| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

Ce n’est pas anodin. Et la République a été comblée : plus de 100 000 personnes se sont massées autour de Jean-Luc Mélenchon, apràs avoir marché de la Bastille, pour écouter le tribun, pour entendre l’homme politique aux accents gaulliens et aux intonations de Malraux. Pour soutenir le candidat et entonner une petite musique nécessaire à propos de la VIe République, qui doit faire, dit-il haut et fort, oublier cette Ve tant dévoyée.

- Par Thomas H.

Le candidat de La France insoumise parlait dans le vent de la République.

Là, sur cette place parisienne qui a été si souvent balayée par le souffle de la liberté et où fut érigée la statut de Marianne tenant dans une de ses mains un rameau d’olivier.

«  Souvenez-vous en ! » car la liberté et la paix sont fragiles a-t-il dit en filigrane à cette foule, ce peuple qui agitait des centaines de drapeaux tricolores, en ayant pris soin de remiser les drapeaux rouges, les drapeaux qui clivent, les drapeaux qui effrayeraient comme pour conférer à Jean-Luc Mélenchon une plus grande respectabilité, une stature de gouvernant. Quitte à ringardiser les drapeaux du Trocadéro.

« Dégagez !, cela pourrait être le nouveau mot d’ordre » a dit Mélenchon, en souriant et en pensant très fort à certains de ses adversaires et en regardant directement les caméras comme pour s’adresser à celles et ceux qui sont dans le système de la Ve République et regardaient sans doute sa prestation à la télévision.

Tout en restant humain, et même un peu plus qu’à son habitude. Le candidat de La France insoumise avait l’air simple, sur son estrade circulaire, n’hésitant pas tourner le dos aux caméras, avec sa veste d’ouvrier et son pantalon de jean’s qui faisait des plis aux genoux. Loin des costumes de certains, des trois pièces à cinq chiffres qui achètent le candidat, .

Humain et proche des gens comme doivent l’être ceux qui se targuent d’être de gauche. Oubliant ses dérapages et ses attaques, quand il est sur la défensive, celles qui ont fait l’image brouillé d’un Jean Luc Mélenchon s’en prenant à de jeunes journalistes par exemple ou invectivant celui ou celle qui lui déplaît : populiste et démagogue, par moment, comme l’a classé une partie de ceux qui observent la classe politique.

Citant «  le grand Jaurès », il a terminé sur Hugo qui a si bien parlé de la Révolution en France ; ces épisodes structurants de l’Histoire qui ont marqué les esprits et les consciences. S’appropriant le texte de Victor Hugo, lui redonnant vie, et le revisitant à l’aulne de cette France insoumise qu’il revendique tant, Jean-Luc Mélenchon a fait de ce rassemblement en plein air une sorte de révolution politique, réussie : pacifique et non violente.

Voici le texte de Victor Hugo qui n’a jamais cessé de penser que « Vivre, c’est être engagé !  ». Il est daté de 1864. Remarquons d’ailleurs la rhétorique anaphorique, cette répétition volontaire du « Oui » qui le fait positiver et replace le candidat à la Présidentielle dans un système de pensée loin des clivages appauvrissants de l’anti ou du contre.

« La Révolution, c’est la France sublimée. Il s’est trouvé, un jour, que la France a été dans la fournaise ; les fournaises, à de certaines martyres guerrières font pousser des ailes, et de ces flammes, cette géante est sortie archange.

Aujourd’hui pour tous, toute la terre de France s’appelle Révolution ; et désormais ce mot, Révolution, sera le nom de la civilisation jusqu’à ce qu’il soit remplacé par le mot Harmonie. Je le répète, ne cherchez pas ailleurs le point d’origine et le lieu de naissance de la littérature du dix-neuvième siècle.

Oui, tous, tant que nous sommes, grands et petits, puissants et méconnus, illustres et obscurs, dans toutes nos œuvres, bonnes ou mauvaises, quelles qu’elles soient, poèmes, drames, romans, histoire, philosophie, à la tribune des assemblées comme devant les foules du théâtre, comme dans le recueillement des solitudes.

Oui, pour tout, oui, toujours, oui, pour combattre les violences et les impostures, oui, pour réhabiliter les lapidés et les accablés, oui, pour conclure logiquement et marcher droit, oui, pour consoler, oui, pour secourir, pour relever, pour encourager, pour enseigner, oui, pour panser en attendant qu’on guérisse.

Oui, pour transformer la charité en fraternité, l’aumône en assistance, la fainéantise en travail, l’oisiveté en utilité, la centralisation en famille, l’iniquité en justice, le bourgeois en citoyen, la populace en peuple, la canaille en nation, les nations en humanité, la guerre en amour, le préjugé en examen, les frontières en soudures, les limites en ouvertures, les ornières en rails, les sacristies en temples, l’instinct du mal en volonté du bien, la vie en droit, les rois en hommes.

Oui, pour ôter des religions l’enfer et des sociétés le bagne, oui, pour être frères du misérable, du serf, du fellah, du prolétaire, du déshérité, de l’exploité, du trahi, du vaincu, du vendu, de l’enchaîné, du sacrifié, de la prostituée, du forçat, de l’ignorant, du sauvage, de l’esclave, du nègre, du condamné et du damné, oui, nous sommes tes fils, Révolution !  »


Réagir

Présidentielles : Contester, et « dégagez ! » selon Jean-Luc Mélenchon

Publié le: 19 mars 2017
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-société
Politique Libertés Elections Présidentielles2017
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
A lire également sur votre Journal en ligne
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Nous contacter : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS