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Législatives 2017, les 11 et 18 juin. À coté des professions de foi officielles ou des déclarations d’intention, que sait-on par exemple de Guillaume Garot qui brigue un poste de député pour la 3e fois dans la 1re circonscription de la Mayenne ? Qu’il a été ministre délégué à l’Agroalimentaire ? Maire de Laval en ayant "dégagé" en son temps François d’Aubert un «  cacique » de l’UMP, encarté démocratie libérale ? Certes. Mais de l’homme ? Que sait-on de celui qui se trouve derrière le politique ? Leglob-journal dresse toute une série de portrait des candidats aux Législatives. Aujourd’hui zoom pour débuter sur Guillaume Garot.

- Par Thomas H.

Guillaume Garot se remémore. Son souvenir, l’un des plus intenses de son parcours politique prend corps dans le sein des seins de la politique nationale. C’est à l’Élysée que cela se passe.

« J’ai en mémoire sonore le crissement des graviers de la cour de l’Élysée, la première fois que je l’ai traversée en tant que ministre ». Une consécration. Et cette musique-là, c’est sa madeleine à lui. Guillaume Garot se souvient de ses premiers pas, aux sens propre et figuré comme jeune ministre, fraichement nommé délégué à l’Agroalimentaire sous la houlette de Stéphane Le Foll à l’Agriculture. « je me réentend marchant la première fois » explique-t-il en souriant légèrement. Moments intenses. Comme ceux autour de la table quand le Président François Hollande annonce en Janvier 2013 l’envoi de troupes françaises au Mali. « Solennel, intense, quand vous êtes à la table du conseil des ministres car il s’agissait d’engager la vie de soldats français ». De jeunes français.

Trois années de passion

Jeune comme lui quand il adhère au PS. nous sommes en 1985. Étudiant, Guillaume Garot n’a que 19 ans ; il « ne milite pas, ce sont les études d’abord  ». Prépa-lettres puis hypokhâgne et Khâgne, il a fait trois ans au lieu de deux, car il a « cubé  », c’est comme cela qu’on appelle le doublement de la deuxième et en principe dernière année. Ces années de Prépa ce furent selon lui « trois années très importantes, les amis, trois années de passion, puis je suis recalé à l’oral de Normale Sup’ » L’un des sujets à l’écrit, Guillaume Garot s’en souvient comme si c’était hier, « en Histoire je suis tombé sur Les peuples de la Gaule en 52 avant JC » Facile ? « j’ai eu 18/20  ». Puis c’est Sciences Po.

Il travaille dans un association la Cridel, qui « aide les territoires en difficultés à bâtir des projets de développement économique », il y reste quelques années. Il y fait ses armes. Guillaume Garot quand on l’interroge sur sa façon dont il mène sa vie politique, rétorque sans trop hésiter « Je ne me suis jamais programmé une carrière ou un destin. » Ce sont les « rencontres de la vie  » qui font Guillaume Garot, chemin faisant.

Le déclic en politique, si il y en a eu un, viendra plus tard selon lui. Dans les années 2000, au tournant du siècle. Guillaume Garot travaille en effet avec Daniel Vaillant, à la direction du cabinet de la mairie du 18e arrondissement de Paris, où cet « éléphant » du PS est le maire d’arrondissement de la capitale. « J’y ai appris la politique de façon très concrète, sur le terrain, en y faisant des rencontres importantes  ». Après Sciences Po, l’habitude de se constituer un carnet d’adresse. Ce qui caractérise celui qui fut maire de Laval en détrônant le droitier François d’Aubert qu’il qualifia de « méprisant » au cours de la campagne, c’est son apparence plutôt humble et sa proximité attentive. Ils sont nombreux à lui reconnaître ces qualités.

Le déclic en politique, ce fut aussi sa rencontre avec Ségolène Royal en 2006. « Je me souviens que j’ai appris avec elle à réinventer des possibles, et que rien n’était figé !  ». Le « désir d’avenir » de Ségolène, une aventure pour un destin qui allait s’avérer contrarié au plus haut niveau . Un « désir d’avenir » et quelques années plus tard dans la Présidentielle de 2017 « le futur désirable » de Benoit Hamon. Similitude. Il raconte spontanément à propos de cette "ressemblance" entre les deux slogans : « Je lui ait dit à Ségolène que c’était de la part de Benoit un bel hommage qu’il lui rendait ; elle a alors éclaté de rire ! ».

Sortir des conservatismes

Ségolène et Guillaume, c’est presqu’une histoire d’amour. ll avoue qu’ « elle a été très importante dans sa vie. » Presque son mentor ; celle qui l’a, en tout cas, guidé et aidé. Sa conseillère en politique. Une sorte de référent. Pour sortir aussi des conservatismes, précise-t-il « Oui, Ségolène Royal m’aide à ça...  »

Quand il brigue le fauteuil de maire, sa première vraie élection, il est alors considéré par la presse locale comme le petit nouveau et on lui donne par simplification du « chef de file de l’opposition au conseil municipal  » ; les journalistes l’appelle souvent par son prénom. Il se souvient quand Martine Aubry était descendue à Laval pour le soutenir et appuyé sa candidature, elle avait promis de le faire. Très pro, la maire de Lille avait été comme on dit dithyrambique à propos du jeune mayennais « prometteur », qui s’attaque au « vieux renard de la politique  » qu’incarnait François D’Aubert. L’homme dans son fauteuil de maire de Laval et qui paraissait indétrônable.

Et puis ce fut l’entrée en responsabilité comme on disait au PS au niveau national pour éviter d’employer le mot "affaires" quand, à l’époque, elles commençaient à défrayer un peu trop régulièrement la chronique. La mise sous tutelle financière de la ville de Laval comme argument de campagne pour qualifier la gestion de François D’Aubert et puis la forte augmentation des impôts une fois élu ; une décision qui lui collera à la peau durant tout son mandat, jusqu’à sa nomination au gouvernement.

Aller vers l’idéal

« On peut être de gauche de plusieurs façons. » estime Guillaume Garot, le socialiste qui a toujours lorgné à des fins de stratégie électorale vers une ligne plus médiane. De l’orange, affirmé très MoDem, sur les affiches électorales aux municipales et sa position actuelle, très macron-compatible, une sorte de continuité. « Une preuve » disent ceux qui estiment qu’il n’est plus tout à fait socialiste.

Il aime citer le grand Jaurès qui dans son Discours à la Jeunesse en 1903, expliquait qu’il fallait « comprendre le réel pour aller vers l’idéal  ». Avoir envie de « peser sur la société, en tirant les leçons de ses échecs », c’est selon lui ce qui le guide intellectuellement .

Image du compte twitter de Guillaume GarotOn ne le sait pas forcément mais la vie de Guillaume Garot est « une vie très engagée raconte-t-il. Il y a les copains et le sport, la natation le dimanche à la Piscine Saint-Nicolas à Laval, c’est sacré, et puis le running ». Pour l’ancien ministre qui avait en charge l’Agroalimentaire courir au minimum 10 kilomètres ne l’effraye pas.

Mais au fond, qu’est-ce que regrette Guillaume Garot dans sa vie personnelle ? On ne le saura pas. « Ça, je le garde pour moi lance-t-il simplement. Mais j’aime retrouver ma sœur qui vit à Madrid et mon frère qui est sur Paris. Alors on se voit à l’été et à Noël et on se ménage des moments ensemble, en famille avec les parents, et c’est bien... ».


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Portrait du PS Guillaume Garot qui veut « peser sur la société, en tirant les leçons de ses échecs »

Publié le: 6 juin 2017
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