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Ils passent inaperçus dans cette campagne américaine et pourtant, ils vont être le bras droit de la femme ou de l’homme à la tête du pays le plus puissant du monde. Lors de leur convention respective, Donald Trump et Hillary Clinton ont officialisé le nom de leur futur vice-président en cas de victoire le 8 Novembre prochain. La cinquantaine, blancs et chrétiens, qui sont les candidats choisis par Clinton et Trump pour compléter leur ticket présidentiel ?

- Par Fabien Blanchard

Le poste de vice-président est la seconde fonction dans la hiérarchie de l’exécutif américain. Lorsque le président ne peut plus assurer sa fonction, c’est son vice-président qui prend sa place. Il préside également le sénat américain et à une voix déterminante en cas d’égalité. Ce choix n’est donc pas anodin.

De plus, il apporte un renfort de voix en sélectionnant un colistier complémentaire à sa candidature, ce qui va donc séduire un autre électorat. Cette désignation pour le poste peut s’avérer un casse-tête tant les critères de sélection sont diverses.

Trump Tower - Chicago Mars 2016

Pour le camp républicain, c’est Mike Pence, 57 ans, qui a été choisi par Donald Trump. Il a été approuvé par les militants, lors de la convention du parti qui a eu lieu à Cleveland du 18 au 21 juillet dernier. Ancien élu à la chambre des représentants pendant 12 ans, Mike Pence est proche du courant évangéliste du parti.

Aujourd’hui gouverneur de l’Indiana, il n’apparait pas, à premières vues, comme un partisan de Trump. Après des études de droits, Mike Pence s’est lancé en politique sans grand succès à l’aile droite de son parti. C’est sa proximité avec le Tea Party et ses idées - contre l’avortement et le mariage homosexuel - qui ont déterminé le choix de Donald Trump.

Au delà des convictions de son « running mate » (celui qui va l’accompagner dans la course à la maison blanche), l’équipe de campagne de Trump a longuement hésité avant de faire son choix. L’état de l’Indiana, en perte de vitesse économique, colle bien aux thèmes de la campagne de Donald Trump qui veut lutter contre la désindustrialisation du pays.

Le choix de Mike Pence peut marquer une volonté de rassemblement du parti après une primaire républicaine agitée. Mais ces critères restent faibles et des observateurs américains évoquent un choix par défaut, que Trump a voulu modifier à la dernière minute avant de se rétracter.

Hillary Clinton a fait le choix de Tim Kaine pour l’accompagner durant sa campagne et peut-être jusqu’à la présidence. Cet ancien maire de Richmond et gouverneur de Virginie, actuellement sénateur depuis 2013, a été présenté aux militants démocrates lors de la convention du parti à Philadelphie qui s’est déroulée du 26 au 28 juillet.

Pop-Art - Chicago Mars 2016

Diplômé en droit de Harvard, il est avocat pendant plus d’une dizaine d’année avant de se lancer avec succès en politique (il n’a jamais perdu d’élections). Tim Kaine, fervent catholique, a des positions politiques plutôt au centre : il est opposé personnellement à l’avortement et à la peine de mort, même si l’état de Virginie a exécuté 8 détenus durant son mandat de gouverneur. Tim Kaine, qui se décrit lui même comme ennuyeux, s’oppose donc au volubile Donald Trump dans la forme.

Le sénateur de Virginie qui était déjà dans la « short-list » d’Obama en 2008 comme possible vice-président, se pose comme un choix stratégie pour l’équipe Clinton. L’état de Virginie est un « swing state » (un état pivot) qui doit basculer dans le camp démocrate en Novembre prochain, si Hillary Clinton veut l’emporter.

Le sénateur membre de la commission des affaires étrangères dispose d’une bonne réputation ; il est le candidat idéal pour aller chercher des voix au centre. Cependant, le choix de Clinton ne plait pas à l’aile gauche du parti.

Les partisans du candidat défait à la primaire, Bernie Sanders, ne sont pas enthousiasmé-es par ce colistier, pas assez progressiste à leur yeux. Mais la stratégie d’Hillary Clinton est déjà efficiente, des donateurs autrefois républicains durant la primaire, financent maintenant la campagne de l’ancienne secrétaire d’État. Cela en dit long dans une campagne américaine où l’argent est le nerf de la guerre.

Une vice-présidente trop à gauche comme Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts et fidèle soutien de Clinton, aurait rallié les soutiens de Sanders, mais cela pouvait donner l’occasion au parti républicain de s’unifier face aux idées « socialistes » des démocrates.

L’été présidentiel a été plutôt calme. Hillary Clinton a principalement participé à des récoltes de fonds dans des soirées privées avec des stars d’Hollywood et des grands patrons de la Silicon Valley pendant que Donald Trump est allé à la rencontre du président mexicain Enrique Peña Nieto, pour évoquer la construction d’un mur entre les deux pays.

Le sprint pour la maison blanche a été officiellement lancé cette semaine avec le premier débat entre les deux candidats. Ils vont continuer de sillonner l’Amérique pendant 40 jours avec à leur côté leur bras droit qu’ils espèrent sans vice pour tenter de remporter la course pour le bureau oval.

Photos Fabien Blanchard (c) leglob-journal

Fabien Blanchard rentre du Canada où il a étudié. Il est en Master à Sciences Po Toulouse - Responsable en Mayenne du Mouvement des Jeunes socialistes


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Par Fabien Blanchard - leglob-journal autour du monde : USA 2016, le choix du Vice

Publié le: 29 septembre 2016
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