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La droite-extrême et l’extrême-droite vont-elles nous enfermer sans que nous réagissions dans une société ultra-coincée et rétrograde ? Celle que veulent insuffler à notre pays ceux qui n’ont de stratégie - au nom du redressement - que de réduire et supprimer. Le catalogue de mesures par exemple de droite-extrême du candidat Fillon contrastent avec les idées énoncées par les prétendants de la Primaire de gauche. Le socialisme, disent-ils presque tous en substance, c’est offrir plus de moyens et donc de liberté à ceux, chômeurs, précaires, travailleurs pauvres, oubliés, montrés du doigts, qui en sont éloignés. Régression d’un coté, et ouverture par le foisonnement d’idées, de l’autre.

- Par Thomas H.

« Dans notre France moderne, qu’est-ce que la République ? » questionnait Jean Jaurès dans son discours à la Jeunesse. C’était à Albi, en 1903, et force est de constater que c’est toujours aussi moderne. « C’est un grand acte de confiance, disait-il, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action ; qu’ils sauront concilier liberté et loi, le mouvement et l’ordre ; qu’ils sauront se combattre sans se déchirer ; que leurs divisions n’iront pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile, et qu’ils ne chercheront jamais dans un dictature même passagère une trêve funeste et un lâche repos (...) ».

La pensée de Jaurès résonne dans ce début de XXIe siècle, presque comme un avertissement, une mise en garde. Sa vision est forte et vraie. Vouloir offrir plus de liberté à ceux qui en sont éloignés, et donc plus d’égalité dans une France où les discriminations sont fortes, c’est le challenge de la Politique pour les cinq ans à venir. C’est une idée encore nouvelle, tant elle n’a pas été réellement appliquée jusque-là.

Soyons attentifs aux fondamentaux de la devise républicaine

Cette idée simple et puissante est à remettre à l’ordre du jour, en étant attentif à tous les fondamentaux de la devise républicaine, Liberté, Égalité, Fraternité. En commençant par le travail et puis l’éducation publique qui est malmenée à des fins de stratégie revancharde.

Le socialisme serait donc aux antipodes de la doctrine de Les Républicains qui recycle de vieilles idées défraichies et à fortiori de celle mortifère de l’extrême-droite qui obstrue le futur. Oui. Il faut travailler à offrir de la liberté et de l’égalité à ceux qui n’ont plus le sentiment d’en disposer, et ils sont nombreux dans notre pays. L’ultra-libéralisme tatchérien, inflexible, brutal, cynique, réducteur, ne doit pas être le fer de lance de ce changement de société passéiste qu’on nous dessine et qu’on veut nous imposer, parce qu’il faudrait de l’alternance. C’est au contraire « le prendre soin » qui doit prévaloir pour les cinq ans à venir.

Vouloir enfermer une très grande majorité de nos concitoyens dans un état d’austérité-précarité accrue est un non-sens. Et penser que le moins d’État - et donc le moins d’impôt - serait la solution, aussi.

S’attaquer de front à ceux qu’un ancien Premier ministre avait qualifié de « France d’en bas », c’est-à-dire la quasi-totalité des Français, hors les « élites », ce n’est n’est pas acceptable. Pourquoi vouloir corseter le pays, pour le transformer en une « France du moins » en raison d’une vision ultra-libérale de la conception de l’Économie ?

Mettre l’humain au centre, c’est actuellement nécessaire

Que cherchent à réaliser ceux qui ont cette conception recroquevillée du vivre-ensemble qui n’apportera que des souffrances supplémentaires à nos concitoyens : la mise en pratique d’une théorie économique dépassée. Les pays qui ont testé les vieilles mesures préconisées par le candidat de la droite, à savoir : suppression massives de postes de fonctionnaires, baisse du déficit par la réduction des aides sociales, moins de Sécurité Sociale, transfert accru au privé, etc., en sont revenus. Au contraire, ils ont privilégié après ce cycle de l’ultra-libéralisme dans lequel on voudrait nous faire entrer, des systèmes où ce qui est « commun à tous  » est à nouveau privilégié sans faire intervenir les intérêts non-étatiques.

De ce point de vue là, l’annonce d’une purge radicale d’un demi-million de postes de fonctionnaires placerait la France dans une insécurité économique, dans un pays où le contexte est à la peur, à la fois des attentats et de l’autre qui est différent. Dans notre pays, la peur de la situation sociale se dégrade, s’accentue, avec des institutions qui peinent de plus en plus à garantir l’égalité entre nos concitoyens et la démocratie.

Parce que finalement quel choix de société veux-t-on ? La gauche aujourd’hui veut d’abord mettre l’humain au centre. Et c’est toujours moderne. Chercher à rendre de la dignité à ceux qui n’ont plus d’emploi, aux ouvriers, aux employés, à ceux qui travaillent quotidiennement pour essayer de s’en sortir, aux retraités, voilà ce qu’il convient de remettre en route. Les reconnaître comme des citoyens à part entière, c’est la feuille de route qui nous est tracée. Car lutter pour soi, comme l’écrivait Jaurès, c’est aussi combattre pour les autres.

« (…) Obéir en résistant, c’est tout le secret. »

Singer la droite quand la gauche est au pouvoir, en ayant pris soin dans l’opposition de dénoncer libéralisme et finance, ce n’est plus acceptable non plus. Cela ne permet pas de se rapprocher des électeurs qui s’abstiennent de voter en réaction, ne croit plus aux vertus de la Politique et se tournent massivement vers un Front National qui apparait comme "nouveau". Trop en faire et à "mauvais escient" comme le prédécesseur de l’actuel Président qui a lui trop promis, abouti aux mêmes conséquences, la dévalorisation de la représentation de la fonction présidentielle.

Il faut bien comprendre que « Résistance et obéissance, (...) [sont] les deux vertus du citoyen. Par l’obéissance, il assure l’ordre ; par la résistance, il assure la liberté. (…) Obéir en résistant, c’est tout le secret. » écrivait Alain le philosophe-journaliste, résolument démocrate et pacifiste.

Les Français ne sont plus des veaux, contrairement à ce que disait avec condescendance le général De Gaulle qui a essuyé Mai 68. Ils savent réagir. Méfions-nous des succès d’apparence de politiques libérales mises en place dans d’autres pays européens et médiatisées et qui inspirent les tenants de l’alternance à droite, ou bien ceux qui sont dans le ni-ni, ni à gauche, ni à droite.

Le chômage a certes baissé en Grande-Bretagne, mais à quel prix ? Daniel Blake, le quinquagénaire tombé dans la précarité, inscrit au Job-center et qui meurt à la fin du film de Ken Loach, s’est battu pour sa dignité d’homme. Daniel Blake n’est plus là pour témoigner mais, dans la vie réelle, il y a des millions de Blake, des femmes et des hommes, en France et ailleurs, qui pourraient, hélas, le faire à sa place.

"Moi, Daniel Blake", un film de Ken Loach - Palme d'Or au Festival de Cannes en 2016


1 commentaire
  • Alors que l’on nous enferme dans un "discours de la servitude volontaire", "indignez-vous", redécouvrez "l’esprit des Lumières", et "Résister", juste avant de tenter le soulèvement avec des "Fortune-cookies" ... ou de vous transformer en "Ulysse de Bagdad" ou en "Enfant de Noé" !

    (Etienne de la Boetie, Stéphane Hessel, Tzvetan Todorov, Henry David Toreau, Silène Edgar, Eric-Emmanuel Schmitt)

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Présidentielles 2017 : un no-future pour la « France d’en bas » ?

Publié le: 18 janvier 2017
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