ainsi que « la démocratie » qui n’est pas respectée. « Incompréhension » et « abandon » sont les mots qu’elle emploie.

Mon premier sentiment à l’annonce de ce renoncement est la déception. Si, comme le dit le premier ministre « les conditions ne sont pas réunies », il faut rappeler que toutes les grandes collectivités du Grand Ouest étaient en revanche unies et défendaient ce projet structurant pour l’avenir de leur territoire. Dès lors, quel crédit est-il donné aux acteurs locaux ?

Mon second sentiment est l’incompréhension car la consultation populaire n’est pas respectée. Après l’exaspération ressentie par les habitants de l’Ouest sur un dossier qui n’a que trop duré, je comprends aujourd’hui que cet abandon soit vécu comme une atteinte à la démocratie. 

Guillaume Garot PS : « Personne ne peut aujourd’hui se réjouir »

Pour le député Nouvelle Gauche de la Mayenne, c’est apparemment une décision triste qui a été prise en raison d’une « volte-face » du Président de la République qui doit appeler maintenant une réponse claire pour offrir au départ de Nantes et Rennes « une offre aéroportuaire » attendue par tous.

La volte-face d’Emmanuel Macron sur le projet Notre-Dame-des-Landes était attendue. Ce n’est pas une surprise. Personne ne peut aujourd’hui se réjouir de cette décision.

Ce projet, porté depuis des années, avait certes suscité des oppositions fortes et une occupation illégale du site. Mais il avait reçu le soutien des citoyens de Loire-Atlantique consultés par référendum, celui des élus et des forces économiques.

« Apaiser les esprits »

Désormais, la priorité est de construire sans tarder une offre aéroportuaire du Grand Ouest, à partir des sites existants à Nantes et à Rennes, capable de soutenir l’économie régionale, bénéfique aux Ligériens, aux Bretons et aux Mayennais en particulier.

Il est de la responsabilité du gouvernement d’apaiser les esprits et de proposer une ambition pour le développement économique, à la mesure de l’énergie déployée par tous ceux qui s’étaient investis dans le projet Notre-Dame-des-Landes.

Ces trois points de vue reçus dans la messagerie du journal sont publiés in extenso, sans modification ; seuls les titres et sous-titres et phrase en caractère gras ont été rajoutés par leglob-journal


2 commentaires
  • A travers ce dossier, c’est tout le schéma décisionnel qui est devenu obsolète. Il démontre que la méthode d’« informer » le public et de le « consulter » qui intervient presque toujours après que les décisions ont été prises est révolue.

    Il devient temps de réfléchir à de nouvelles formes de fonctionnement de la démocratie comme les conférences de citoyens pratiquées dans les pays du nord de l’Europe.

    Selon une enquête du Figaro, 76 % des français approuvent la décision du gouvernement. Voir : http://www.lefigaro.fr/politique/20...

    Répondre

  • Personne ne revient sur la date initiale du projet (1963) ni sur la procédure d’enquête publique avec sa centaine de recours rejetée et la façon dont a été "gérée" l’installation depuis 10 ans de zadistes. L’état de droit n’en sort pas grandi.

    Répondre

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Notre-Dame-des-Landes abandonné : trois points de vue qui divergent

Publié le: 17 janvier 2018
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