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(c) imago prodThéâtre - Dans Hallâj, le Christ musulman, l’auteur parle à sa façon de l’Islam radical. Mayennais depuis 2006, « il a renoué en 2015 avec la carrière de comédien et de dramaturge qu’il avait menée auparavant pendant dix ans dans son pays natal, la Tunisie. Hallâj [Braïm Bourg] est seul en scène se défend face à des juges inféodés au pouvoir de la dynastie régnante, les Abbassides qui vont le condamner à mourir crucifié. Le débat est celui du conflit entre civilisation et barbarie, (...) entre l’Islam des Lumières et la religion comme instrument d’oppression politique et sociale. En 922, Hallâj, un des poètes de langue arabe “déconstruisait” à en mourir ce qui, en 2017, s’appelle “radicalisation” ». Le monologue, déjà joué à trois reprises à Laval, a attiré plus de 250 spectateurs. Sur Leglob-journal, Braïm Bourg nous confie un émouvant témoignage.

- Par Braïm Bourg

epuis les évènements de Charlie Hebdo et la série des attentats qui a suivi, je vis dans un traumatisme permanent. J’ai été plongé dans des abîmes de réflexions et de questionnements sur la situation que nous étions en train de vivre et sur ce qui allait advenir de la démocratie menacée de périlleux dérapages avec, par exemple, des affrontements entre communautés, une dramatisation des discriminations.

A la suite des actions terroristes, la civilisation humaine n’allait-elle pas connaître un recul irrémédiable des valeurs de laïcité ? Un signal évident en est donné par la montée des courants politiques d’extrême droite et par leur impact dévastateur dans les urnes.

Nous allons en arriver à sombrer dans de nouvelles périodes d’un obscurantisme qui, en mettant la main sur le pouvoir politique, régentera la culture. Ces interrogations sont partagées dans la perplexité à la fois par le politicien et l’homme de culture, par les enfants dans les écoles, par les parents comme par les enseignants.

Braïm Bourg seul sur scène - (c) imago prod

Les questions soulevées à propos de l’islam, j’en ai entendu parler dans les cafés, dans les magasins, à l’usine, dans la rue. Malheureusement elles ne trouvent pas de réponses ou bien les réponses restent beaucoup trop timides. Le théâtre n’en parle pas, il n’en est pas question au cinéma ; aucun éclairage de la part du politique, aucun travail d’approfondissement de philosophes.

Des explications contradictoires foisonnent après chaque attentat, pour condamner celui-ci ou bien, au contraire, pour le justifier. Le sujet est très épineux et, chacun, de quelque bord qu’il soit, y va de son couplet en fonction de ses intérêts politiques à court terme.

Il m’est alors clairement apparu qu’il était de mon devoir et de ma responsabilité de me consacrer entièrement, pendant 9 mois comme je viens de le faire, à l’élaboration d’une œuvre théâtrale qui expose la situation, explique sa trajectoire, traite avec précision le problème de l’islam radical et réponde aux questions.

Ceux qui prêchent cet islam doivent bien savoir que leur religion a toujours été un instrument et une arme de domination et de colonisation. Les idées qui proclament la supériorité absolue de la religion, le devoir de sa propagation dans toutes les nations, l’obligation imposée aux hommes de s’y soumettre, conduit à la guerre. Le Dieu unique, le Dieu de l’Homme, ne peut pas l’accepter. Tel est le premier message choc porté de front et avec audace par ma pièce de théâtre. Il est le fondement de mon traumatisme.

De bonne heure, j’ai mené en Tunisie une carrière théâtrale professionnelle servie par un important parcours de formation. En me lançant dans l’écriture de Hallâj, le Christ musulman, je ne m’attendais pas à ce que la situation économique soit devenue le prétexte pour bannir le travail de l’esprit et la création culturelle et pour que priorité soit donnée en matière de programmation, de soutien et d’encouragement à ce qui est promis au succès consumériste et commercial.

Cette stratégie, si elle est tenue pour la plus appropriée au divertissement du public, n’en crée pas moins un vide culturel vertigineux. Philosophiquement parlant, elle est un placebo face à des plaies permanentes et exténuantes auxquelles seules des créations culturelles engagées sont susceptibles de porter remède en comblant ce vide.

Je mets tout mon espoir dans la diffusion de la pièce dans les lieux les plus divers. Et je vous invite à venir assister le 1er mars prochain à la pièce de théâtre Hallâj, le Christ musulman à l’Avant Scène.

La soirée débute à 18 heures par le lancement des Semaines d’éducation contre les discriminations 2017. Le spectacle est à 19 h 15 - Braïm Bourg a été accompagné dans l’écriture de cette pièce de théâtre par Alain Vignier, « diplômé en études arabes ».


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Par Braïm Bourg : Hallâj, le Christ musulman, entre « civilisation et barbarie »

Publié le: 23 février 2017
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