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C’est encore une histoire de vanité que nous narre notre contributrice. Celle du maître et du disciple ; le premier s’intéressant au principal, à l’objet primordial ; le "reste" étant confié aux subalternes, comme c’est souvent le cas, y compris de nos jours. Le tout doit être assumé par le donneur d’ordres, même si il y a des désagréments, et quitte à y perdre la face !

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Violon d’Ingres !

- par Valérie Rellier de Jean

Nous sommes en 1842 à Paris. Quel succès pour Ingres ! Alors directeur de l’académie de France à Rome, son portrait du compositeur Lugi Cherubani attire tous les regards.

Il faut dire que la composition est audacieuse. Ingres mêle le réalisme du portrait et l’allégorie avec la représentation mythologique de la muse.

Luigi Cherubini et la muse de la poésie lyrique par Jean Auguste Dominique Ingres – 1842 - Paris, musée du LouvreCherubani, en buste vêtu d’un habit noir, est assis de face. Le visage est concentré, fermé. De sa main droite, il se tire l’oreille…siège symbolique lié à l’opportunisme. La caresser ou la pincer dans un contexte tendu constitue souvent une tentative d’élaborer une réponse à une situation délicate, au risque de transformer la réalité, de s’en tirer par une pirouette ou une demi-vérité.

Derrière lui se dresse Terpsichore, muse à la poésie lyrique. Dans un geste de protection - en même temps qu’elle le désigne ! - elle étend son bras droit sur la tête du musicien. De sa main gauche, elle tient une lyre, instrument d’Apollon et d’Orphée. Ainsi, les muses dansent au son de la lyre d’Apollon…

Enfin pas tout le temps ! Car les relations qu’entretiennent Cherubani et Ingres sont souvent houleuses, les deux hommes sont orgueilleux, mais « ces deux vanités aigres se comprenaient parfaitement  » ajoute le journaliste Théophile Silvestre.

Mais l’enthousiasme passé, très vite, c’est la stupeur ! Sur le côté droit du tableau, la peinture se craquelle et défigure le doux visage de la muse. Car Ingres n’a pas tout dit. Trop occupé, il a fait appel à l’un de ses disciples pour peindre Terpsichore à sa place. Après tout, seul le visage du compositeur nécessitait le talent du maître ! Mais l’apprenti a commis une erreur de débutant. En utilisant une peinture trop grasse celle-ci se crevasse.

Face à la rapide détérioration, Ingres met tout en œuvre pour sauver la toile. En vain. Il doit donc se contenter d’écrire au dos du tableau qu’ «  il ne faut pas enlever le vernis qui le recouvre ». Mais la peinture finirait de partir ! Passé le temps du violon d’Ingres, le vernis se craquelle...


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Par Valérie Rellier de Jean - violon d’Ingres !

Publié le: 24 juin 2016
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