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Jusqu’alors l’un des quatre vice-présidents de la Maison de l’Europe en Mayenne (MEM), Michel Ferron, vient d’être élu Président de cette association, lors du Conseil d’administra- tion qui a suivi l’Assemblée générale du 5 avril dernier. L’ancien conseiller général succède à Patrick Moussay, Président depuis 2012, et qui ne se représentait pas. Avec le recul nécessaire à toute élection, le voici sur leglob-journal écrivant son « Moi, Président !! ». Michel Ferron, président de la Maison de l’Europe en Mayenne entend notamment conforter la mission de vigilance de l’association pour continuer à promouvoir l’idéal européen sur le territoire mayennais.

- Par Michel Ferron*

Membre de la Fédération française des Maisons de l’Europe (une quarantaine en France), la Maison de l’Europe en Mayenne (MEM) a pour vocation d’être l’ambassadrice de l’Union Européenne auprès du département, en lien avec les parlementaires qui siègent à Strasbourg et à Bruxelles.

La MEM, c’est quoi ?

C’est une association de composition pluraliste, réunissant diverses sensibilités autour d’une cause unitaire et rassembleuse, dont l’évidente dimension politique (au sens large et noble du terme) reste éloignée de toute approche partisane.

Structurée autour d’un Conseil d’administration d’une trentaine de membres et d’une équipe de quatre salariées, elle propose, au travers d’un calendrier désormais bien ancré dans l’esprit des Mayennais, diverses activités susceptibles de faire connaître les principaux enjeux de la construction européenne : animation de manifestations événementielles (Noël en Europe, Fête annuelle de l’Europe, Europa Festival, etc.), actions de sensibilisation auprès des publics scolaires, information sur les dispositifs d’aide à la mobilité des jeunes, organisation de cours de langues, programmation de cycles de conférences avec participation d’experts et d’élus européens, etc.

La MEM est aussi très impliquée dans la vie des collectivités locales (communes et intercommunalités) dont elle soutient certains projets en liaison avec la Région et elle participe au développement des nombreux jumelages existant dans le département.

Un espace local permettant de lutter contre l’euroscepticisme et et de réactiver l’idéal européen

Dans un contexte de doute et de remise en question croissants de la légitimité de la construction européenne, la MEM se veut, au niveau de la Mayenne, porteuse d’une parole délibérément volontariste, permettant de réactualiser la volonté de fédéralisation affirmée par les pères fondateurs de l’Union, désormais réduite à une simple juxtaposition d’égoïsmes nationaux.

En effet, au-delà des seules considérations économiques qui ont présidé à sa naissance dans l’après-guerre 39-45, nous avons aujourd’hui encore plus besoin d’Europe pour faire face aux défis actuels de la mondialisation : préservation de l’environnement, lutte contre le terrorisme et sauvegarde de la paix internationale, régulation des flux migratoires …

La question européenne dans la campagne des élections présidentielles

Lors des élections nationales des 23 avril et 7 mai prochains, les citoyens se détermineront essentiellement sur des enjeux de politique hexagonale, à côté desquels les propositions pour l’avenir de l’Europe restent des préoccupations bien marginales.

Entre les candidats qui optent pour une nécessaire rénovation de l’Union Européenne et ceux qui prônent un séparatisme fracassant et irresponsable, le choix final des électeurs ne sera pas nécessairement le reflet d’un clivage décisif dans ce domaine.

Par conséquent, la désaffection habituelle que l’on constate lors de chacun des scrutins européens se répétera dans la démotivation du corps électoral sur ces questions.

Les leçons du Brexit

Pourtant, à ceux qui seraient tentés par l’aventure d’un « Frexit » populiste et démagogique, hystériquement réclamé par des gens qui justifient avec cynisme le détournement de l’argent public du Parlement européen, on peut conseiller d’observer l’affligeante et pathétique comédie du Brexit, fruit d’une incroyable manipulation par la classe politique anglaise.

Ainsi que le démontre l’intéressante chronique d’Alain Frachon (Le Monde du 07.04.17), intitulée La lettre d’amour de Theresa May, (activant l’article 50 du traité de Lisbonne qui enclenche la procédure par laquelle un pays se sépare de l’UE), le peuple britannique, ayant enfanté les œuvres de Lewis Carroll et de George Orwell, nage en pleine période de nonsense.

Lire aussi : Par Michel Ferron - Euro, UE : sorties de tous les terrains pour l’Angleterre 

Une Première ministre, initialement peu favorable au Brexit (placée dans la même posture de revirement que Boris Johnson et David Cameron, ayant tourné casaque pour de basses raisons de leadership sur le plan de la politique intérieure) en est réduite à négocier des arrangements pour atténuer les conséquences d’un départ qui pourrait nuire au rayonnement international du Royaume-Uni.

« En gros, la première ministre conservatrice explique : on va quitter la maison commune, c’est vrai. Mais on aimerait bien rester dans le jardin. Pourquoi ? Parce que cette maison, l’Union Européenne, dit Mme May, elle est magnifique. Et parce que dans le monde d’aujourd’hui, il faut absolument qu’elle tienne le coup … » (op. cit. p.20).

Il est vrai que par la même occasion, Mme May se doit de régler l’encombrante question d’un referendum supplémentaire sur l’indépendance de l’Ecosse … By Jove ! n’aurait pas manqué de s’exclamer le Professeur Mortimer …

Un rôle de vigie pour éclairer les Mayennais

Au total, nous sommes en présence d’une inextricable et ahurissante entreprise de mystification, que même les scénarios les plus loufoques des Monty Pythons n’auraient pu concocter !

