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Sous surveillance : l’hôpital de Laval qui a relooké récemment son logo, se cherche un avenir meilleur. D’ailleurs un conseil de surveillance aura lieu ce jeudi 30 juin. Mais en fait comment arrêter l’hémorragie des patients qui préfèrent encore aller se faire soigner dans de grandes métropoles voisines ? Et comment trouver un nouveau souffle pour le centre hospitalier lavallois qui emploie dans son cœur 2071 personnes dont 135 médecins ? Nul doute que ces questions et bien d’autres seront encore à l’ordre du jour de cette réunion au sommet. Il faut dire qu’elle se déroulera au douzième étage de l’hôpital avec une vue imprenable !

- Par Thomas H.

Une belle vue et bien dégagée, en haut du 12 ème étage de l'hôpital...

Quel horizon pour l’hôpital de Laval ? Avec 551 lits hospitaliers, sans parler des 513 en maison de retraite et long séjour, l’hôpital qualifié de « maillon ferme » se porterait mieux. C’est l’avis de François Zocchetto qui en préside justement le conseil de surveillance et qui souligne « une tendance de l’activité qui se poursuit à la hausse cette année, de bons résultats, avec un excédent budgétaire en 2015 de 2 millions d’euros, des efforts de tous les personnels de santé, de nouvelles activités et 6 millions d’investissement pour cette année ». François Zocchetto ajoute : « désormais nos comptes sont certifiés par un commissaire au comptes sans réserves » (...) « Tous cela tend à souligner la qualité de gestion interne  ».

La tendance du « ça va mieux ! » est de rigueur. « Mais à quel prix ? », justement, ont insisté les 150 manifestants de la semaine dernière rassemblés devant l’hôpital : « près de 55 ETP (équivalent temps plein) tout cumulé en emplois soignants ont été supprimé au sein de l’établissement en 2015 ; infirmiers, aides soignants, ASH (agent de services hospitaliers) et médico-techniques sans compter la fermeture de 35 lits et ceux programmés en 2016 (...) » Le calcul de la CGT ne tient pas compte de la pénibilité engendrée par ses « coupes drastiques  » et des « conditions de travail détériorées ».

Si la mariée est plus belle, comme la présente la direction de l’hôpital, il reste un point noir, le « taux de fuite » des patients qui sont 30 % sur l’ensemble de la Mayenne à choisir de se faire aller soigner ailleurs. Pas rien ! Ils préfèrent les CHU, parce que l’image de l’hôpital de Laval n’est pas assez reluisante. « Trop important ! », ce taux de fuite commente le directeur de l’hôpital André-Gwenaël Pors.

lors que se passe-t-il dans la tête des mayennais ? Pourquoi cette préférence en dehors du département ? « Tous cela relève du fantasme, on a peur comme pour le Brexit et cette histoire de “maillon faible” c’est de la com’ négative ; Laval est deux à trois fois plus gros que l’hôpital de Château-Gontier (...) » Pourquoi 3 mayennais sur 10 ne viennent-ils pas s’y faire soigner alors ? - « (…) parce qu’ils se dévalorisent, s’autoflagèlent, contrairement aux castrogontériens qui croient eux en leur établissement (...) » analyse le directeur de l’hôpital qui est en poste à Laval depuis 3 ans.

François Zocchetto enfonce le clou avec un léger sourire. Le « maillon faible  » du député européen est manifestement resté en travers de la gorge de pas mal de monde et de tous ceux qui aiment et défendent Laval. « C’est une vision du passé et un refus de voir que l’hôpital de Laval à évolué, c’est une vision un peu datée dit-il à l’adresse de Jean Arthuis ; on a pas besoin de taper sur les autres pour exister, il y a du travail pour tout le monde ! (…) »

L’attaque virale contre Laval avait en effet été lancée par Jean Arthuis et reprise sur les réseaux sociaux. L’ancien maire de Château-Gontier ne souhaite en fait pas que “son” hôpital – il en a piloté son émergence - puisse être sous la gouvernance de celui de Laval par le biais d’un GHT. Un Groupement Hospitalier Territorial qui rapprochera à terme tous les établissement mayennais. Question de prévalence !

