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Humeur - (Très) chers élus, candidats et autres militants de base, pour rester poli, vous me les cassez gentiment avec vos leçons de politique ! Pas une semaine ne se passe sans qu’un politicard ne fasse l’objet d’un « Tous pourris » du grand-père lors du repas dominical. Que l’on soit soumis à l’aléa des mises en examens, condamnations ou suspicions de trafic d’influence, ou bien abus sociaux, ou favoritisme, etc., c’est déjà bien assez. Mais c’est vrai, l’exemplarité connaît pas.

- Par Vincent Fouquet

Entre un député parjure, un secrétaire d’état mythomane, etc. l’élu ment le lundi recommence le jeudi en ayant tout confessé le mardi matin. Elle est belle la noblesse élective de France, massivement issue de l’ENA (École Nationale d’Administration) ou de professions libérales, nourrit par l’argent public. Et de toute cette chienlit, il faudrait faire table rase grâce à une population de cadres politiques éduqués, élevés et instruit par cette même gangrène.

Oui, faisons comme s’il n’existait aucun détournement des fonds pour la formation des élus, d’affaires de favoritisme ou de conflits d’intérêts. Dans notre pays, il n’y a de toute façon aucun notaire qui maire de sa commune puisse influencer le PLU ; ou d’évadé fiscal travaillant à Bercy ; ou bien de mis en examen pouvant bénéficier d’une impunité électorale quelconque. Non rien de tout ça !

Parole confisquée pour mensonge public

Qui a accès à la parole publique dans notre pays ? Celles et ceux qui représentent la population sont les mieux placés, c’est le principe démocratique. Il est donc normal qu’un élu puisse exprimer un point de vue, une position auprès des médias nationaux. Et si vous voulez le faire, vous n’avez qu’à être élu, facile.

Ah ?! Être élu. Mince, je n’avais pas compris ça comme ça. Pour pouvoir s’exprimer dans notre pays, il faut être légitime et donc élu. Autrement dit, il faut avoir fait le parcours du non-combattant énarque et bénéficier de différents appuis financiers et politiques pour pouvoir mentir en public, et être reconnu par ses pairs comme avoir le droit de le faire ? Ça se tient. C’est moche, mais ça se tient.

Les primaires de droite et de gauche sont un bon exemple de ce qui se fait ou ne se fait pas selon ces doux seigneurs. Une histoire de pré-qualification interne, afin de ne pas polluer la campagne avec des idées trop précises, innovantes ou déroutantes. La facilité : minimiser le nombre de candidats pour limiter l’accès au grand public qui de toute façon ne comprend rien. Une aisance : se choisir entre soi avant de s’opposer à un autre dans des platitudes et parodies de débat.

Je ne parle pas de centre. Pour illustrer la volonté politique de simplification du discours il suffit d’écouter ces grands messieurs (les femmes restent rares) vous expliquer que si vous n’êtes pas de droite, vous êtes forcément de gauche, et vice-versa. Bah oui, l’univers tout entier est binaire, c’est une évidence. Et si on vous explique autre chose n’écoutez pas, c’est un piège : on vous fait croire que vous savez réfléchir. Alors un agrégé qui vous explique qu’il ne vote pas à droite est forcément de gauche. Bah tiens, c’est tellement mieux la politique quand on la regarde avec les yeux d’un enfant de 6 ans.

Quant aux extrêmes, droite ou gauche, chantres d’une pseudo morale, ils sont les premiers charognards du système, à s’en nourrir tant à le faire mourir.

Des primates primaires

Il devrait y avoir débat d’idées dans ces primaires : la mise en avant des projets, des schémas d’analyse, des diagnostics et des solutions pour faire avancer la nation dans les progrès sociaux, économiques et politiques. Partir à huit devrait permettre le rassemblement derrière deux ou trois porteurs de la synthèse des idées. La politique on en fait parce qu’on y croit. On s’engage pour les autres parce que le don de soi est la plus belle chose à enseigner à ses enfants. On défend des idées que l’on pense être les meilleures pour tous.

Enfin, « ils » ne sont pas « on ». Nous aurions affaire avec des surhommes. Des illustres penseurs et défenseurs des valeurs de la République. Vous savez, celles qu’ils piétinent tous avec tant d’attention !

Le pire dans ce système reste que la tête d’un parti est sensée présenter un travail de synthèse de la base militante. Si si, normalement, c’est comme ça que fonctionne un rassemblement : des gens qui pensent pareil se rassemblent et finissent par choisir quelqu’un pour les représenter et porter leurs idées. Oui, je sais bien que dans la vraie vie, c’est l’inverse. Un « responsable » politique monte un mouvement sur une phrase, un tweet, une belle tête, et demande à plein de gens de le rejoindre. Ça pourrait ressembler à de la bonne foi s’ils ne faisaient pas tous ça pour satisfaire leurs égos.

Grâce à notre paresse intellectuelle commune, ils se sont taillés un domaine dans l’Etat au sein duquel ils jouent aux chaises musicales des postes. Tout en gérant l’approvisionnement des chaises.

Reprenons les bases

Le constat est dur, mais il faut être réaliste. Tout simplement avant de chercher une solution marketing, il faut poser correctement le problème. Car oui nous vivons une vraie crise politique, extrêmement grave. De celle qui marqueront un chapitre dans les livres d’histoire du siècle prochain. Pour moi, comme de nombreux autre avant, les partis sont les premiers coupables. Ces machines à candidat qui s’autofinancent grâce aux élections et forment les encadrements et directeurs de cabinets de notre gouvernement. Par abus de confiance, ou aveuglement d’aisance, nous avons laissé un monstre capitophage ( dilapidateur d’argent public, Ndlr)) prendre forme au sein de notre système démocratique.

La politique doit revenir à l’expression d’un besoin commun porté par quelques-uns et non l’inverse. N’oublions pas que la rigueur est nécessaire pour éviter d’attribuer le pouvoir à n’importe qui. Voyez ce qu’ils en ont fait, tous autant qu’ils sont. De la droite à la gauche, ils ont tous contribué à détruire, en décrédibilisant, et déstabilisant la démocratie, et c’est à nous de la reconstruire telle que nous la souhaitons et non selon leurs désirs.


1 commentaire
  • Sans vouloir vous faire de la peine, les temps ne sont pas heureux, et pour longtemps. Si vous appréciez l’Histoire des temps anciens, je vous propose la lecture suivante : "Les derniers jours" de Michel de Jaeghere aux éditions Tempus. Certaines réflexions de l’auteur me paraissent "connotées" mais l’ouvrage relève d’un travail d’érudition remarquable. Et si "l’Histoire ne se répète pas mais béguait", certaines situations restent éclairantes pour comprendre notre époque.

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Par Vincent Fouquet - La théorie du vide ou l’intellectualisme du candidat

Publié le: 19 novembre 2016
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