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Alors que s’ouvre le Premier Salon des maires en Mayenne sur fond de fusion de communes, à travers le concept de « communes nouvelles » qui refait surface, cet article de Marcel Collet qui s’adresse «  aux 200 000 Mayennais résidents dans les 240 communes inférieures à 5000 habitants ». En cause, la Loi NOTre (Nouvelle organisation Territoriale de la République ) qui représenterait un « danger pour 200 000 Mayennais  » Dans le Maine-et-Loire, le département voisin de la Mayenne, en avance, le nombre des communes est passé de 365 à 200, en moins de deux ans. C’est la mutualisation des moyens encouragés par la Loi NOTre qui inquiète donc Marcel Collet, cet ancien élu en région parisienne qui vit à présent en Mayenne, à Marcillé-La-Ville.

Par Marcel Collet

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire ce texte ; j’aurais préféré que la démarche émane d’élus de communes en Mayenne qui, comme moi, résident dans les localités de moins de 5000 habitants.

Après réflexion, j’ai estimé que nous ne devions pas attendre tout de ceux qui font le maximum pour permettre à plus de 200 000 Mayennais de continuer leur vie sans être coupés de leurs racines.

C’est un article paru récemment sur le site de Public Sénat qui m’a alerté. Il évoquait la possibilité donnée par la Loi NOTre de supprimer 36 000 communes qui seraient remplacées par 1000 interccommunalités. Sur cette base, il ne resterait que de six à huit communes en Mayenne, après ce que j’appelle la "liquidation" de plus de 240 petites collectivités locales sur les 250 communes qui restent dans notre département. Ces décisions qui tendent vers du moins, sont prises par des technocrates de haut-niveau qui grenouillent dans les ministères et à la Présidence de la République, et surtout sans consultation des millions de personnes qui sont concernées. La fusion des communes ne doit donc pas se faire à l’encontre de la population.

Mutualisation-Fusion

La loi NOTre est composée de 136 articles. D’ailleurs, je m’interroge à propos de l’emploi du temps des élus de petites communes, car contrairement aux maires de grandes villes, ils ne disposent pas d’une armada de collaborateurs. Aussi comment peuvent-ils trouver le temps de consulter des documents aussi compliqués ? Si cette loi que je qualifie de machiavélique était appliquée à la lettre, que deviendraient les personnes les plus fragiles (notamment les personnes âgées) dans de nombreuses communes où le seul service public qui reste, c’est souvent la mairie ?

Mais des millions d’habitants des grandes villes sont aussi concernés. Ayant été élu dans une ville de 100 000 habitants de 1977 à 1983 en région parisienne, j’ai constaté à plusieurs reprises que les aspirations des quartiers de la périphérie étaient très souvent remises à plus tard. C’est ce qu’on a appelé un temps « le problème des banlieues  » - ces lieux concentrés de vie qu’on nomme maintenant simplement « quartiers », mais toujours négligés - et qui est toujours d’actualité.

Cette situation, on la retrouve également dans notre Mayenne profonde. Avec une extrême ruralité, éloignée des cœurs de vies, loin de ce qu’on désigne par le terme de "rurbanité". En ville, à Laval, dans les quartiers de Saint-Nicolas, des Fourches, etc., les habitants ne sont pas logés à la même enseigne que dans le centre-ville de Laval. La situation est la même à Mayenne, pour les quartiers du Pommiers, de l’Angellerie, ou de Brossolette... Il existe donc des convergences de problématiques entre les habitants des villes et ceux des campagnes.

Cette loi NOTre intéresse particulièrement les professionnels de la politique ; elle leur convient pour un déroulement plus rapide de leur carrière. Elle intéresse également les plus fortunés, les plus riches des Français, ceux qui ont pour l’instant le soutien actif du président de la République, du gouvernement et de plusieurs centaines de parlementaires et de maires de grandes villes. Quelle belle aubaine, s’ils pouvaient se débarrasser des petites communes !

L’exemple du Loir-et-Cher

Mais il est possible de les faire reculer. L’exemple du Loir-et-Cher (41) le démontre ; ce département avec une forte composante rurale possède des points communs avec la Mayenne. En 2014, quelques technocrates locaux, avec le soutien du gouvernement, du Conseil général, du Préfet, lancent une opération regroupement de 105 communes (soit plus du tiers du département), diligentée par Maurice Leroy. Dans les années 80, ce dernier était engagé très à gauche ; ensuite il a passé quelques années dans le cabinet de Charles Pasqua, pour revenir dans son département d’origine, le Loir-et-Cher, où il s’est fait élire sur un programme bien ancré à droite. Il avait donc le profil.

La réaction des communes a été efficace. Sur proposition de quelques élus de gauche, suivis par un nombre importants d’élus sans étiquette, des actions qui ont duré plus d’un an, ont permis le rejet de ce regroupement qui prévoyait la disparition d’une centaine de communes.

L’exemple du Loir-et-Cher est bien la démonstration qu’il est possible de mettre en échec l’application de dispositions de la Loi NOTre, à la condition que chaque département concerné s’inspire de l’exemple du 41. En Mayenne, cette solution ne paraît pas impossible en tenant compte des nombreuses personnes qui dans le département expriment inquiétudes et mécontentements.

Je pense que la meilleure des solutions, c’est que chacun aille à la rencontre d’un ou d’une élu-e pour agir et leur expliquer. Faire de la pédagogie en somme afin de ne pas céder à la tentation du regroupement et de conserver toutes nos communes qui font la richesse de la Mayenne.


1 commentaire
  • Texte complètement décalé de la part de l’auteur. L opposition droite gauche sur le sujet n’existe que dans le sens inverse !!! La loi Notre de 2015 consacre le gros contre le petit. Elle dit les fusions de syndicats pour les placer sur de grands périmètres !!! De nombreux élus de droite ( très représentés au sénat ) se sont battus contre, à tort ou à raison. Elle dit les fusions d’intercos ! La gauche mise à juste titre sur les villes pour assurer ses réélections et saignée les campagnes. Tous les élus locaux savaient que si F Hollande avait été candidat puis réélu , la commune minimale aurait compté 3500 habitants !!! Macron a plutôt stoppé la barque. Bref, il y a bien un souci avec l’organisation publique locale en termes administratifs et de service de proximité mais alors sans lien aucun avec la problématique gauche/droite.

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« Pas de fusion de communes à l’encontre de la population » - Par Marcel Collet

Publié le: 18 juin 2018
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