Cela dit, organiser la « rotation des lits », et faire en sorte que l’hôpital puisse accueillir plus de patients – et donc plus de mayennais – c’est l’objectif pour que l’activité puisse progresser explique François Zocchetto. Ainsi le déficit cumulé qui avait été de 13 millions et qui a été réduit à 7,7 pourra encore être résorbé. Avec une démarche comptable comme réflexion, il est certain que « baisser le nombre de lits est une bonne nouvelle » commente le sénateur-maire de Laval. Il est donc encore un peu plus misé sur l’ambulatoire, c’est-à dire le « j’entre à l’hôpital, je suis opéré et je sors dans la journée » ; je ne reste pas ou juste ce qu’il faut. Moi patient, je ne veux pas créer de thrombose dans les services ! C’est l’avenir et l’hôpital va poursuivre ce « virage » selon François Zocchetto.

Après un accouchement « normal », une femme reste sous surveillance à la maternité pendant 3 à 4 jours pas plus explique le directeur. « Le moins d’hospitalisation et plus de traitement en ambulatoire  » est déjà en marche dans l’établissement et les résultats sont là selon les chiffres communiqués : en médecine (+ 19,9%), en rééducation fonctionnelle (+27,4%) et aussi en psychiatrie. « En chirurgie, plus de 56 % des séjours hospitaliers se font désormais en ambulatoire, l’un des meilleur taux de la région  » note avec satisfaction André-Gwenaël Pors .

D’ailleurs, il est question d’inaugurer en septembre au sein de l’hôpital « un hôpital de semaine médico-chirurgicale » qui fonctionne déjà, avec pour les patients, et quand cela est possible, une hospitalisation de moins de 5 jours ; mais l’ambulatoire, c’est aussi avec la Polyclinique du Maine le « service unique de chimiothérapie ambulatoire pour toute la Mayenne ». L’ambulatoire et le feng shui. L’attractivité passe aussi par les locaux surtout quand on s’y sent bien : il est question de travaux de rénovation de services entiers, comme ceux de Rhumatologie-gastro-entérologie, mais aussi de Neurologie et de Cardiologie qui n’avaient pas vu un coup de peinture depuis les années 90 !

C’est « grâce au redressement financier que toutes ces opérations sont possibles  » commente François Zocchetto le président du conseil de surveillance de l’hôpital. 6 millions dépensés en investissement alors l’établissement renouvelle son IRM et son scanner (1,5 millions rien que pour les machines) ; elles seront installés à coté des Urgences dans l’enceinte de l’hôpital. C’est plus rationnel. Soit, mais un hôpital qui manque de médecins est forcément un peu patraque et cela en dit long sur l’image globale de l’établissement.

S’ils sont 135 toubibs, l’hôpital peine depuis des années à en attirer. Au fait, c’est l’hôpital ou la ville ? La question mérite d’être posée. Quoiqu’il en soit, là aussi le bas blesse, car il manque (sans qu’on nous disent officiellement combien) notamment d’urgentistes, d’anesthésistes, de réanimateurs. Il n’y a plus de médecin pneumologue à l’hôpital, et de pédopsychiatres. Et pour se faire soigner d’un AVC (Accident vasculaire cérébral), le mayennais doit contribuer à enrichir le fameux « taux de fuite » en allant à Rennes par exemple ou Le Mans ; il n’y a pas de médecin de neurologie-vasculaire avec la spécialité AVC sur l’hôpital de Laval. Bref, le tableau clinique n’est pas aussi encourageant.

Pourtant, il aura suffit d’un examen, d’un régime pour dégraisser l’organisme, de quelques prélèvements, et d’une analyse spécifique avec interprétation des résultats faite par un “spécialiste”, pour que d’un seul coup en se penchant au chevet du malade, les fondamentaux s’améliorent, et le malade en question soit en voie de guérison ! Pour autant la fièvre des personnels peut-elle prétendre retomber ? Et « l’hémorragie en emplois soignants et en lits d’hospitalisation  » comme le disent certains d’entre-eux pourra-t-elle être stoppée afin de ne pas mettre en péril l’organisme tout entier ? Et sera-t-il possible de juguler la « fuite » des patients ?


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Officiellement, l’hôpital de Laval se sent un peu moins patraque !

Publié le: 28 juin 2016
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