| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

Législatives 2017, les 11 et 18 juin. À côté des professions de foi officielles ou des déclarations d’intention, que sait-on de Maël Rannou qui brigue un poste de député pour dans la 1re circonscription de la Mayenne ? Qu’il est bibliothécaire à Laval ? Auteur et passionné de BD ? Secrétaire fédéral d’Europe Écologie Les Verts 53, et ex-tête de liste départementale aux dernières régionales ? Certes. Mais de l’homme ? Que sait-on de celui qui se trouve derrière le politique ? Leglob-journal dresse toute une série de portraits des candidats aux Législatives. Zoom sur Maël Rannou.

- Par Marrie de Laval

Cette bouture écologiste est un pur produit du terroir ! Maël Rannou est né en février 89 à Mayenne, dans une famille d’enseignants de lettres et d’anglais. Le voilà parti entre 2007 et 2012 à Paris, suivre des études en prépa littéraire (Lettres supérieures, plus connue sous le nom d’hypokhâgne et Khâgne, comme Guillaume Garot), excusez du peu !

Après la découverte du contenu des livres, le voici en BTS imprimerie en alternance, en IUT puis en Master. La boucle est bouclée, les livres n’ont plus de secret pour lui tant pour le contenu que l’ossature. Son retour en Mayenne, à Changé, puis Andouillé et maintenant Laval coïncide avec son entrée dans le monde du travail. Le voici à présent bibliothécaire, entre rayonnages et bibliobus.

Sans suivre de tradition familiale, Maël Rannou adhère dès 16 ans au PS. il est fortement marqué par le vote présidentiel de 2002 qui a vu l’émergence du candidat du Front national au second tour. Pourquoi le PS ? Parce que « j’ignorais qu’il puisse exister d’autres formations politiques à gauche ! » Il n’avait pour préoccupation à cette époque "que" l’éducation et la solidarité, ce qui n’est déjà pas une mince affaire !

Ce n’est qu’en 2008 qu’il s’engage chez Les Verts et milite pour une écologie politique qui englobe tout un projet sociétal, parce que « l’écologie ne se réduit pas qu’à la végétalisation de notre environnement et de nos assiettes  » lance-t-il. S’il devient suppléant en 2011 aux élections cantonales, le voici candidat de plein exercice en 2015, tout étonné de se voir sur les affiches !

Un homme de gauche, assurément

La générosité de l’altérité. Il refuse de trouver « normal » les inégalités sociales pour cause de genre, d’origine ou de patrimoine. « Pourquoi, tout ce dont je profite n’est pas accessible à tous ? » et il ne s’agit pas uniquement des biens de consommation. Non, il fait référence aussi aux droits « basiques » qui fondent le bien-être de tous « nos frères humains », dans un pays riche ! Avoir un toit sur la tête, être décemment vêtu et ne pas craindre d’avoir froid, accéder à l’éducation, n’est-ce pas le minimum ? Maël Rannou s’indigne de constater que la pauvreté entraîne une double peine. « Parce que vous êtes pauvre, votre mode de vie vous tue plus vite et, faute de moyens pour y remédier, vous mourez plus tôt ! ».

Visiblement, pour lui, la répartition des richesses est en panne ! Que faut-il penser de la démocratie en l’absence de parité en genre et en Catégories Socio-Professionnelles (CSP) ? C’est particulièrement vrai dans les communautés de communes, par exemple celle d’Ernée. Ce sujet est un point sensible chez les écologistes selon Maël Rannou : par exemple pour les 3 circonscriptions en Mayenne, 2 femmes sont titulaires, à l’origine professionnelle diversifiée et tous les candidats ne sont pas des « professionnels » de la politique. Pour une égalité de fait, quand le droit ne suffit plus.

La notabilité est également insupportable pour le candidat écologiste. C’est pourquoi, Maël Rannou milite avec ses coreligionnaires en faveur de la proportionnelle pour que toutes les sensibilités soient représentées, en phase avec l’opinion publique. Les scrutins de listes ont également ses faveurs au motif qu’ils favorisent la parité Homme/Femme, à l’avantage des candidates EELV en cas de sièges en nombre impaire. «  Imposer la parité, au-delà des compétences, c’est permettre à des femmes d’oser s’impliquer en politique et révéler les talents qui leurs sont trop souvent déniés » explique-t-il. Il ne craint pas pour autant une quelconque malédiction de type « IVe République » et penche pour un modèle allemand.

S’inspirer du modèle rhénan

Quand les lettres "trop" modernes oublient le poids de l’Histoire. La régulière référence au modèle outre-rhin du candidat est étonnante. Sans doute, cela provient-il du creuset historique du mouvement des Verts. La référence aux Landers à la large autonomie financière revient souvent dans la bouche de Maël Rannou pour mieux critiquer la loi NOTRe qui, « sous couvert de décentralisation renforcée, permet surtout à l’État de se désengager de ses obligations tout en baissant le montant des dotations dues aux collectivités locales ». Il cite notamment le cas du RSA qui oblige les départements à faire des arbitrages trop souvent au détriment de la politique sociale.

C’est également le cas avec la politique de santé (nombre de lits selon la population) ou l’enseignement. Les Landers sont encore cités en exemple, mais à contrario cette fois, pour mieux souligner l’opacité de la gestion des communautés de communes, non parce que les élus « bricolent » mais parce que les populations maîtrisent mal l’organisation du territoire et s’intéressent trop peu aux documents et informations relatives à ce type de structure.

Les trop nombreuses strates administratives sont autant de guichets à subventions selon lui. Leur abondance dilue leurs performances et la complexité des dossiers en réserve les fonds qu’aux seules personnes suffisamment instruites pour parcourir ce labyrinthe institutionnel.

Proposer des solutions alternatives concrètes

Mais le candidat reste bien conscient des enjeux immédiats. Maël Rannou n’en demeure pas moins un observateur affuté quant aux réelles difficultés existantes sur le territoire mayennais, comme ailleurs en France. Il souligne l’abandon des populations locales en matière de santé, avec les exigences comptables générant des pénuries de matériels et de consommables au détriment des résidents d’EPAHD, d’hôpitaux et de leurs personnels. C’est clairement « de la maltraitance » s’indigne-t-il.

De même, avec l’exemple de l’entreprise Aprochim installée dans le sud Mayenne. « Ce n’est pas parce que le sujet n’est plus évoqué dans les medias qu’il a cessé, hélas ! Les 30 salariés sont toujours là, inquiets pour leur santé, celle de leurs proches, des riverains et des terres environnantes. Le plus malheureux est qu’il faille des catastrophes de ce type pour que la parole écologiste devienne audible et permette l’émergence de candidats de qualité, sous nos couleurs ».

Image du compte twitter de Maël RannouEn luttant contre certaines pratiques industrielles sensées répondre à des besoins, les contestataires doivent proposer des solutions alternatives concrètes et performantes. Cette méthode renforce leurs paroles, leurs actions et leurs convictions. « De fait, ajoute Maël Rannou, un candidat écologiste, membre d’une "petite formation" (eu égard au poids des voix et des mandats) agit non pour faire carrière mais bien par conviction ; c’est sa seule richesse, sa seule ambition. »


Réagir

Pour Maël Rannou, EELV, il faut « agir non pour faire carrière mais bien par conviction »

Publié le: 9 juin 2017
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-mayenne
Politique Photographie Législatives2017
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
A lire également sur votre Journal en ligne
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Nous contacter : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS