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Édito - En politique, organiser un désordre idéologique permet ensuite de mettre en avant « un certain ordre ». La manœuvre est connue. Le phénomène Macron avec son équation « ni gauche ni droite  » a favorisé l’évincement des partis politiques dit « classiques » du jeu démocratique en les ringardisant. Reste qu’une telle équation ne peut vivre durablement que si dans le tableau, à l’instar de l’école flamande de peinture, la ligne est claire.

Par Thomas H.

En affaiblissant la croyance politique habituelle des électeurs, en "surfant" sur cette idée entretenue que le clivage politique n’a plus lieu d’être et qu’il est dépassé ; en s’appuyant sur l’éloignement de l’électeur de la chose politique et sur le fait que la France se gouvernerait au centre, le mouvement monté de toutes pièces sur la toile à grands coups de clics par des adhérents fascinés par le candidat Macron, a pu amalgamer des espérances. Des espoirs qui se sont cristallisés en dehors d’une seule catégorie politique, de peur d’être embrigadé.

Par peur donc de se retrouver dans une case qui les enfermerait, les aficionados de la première heure sont allés à marche forcée sur la route de l’espérance politique soit disant « renouvelée ». Les maximes en creux du candidat paraissaient, quand on interrogeait les adhérents d’En marche !, plus coller aux attentes de ces derniers qu’apporter réellement des solutions qu’ils pouvaient concrètement annoncer. « Libérer le travail » a donné réforme du code du Travail.

La gauche, la droite, ces deux entités politiques avaient failli. Elles incarnaient des idées prétendument passéistes, et non adaptées à la mondialisation, prépondérante sur tout, dans notre société libérale-sociale. Le désordre ainsi créé par la volonté de bannir du marché les grands partis politiques par le non-choix idéologique, par une politique de l’offre alternative et par un pragmatisme de bon aloi, a donc permis l’émergence d’un système politique qui n’a pas dit réellement son nom au moment de la campagne électorale. Et nous y voilà.

Maintenant, on y voit plus clair. Ainsi « Les grandes fortunes écrit le député PS de la Mayenne Guillaume Garot dans un communiqué envoyé à la presse, vont bénéficier du plus gros cadeau fiscal jamais obtenu depuis 30 ans. L’impôt sur les revenus du capital baisse et l’ISF est quasiment supprimé : les actions, les yachts, les jets et même les lingots d’or n’y seront plus soumis ! Le Gouvernement indique qu’en réduisant la fiscalité des plus fortunés, il favorise l’investissement dans les entreprises : rien n’est moins sûr ! » ajoute le parlementaire.

Nouvelle incantation idéologique

Avec le recul, on s’aperçoit qu’il s’agit d’actionner certains leviers. De favoriser selon une théorie économique saillante dans les années 80 sous Thatcher et Reagan et qui refait surface en ce moment - celle du "ruissellement" -, la redescente de l’argent du haut vers les entreprises en soulageant les plus argentés d’où les mesures sur l’impôt sur la fortune (ISF) : mais cela marchera-t-il ? Même le FMI en doute. Peut-on croire, que moins taxés, les plus riches investiront dans les entreprises ?

Et dans le même temps, il s’est agi de faire prévaloir le contrat sur la loi, avec comme effet induit la réactivation d’une certaine « loi de la jungle » disent les plus fervents opposants, par le biais de la loi justement - à savoir les ordonnances sur le Travail par exemple. Une loi moins protectrice pour un code du travail moins protecteur. Pour reprendre la formule du député du PS qui résume bien la situation : « beaucoup pour les plus fortunés, des miettes pour les autres »

L’incarnation de la politique ( la sphère Macron, - certains employaient plutôt le terme de « bulle » parce que selon eux vouée à l’éclatement ) autour du chef a vu à l’Assemblée nationale l’arrivée d’une cohorte de députés LREM, forcément inexpérimentés, car débarqués sur le marché politique. Cela n’a pas arrangé l’image de La République en Marche !. Mais l’’indulgence d’un temps laisse la place maintenant à la lucidité.

Comment faire vivre un "ni-ni", - ni gauche ni droite donc -, ou bien même, un "et-et" - et gauche et droite -, qui aurait la vertu de reconnaître plutôt que de nier en picorant ici ou là le meilleur et en laissant le pire ? Cette incantation idéologique qu’Emmanuel Macron a dessiné dans ses discours, comment vont-il la faire vivre réellement dans les faits ?

Pour l’heure, l’exécutif a mis en images un déséquilibre évident. Dans le fléau de la balance soupesant les mesures mises en place, le plateau de droite est en effet au plus bas. Celui de gauche est presque vide. Preuve que les mesures prises sont plus libérales-réductrices que sociales-épanouissantes pour le plus grand nombre de Français.


1 commentaire
  • Il me semble que M Macron à toujours expliqué être et droite et gauche ( le ni ni c est Le Pen !) Il me semble que M Macron à toujours eté un libéral pro-européen ( selon ce que l’on pouvait comprendre de sa trajectoire, des quelques textes qu’il avait défendu, de son programme...) Il me semble que pour sauver leur peau tous les opportunistes se sont déclarés soutien à l’action de M Macron ( M Garot le premier que personne ne pouvait distinguer de Mme Mottier en terme de position politique dans l’entre deux tours ....) La gauche presque toute entière s’est investie avec M Macron en reniant toutes ce pourquoi elle avait voté avant ... mais ne doit pas s’etonner de ce qui se passe maintenant car c’est elle qui lui a permis de le faire .... pour le plus grand bien du pays d’ailleurs !

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Par Thomas H. - Désordre, ordre et ligne claire

Publié le: 1er octobre 2017
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