En conclusion, bien qu’elle ne soit le vecteur d’aucun parti politique, la MEM ne peut rester en dehors de ce débat et cautionner pour la France l’éventualité du même repli suicidaire.

C’est pourquoi, notre association continuera à jouer son rôle de vigie pour éclairer les Mayennais sur les incidences concrètes et positives de l’UE dans leur vie quotidienne. Ce sera l’objet de la Fête de l’Europe qui, autour du 60e anniversaire du Traité de Rome, se tiendra sur le territoire des Coëvrons, du 9 au 13 mai prochains.

La Maison de l’Europe en Mayenne, co-organisatrice des festivités avec les élus locaux, invite les habitants à participer nombreux aux différents rassemblements populaires qui seront proposés.

*Président nouvellement élu de la Maison de l’Europe en Mayenne


4 commentaires
  • Ce n’est pas sans raison que les peuples rejettent le projet européen lorsqu’ils sont consultés. Deux attitudes sont possibles face à cette situation :
    - Soit s’enfermer dans le délit de réalité comme a choisit de le faire la majorité de la classe politique et médiatique, ce qui est le meilleur moyen d’amener de l’eau au moulin de l’extrême droite.
    - Soit s’interroger sur les raisons, ce qui est déjà un début de solution.

    L’histoire démontre que tout ce qui s’est bâtit contre la volonté des peuples s’est effondré et parfois mal terminé. A chacun d’assumer ses responsabilités.

    On ne compte plus les ouvrages qui font l’état de l’impasse de L’Union Européenne. Celui de Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque mondiale et prix Nobel d’économie : Comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, est à recommander à la lecture. Voir : http://www.editionslesliensquiliber...

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  • L’article de Michel Ferron illustre parfaitement le décalage entre les élites où ceux qui s’en considèrent et la population dont le vote est devenu sans valeur à leurs yeux. Ils ont érigés la question européenne en croyance religieuse, au point qu’il est devenu un blasphème de s’interroger sur l’Union Européenne. Ceux qui essaient de faire vivre le débat sont systématiquement affublés de populistes, nationalistes, ringards… Bref, le débat sur l’Europe est cantonné au binôme : ouverture – repli sur soi. Ce décalage démocratique nous explose à la figure à chaque référendum qui se déroule autour des propositions qui émanent de l’Union Européenne ou de l’appartenance à l’une de ses instances.

    Les inconditionnels de l’Union Européenne n’ont pas compris ou ne veulent pas comprendre qu’en Grande-Bretagne, berceau du parlementarisme, le verdict des urnes est respecté, contrairement au passage par pertes et profits du référendum du 29 mai 2005 dans notre pays.

    Que ceux pour qui le suffrage des citoyens est devenu sans valeur assument clairement leur position : qu’ils demandent l’abrogation du suffrage universel pour le remplacer par un suffrage censitaire réservé seulement aux élites, diplômés, gens cultivés,… Ainsi, ils seront sûrs que le résultat des élections ira dans leur sens souhaité.

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    • Monsieur MARTEAU, re-bonjour Soit. Mais puisque vous semblez obstinément réduire le pb de la légitimité de la construction européenne au strict respect des consultations populaires organisées sur ce sujet, je brûle de vous demander si vous faites la même analyse des résultats du "référendum", qui fut proposé l’an dernier sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. ?... Qu’il soit bien clair, SVP, une fois pour toutes, que ceux qui défendent le bien-fondé de l’idéal européen ne sont pas moins démocrates que les intégristes de la cause adverse. "Non, le peuple n’a pas toujours raison", s’exclamait courageusement, il y a qqes mois, Dany Cohn-Bendit sur une radio nationale, variante de la formule provocatrice et politiquement incorrecte de l’écrivain est-allemand Bertolt Brecht : "Après certaines élections, il faudrait dissoudre le peuple" !! Par ailleurs, si la mention des ouvrages de l’économiste Joseph Stiglitz est bienvenue, faut-il la prendre à son tour comme une référence "élitiste", inspirée par la caste d’un "système" de pensée, celui de ceux qui "savent" et qui s’entêtent à réduire la question de l’Europe à la seule dimension économique ?

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    • Henri Marteau, bonjour ! Bien pris connaissance avec intérêt de votre réaction à ma (nouvelle) tribune libre sur l’Europe. Indépendamment de ce qui nous sépare (légitimement) tous les deux sur le fond de la question européenne, je constate avec tristesse que vous cédez à votre tour à cette crispation anti-élite et anti-système qui inspire tous les courants populistes, puisque d’emblée vous me rangez ds la caste de ceux qui se prétendent être les penseurs éclairés des masses ignorantes. Je n’ai pas trop de leçons à recevoir sur ce terrain, ayant autant que vous des traces de paille ds mes sabots de "paysan" mayennais ! Sur le fond, NON, je ne fais pas de l’adhésion à l’Union Européenne une question de dogme quasi religieux : je ne suis pas un crypto-curé de Bruxelles ou de Strasbourg chargé de mener une croisade jusqu’auboutiste ! Mais je suis au moins d’accord avec vous sur le fait qu’on ne peut assimiler tout euroscepticisme à un réflexe nationaliste. Ds mon texte, je conteste essentiellement la logique absurde du Brexit qui repose sur un vote (en effet réel et respecté), qui n’a été obtenu qu’au terme d’un marché de dupes, auquel a participé l’ensemble de la classe politique anglaise : ne pas le reconnaître, c’est adhérer de facto aux mensonges outranciers et manipulatoires proférés par Nick Farage (leader de l’UKIP, formation cousine du FN) qui les a trimbalés sur ses bus pdt tte la campagne.

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Nouveau président de la MEM, Michel Ferron super vigie de l’action européenne

Publié le: 10 avril 2017
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