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"C'est clair !"« 87% des phytosanitaires retrouvés dans l’eau de la rivière Mayenne qui traverse le département et qui possède plusieurs points de collecte pour l’eau potable - sont des herbicides. Et en Mayenne, 60 % de l’eau que nous consommons provient de nos rivières. ». Voilà ce qu’on peut lire dans une brochure de Phyt’eau Propre 53. Il s’agit d’un programme de communication à propos de la préservation de l’eau et des phytosanitaires mis en place par le Conseil général de la Mayenne.

- Par Thomas H.

La chambre d’agriculture à Laval, partenaire du programme et qui se veut pédagogue, prévient les utilisateurs de pesticides.

Un gramme !

« Un gramme de substance active suffit à polluer la consommation en eau de 4 personnes pendant 30 ans. 1 gramme de substance active suffit à polluer 10 000 m3 d’eau soit un fossé de plus de 10 km de long. » Impressionnant !

On mesure donc l’importance de bien utiliser ces « phytos » comme les surnomment les agriculteurs, qui ne sont pas d’ailleurs les seuls à y avoir recours.

Atrazine miracle

Pensons alors à l’atrazine. Cette substance présentée longtemps comme le « produit miracle  » et qui fut abondamment utilisée par les agriculteurs dans les champs de maïs comme herbicide avec des doses mille fois supérieures à ce qui était nécessaire. Et sur les conseils de commerciaux appartenant aux fabricants de la molécule !

L’atrazine, interdite en Europe en 2004 mais qui encore utilisé aux États-Unis, est une molécule qui depuis longtemps est suspectée de perturber le système endocrinien qui à travers les glandes sécrètent les hormones.

Récemment une étude américaine sur des batraciens a démontré scientifiquement qu’elle avait des conséquences sur la stabilité du sexe de ces animaux. Simplement effrayant.

Notre pays est le premier utilisateur de pesticide en Europe et le 4e mondial. Le nombre de ces substances commercialisées en France est passé de « 100 après la guerre à près de 400 en 1968 et à plus de 900 en 1985. »

Trop tard !

Un chemin tout tracéDepuis en tout cas le mal est fait. Les deux tiers des tumeurs dont souffrent les professionnels des secteurs de l’agriculture sont associés à une exposition aux pesticides. C’est ce qui ressort d’un rapport du Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) coordonné par l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Ce réseau qui regroupe 32 centres de consultations pathologiques professionnelles en France a enregistré 118.852 problèmes de santé sur la période 2001 à 2009 avec un peu moins de la moitié diagnostiqués en lien possible, probable ou certain avec le travail agricole.

5e position

Pour les agriculteurs, « les tumeurs représentent 12% des pathologies en relation avec le travail dont les deux tiers sont associés à une exposition professionnelle aux pesticides » explique le rapport.

Les tumeurs arrivent en 5e position des pathologies signalées après les maladies respiratoires (24%), les troubles du comportement et mentaux (22%), les maladies de la peau (17%) et les maladies ostéo-articulaires (16%).

Pourtant les conclusions d’une autre étude publiée à la mi-septembre par Agrican et la MSA faisaient apparaitre que les agriculteurs meurent moins de maladie que la population générale. Tumeurs, lymphome ou leucémie sont les cancers les plus fréquents dans le milieu agricole en lien avec les pesticides.

Désertification ?

Multipliés par deux

Cancers hélas mais aussi maladie de Parkinson. Cette dernière maladie serait multipliée par presque deux en milieu agricole et presque autant pour les personnes longuement exposées aux pesticides. Mais à ce jour, aucune étude ne permet de pointer du doigt tel ou tel produit ni même de conclure de façon scientifique à une relation directe entre la maladie et l’utilisation des intrants encouragés au niveau mondial notamment par la FAO.

La MSA avec d’autres partenaires a lancé il y a 4 ans une étude au long cours. Elle a pour but d’estimer la fréquence de la maladie de Parkinson, et notamment parmi les personnes qui affiliées à la Mutualité Sociale Agricole, afin d’en suivre son évolution.

C’est en février 2007 que le recrutement pour les besoins de cette enquête a débuté. 331 cas et 660 témoins sont donc observés depuis dans 5 départements dont la Mayenne, mais aussi la Charente-Maritime, la Côte d’Or, la Gironde, et la Haute-Vienne. A suivre.


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Prenons soin de cette eau de vie, là...

Publié le: 13 octobre 2011
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