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Par Thomas H.


- Qu’y-a-t-il derrière le mouvement « Nuit Debout » ? Qu’est-ce qui pousse les jeunes à vouloir faire une nuit blanche ? leglob-journal qui avait un temps estimé que Individualisés, segmentés, hantés par la recherche de la réussite, les jeunes paraissent dans l’aphasie !, aujourd’hui se ravise. Collectivement, ils existeraient. Tant mieux. C’est bien aux générations montantes d’essayer de prendre en mains leur avenir.

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(c) Photo leglob-journal - Collectif Nuit Debout du 7 Avril 2016

Message d’espoir

Petit retour en arrière, ils sont parfois utiles pour comprendre le présent. Le candidat socialiste à la Présidentielle de 2012 avait fait des jeunes la priorité de son quinquennat. Et cette jeunesse concernée l’avait bien capté, ce message d’espoir, qui n’a pas été concrétisé réellement par le candidat devenu par la suite Président, même si des efforts importants au niveau national ont été fait sur l’Éducation, parfois peu relayés localement. Et puis la loi Travail est arrivée. Et donc « Nuit Debout » investit la Place de la République à Paris, concept repris ensuite en région.

En Mayenne, le mouvement « Nuit Debout » à Laval une ville moyenne a été assez composite dans sa formation. A première vue même on pourrait le qualifier de disparate, si on se réfère à la première (le Jeudi 7 avril) avec une grande présence dans ses rangs, d’individus, des jeunes travailleurs, des chômeurs, des lycéens et étudiants – beaucoup issus des rangs de l’IUT – qui pourraient se revendiquer de la Gauche radicale, si ce mouvement, cette tendance politique était clairement identifiée et organisée.

Vouloir incarner « l’espoir, le pouvoir de changer la démocratie hypocrite » comme cela a été déclaré par un lycéen lors de la première « Nuit Debout » à Laval sur le Parvis des Droits de l’Homme, ne fait pas une appartenance à une radicalité même si l’envie est là de « contrecarrer le fait que ceux qui sont au pouvoir le gardent que pour eux ! ». « L’absence de diversité sociale parmi les élus » a été soulevée et sanctionnée lors de cette Assemblée Générale en plein air, avec prises de parole libre en présence de représentants du PCF local attentif à l’émergence de cette contestation spontanée.

Une force de proposition

Derrière ces «  revendications  » qui sont après tout assez légitimes, et qui procèdent de la démocratie participative, il y a partout où se déroulent ces rassemblements, en filigrane un sentiment commun de vouloir exister légèrement refoulé qui sous-tend le mouvement « Nuit Debout ». À Laval pour ce lycéen, « il faut que les gens, [puis il se ravise et se corrige] il faut que le peuple comprenne qu’on est là pour lui et qu’il faut qu’il nous entende ». Se faire entendre et prendre le relais.

Ce sentiment de vouloir agir pour le plus grand nombre, et en lieu et place finalement de ceux qui ne veulent plus s’impliquer, n’osent pas, ou bien qui l’ont fait dans le passé et qui ne sont plus là, cette situation de transmission et de reprise du flambeau de la contestation et de la manifestation est très forte parmi ces jeunes.

Ils disent finalement qu’ils ne veulent plus être les «  laisser pour compte » d’une société dans une République qui ne fait plus la part belle aux « semblables », qui joue la sélection, la division, et la distinction au détriment de l’égalitaire et qui « accentue la domination des dominants » ; la République n’exige-t-elle pas des ressources et un droit commun que la Loi Travail notamment - à l’origine du mouvement de contestation « Nuit Debout » – démantèle au profit d’une sorte de renvoi à l’individuel ?

Copié sur des initiatives antérieures comme celles de ces rassemblements de rue avec occupation de place publique qui ont abouti en Espagne à la création de Podemos, ou bien calqué sur Occupy Wall Street aux États-Unis, le concept « Nuit Debout » se veut une alternative aux actions de protestation classiques que les participants ne refusent pas pour autant. Simplement, ils les souhaiteraient complémentaires, parce qu’ils estiment que les manifestations classiques, comme les défilés de rue, sont un peu dépassés.

C’est aussi un moyen de s’arroger un « statut », une existence, une visibilité. Pour la Jeunesse oubliée de montrer qu’elle est aussi « une force de proposition » dans ce concert de la contestation, né d’une amertume. Une contestation non violente et plutôt « salutaire » pour l’avenir de la Démocratie.


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Publié le: 11 avril 2016
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