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Sic transit gloria mundi (NDLR : « Ainsi passe la gloire du monde »). Et pour illustrer cette locution latine, cette histoire de circulation de trains, - le rail qui décidément ne laisse pas indifférent loin de là - et qui a provoqué cette réaction de Philippe Le Gentil que nous publions avec tout le recul nécessaire. Amoureux de la SNCF, notre contributeur - un peu "vénèr", dirons-nous - a eu un peu de mal à admettre pour le coup que cette grande et belle Dame qu’il vénère par ailleurs ne soit pas plus performante sur le moment et attentive à lui, et aux autres, alors qu’il voyageait. Récit d’un moment bien particulier, ou Épisode de la vie du rail par Philippe Le Gentil.

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e TGV Laval Paris numéro 8060 du vendredi 10 juin 2016 au départ de Laval à 8 heures 42 est composé de 2 rames. La rame de tête est vide et non accessible aux voyageurs. Elle tracte la rame ouverte aux passagers (au passage merci pour la séance de fitness gratuite avec les 600 mètres de quai à pied, avec les valises).

Par Philippe Le Gentil

Dans un des tunnels, juste avant Paris, le TGV s’immobilise ; lumières et climatisation sont rapidement coupées. Un peu de nervosité bien compréhensible habite certains passagers. Selon les explications des personnels de la SNCF données aux voyageurs, il leur est impossible de joindre le conducteur de la rame de tête parce que, comme l’ont constaté chaque voyageur, aucun des moyens habituels de communication ne peut fonctionner dans le tunnel.

Les passagers ne peuvent donc ni appeler ni recevoir d’appel ; de même pour les personnels de la SCNF ; il a été impossible aux agents de savoir et d’informer, même d’une rame à l’autre, et ce, dans le même TGV ! Incroyable mais vrai - pour reprendre une formule déjà ancienne - à seulement quelques kilomètres de Paris ! Bref, le train fini par arriver dans la capitale avec un peu moins de 2 heures de retard. Correspondances ferroviaires et aériennes sont ratées, et la journée est fichue.

Passons. Mais alors serait-ce trop demander aux responsables SNCF qui dépensent sans compter pour de mirifiques LGV de bien vouloir installer un ou deux malheureux relais dans lesdits tunnels comme c’est le cas partout en Europe et ailleurs ? Pour les communications téléphoniques puissent passer. Imaginons au même moment un attentat, un incendie, ou bien simplement un malaise cardiaque dans la rame voyageur. Qui pourrait prévenir et comment ? La question mérite d’être posée.

Le lendemain, pour le retour, soit le samedi 11 Juin 2016, TGV numéro 8067 Paris Laval-Vitré-Rennes, 18h39 au départ de Paris, la SNCF nous démontre brillamment qu’elle est capable de faire du 100% de régularité dans les retards importants.

Quelques minutes avant l’arrivée au Mans, les passagers sont informés de ce que « suite à coupure de courant entre Le Mans et Laval », le TGV est détourné par Angers avec fin du voyage en bus entre Angers et Laval. Soit. Mais deux jours de suite sur la même ligne, c’est beaucoup ! Serait-ce le « ça va mieux  » de la parole élyséenne !!

Première surprise la SNCF ne dispose pas de bus au Mans pour aller à Laval et/ou à Vitré ; elle ne dispose de bus en effet qu’au départ d’Angers. Mais alors question : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Et les agents d’expliquer l’inexplicable.

Deuxième surprise : avec beaucoup d’emphase et moult redites un des contrôleurs nous dit que cette coupure de courant est volontaire de la part de la SNCF, et qu’elle est due au fait que les équipes techniques dégagent les branches tombées sur les caténaires suite aux vilaines intempéries qui se sont produites. Fort bien. Ce n’est bien évidemment pas la SNCF qui est en cause. CQFD. Ce sont les intempéries.

Sauf que si l’on regarde simplement par les fenêtres du TGV entre Le Mans et Laval ou entre Le Mans et Angers, il y a des dizaines peut-être des centaines d’endroits où les arbres et leurs branches jouxtent et dominent les caténaires et, dans la plupart des cas, ces arbres poussent sur les emprises SNCF.

Visiblement l’élagage préventif, technique plus vieille que la SNCF, ne ferait pas partie des préoccupations simples et basiques de notre monument national. Visiblement, ce qu’EDF fait pour ses lignes et oblige ses riverains à faire, ne concernerait pas la SNCF.

La réalité, c’est que la SNCF, cette institution républicaine à laquelle beaucoup d’entre nous sont attachés, va peut-être mourir de ce genre de laxismes, de ce genre d’insuffisances techniques et de la suffisance d’un certain nombre de ses employés. Visiblement la leçon de l’aiguillage de Brétigny en 2013 ayant fait plusieurs morts n’aurait à l’évidence pas servi à tout le monde. Continuer semble-t-il à bricoler comme l’ont relaté le JDD et Médiapart (24 Février 2016) ; continuer à trouver des explications qui ne dupent aucun observateur averti ou attentif ; continuer à désigner des coupables imaginaires.

Continuez chère, très chère SNCF à vous illusionner sur la qualité des services que vous rendez et ne venez surtout pas pleurer le jour où la musique du bal s’arrêtera ! Et pour en finir sur une note acidulée : comment se fait-il qu’un billet entre Tournus et Dijon payé un peu plus de 8 euros pour un TER qui ne circulait plus pour cause de « mouvement social  », ne soit remboursé que 3,00 euros ?


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Par Philippe Le Gentil - Sic transit gloria mundi : une histoire de rails pour railler

Publié le: 29 juin 2016
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