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« Avant de devenir William au paradis, j’ai été Pierre au purgatoire. » Affabulateur ? Assassin ? Qui est Pierre ? Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui et rarement de façon naturelle. Rebondissements, métamorphoses, grincements, un livre en quête d’une vérité qui se dérobe.

Le coma des mortels de Maxime Chattam – Albin Michel

- Critique par Molière M.

ierre découvre la femme qu’il aime éviscérée dans son appartement. Bien sûr, l’amoureux transi est le principal suspect : pas de trace d’effraction et les voisins, toujours bienveillants, ont entendu une dispute...

Si l’on fouine dans le passé récent de ce trentenaire, qui a tout plaqué pour venir travailler au zoo de Vincennes, on découvre pas mal de cadavres dans le placard et une belle dépression à la clé.

Il doit se justifier auprès de la police ; alors il raconte sa vie, sa vérité : « Je ne veux pas vous mentir. Pourtant, il faut que je l’avoue pour commencer : je vais le faire. Je l’ai même déjà fait. Je ne vous dirai pas tout. J’en suis incapable. La vérité vraie, celle des faits, celle qui rassemble les hommes parce qu’ils savent la même chose, celle-là je ne vous la raconterai pas. Pas tout à fait. »

Nous ne sommes pas en présence d’un thriller mais d’un roman à rebours, où le narrateur évoque son histoire, douce-amère somme toute, son télescopage et ses amours avec cette femme assassinée qui occupe toutes ses pensées. On le suit dans un univers peuplé d’individus plus désaxés les uns que les autres.

Errances philosophiques

Au fil de ce récit décalé, drôle parfois, on découvre un homme sans grande envergure spectateur de sa vie. Il subit et en subissant se retrouve souvent gros Jean comme devant, tant son discernement est en berne, tant sa chance l’a déserté !

Ses rencontres, toutes plus azimutées les unes que les autres, deviennent le prétexte à des échanges et des scènes surréalistes truffées de sexe, de questionnement, d’humour et tout de même de morts, ouf ! Le mystère gonfle son aile dans une navigation incertaine entre réalité et extravagance sans jamais savoir si l’on arrivera au port.

Formules chocs, termes crus, réflexions décapantes sur la vie, la mort, la dépression, le couple, les choix, les moments de grâce, de doute, de peur qui font le brouet de la vie... Cependant, malgré un cynisme abrasif, Maxime Chattam s’attarde trop et tombe dans l’excès des errances philosophiques.

Au final, peu de suspens, non pas parce que l’on devine la fin, mais parce que notre anti héros est trop mou du genou. Comme Pierre le dit lui-même : « vous n’êtes pas dans un de ces thrillers de gare où le héros balance la purée en fin de roman, juste avant le discours du grand méchant  ». C’est une farce existentielle, à laquelle Maxime Chattam apporte sa griffe personnelle en oubliant d’être diabolique.

Il nous a habitués à des romans noirs bien ficelés, à mon avis, il n’aurait pas dû prendre les routes de traverses. Avec ce nouveau roman Coma des mortels, l’auteur tente de faire peau neuve mais l’ensemble laisse un goût d’inachevé.

Le coma des mortels de Maxime Chattam – Albin Michel


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Par Monique Molière - elle a lu pour vous...

Publié le: 15 juin 2016
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