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L’utopie comme moteur du changement de société. C’est ce qui ressort du "débat", le premier de la Primaire à Gauche. La nécessaire utopie comme un rêve collectif qui porte la politique, quand d’autres qui paraissent pourtant bien intentionnés aussi, développent consciemment tout sauf un rêve. Un cauchemar qui, s’il devenait réalité devrait déboucher sur une société où le moins et la régression devrait prévaloir et surtout pas le progrès.

- Par Thomas H.

La Primaire à gauche a vécu son premier "débat", si on peut encore appeler comme cela cet exercice qui encore une fois avait été mise en forme comme s’il s’agissait d’un jeu de la trempe de Qui veut gagner des millions. Mais l’exercice a eu le mérite sur le fond de camper les candidats de « La belle alliance populaire  », de leur donner du corps et de la visibilité. De donner à voir la différence qui existe entres eux, notamment les 3 mousquetaires (Hamon, Montebourg, Peillon) qui avaient rêvé au tournant de l’an 2000 d’un NPS, un Nouveau Parti Socialiste. Aujourd’hui, l’offre de ce renouvellement du parti par les « enfants terribles socialistes  » est-elle à la hauteur de la demande ? Et qui sera le prochain patron du PS issu de cette Primaire ?

Il est certain que le peuple de gauche voudrait croire que dans ce catalogue de bonnes intentions, finalement la quasi totalité des propositions seront mises en place. Et qu’on ne nous refera pas le coup du mensonge ! Les idées de progrès qui ont été distillées par les continuateurs du Parti Socialiste seront peut-être au rendez-vous de 2022 ou même plus tard, car pour certains, c’était le moyen de prendre date.

Mais comment redorer une image bien racornie ? Quand on a l’impression que la première Primaire de la Droite et du Centre a tout raflé, dans la surenchère du qui veut supprimer des milliers de postes, jusqu’à l’audience et le score du finaliste. Mais était-il plus intéressant pour autant. Le premier "débat" de la droite était surtout « flippant » quand celui de la gauche était aux antipodes.

Mais comment faire pour redorer l’image de la gauche mise à mal par le président qui sortira, et n’a pas souhaité briguer un deuxième mandat ? Il faut se convaincre et monter au créneau. S’arroger une conduite acceptable. Avancer des idées neuves et des anciennes remises au goût du jour. Bref, faire le job de candidat face à des téléspectateurs recruteurs.

vec par exemple « cap sur la croissance ! ». L’incantation a été prononcée. Pour Benoit Hamon, la croissance sera « sans lendemain dès lors que les inégalités continuerons de croître ainsi que le chômage ». Il faut changer et faire différemment. D’ailleurs tous les impétrants présents à ce débat dans la course à l’Élysée, ainsi que Sylvia Pinel, la seule femme des 7 « refuse la précarité des salariés ». Pas de différence sur ce point. Et puis la bonne intention, finalement, ça ne mange pas de pain.

Comme cette idée de mise en place d’un Revenu universel. Mais là ce n’est pas certain ! Une « mesure d’avenir et de rupture  » selon Vincent Peillon. Benoit Hamon estime lui qu’il faudra dépenser 400 milliards par étape. « La seule idée moderne à venir » selon Jean-Luc Bennahmias. Et si c’était vrai ?

Une utopie, nous y revoilà, que ce Revenu universel qui a été balayé par les autres candidats et notamment par Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Trop coûteux, dangereux, pourvoyeur d’inoccupation et de fainéantise. Et si Hamon prenait date, pour une mise en place de cette mesure dans les décennies à venir.

« Ici je n’ai pas d’ennemi, nous venons débattre ». La mise au point de Manuel Valls surgit, car il s’est senti pris à parti. L’ex Premier ministre a ajouté « je veux une société du travail qui soit rémunéré pour la dignité des salariés, tout en luttant contre la précarité par la fusion des minimas sociaux  ». L’ancien n°1 du gouvernement Hollande n’a d’ailleurs pas fait de proposition franchement nouvelle. Valls qui « sait reconnaître ses erreurs  », il l’a dit, a prôné par exemple la défiscalisation des heures supplémentaires pour «  donner du pouvoir d’achat aux salariés » ; une mesure Sarkozy qui avait fait mouche en son temps avec son « Travailler plus, pour gagner plus  ». Mais, copier n’est pas jouer.

Avant le tunnel de publicités sur TF1, insupportable dans un émission politique, trois candidats se détachaient nettement. Hamon, Montebourg et Peillon. Puis avec la thématique Sécurité face à la menace terroriste, Manuel Valls s’est alors réveillé après avoir entendu un concert de louanges sur son action au gouvernement pendant les attentats. Mais pas sur tout. La Déchéance de nationalité est qualifiée d’erreur fondamentale par certains de ses détracteurs. « Un débat difficile  » a reconnu Valls qui a « regretté que la gauche se soit déchirée sur ce point  ».

« L’état d’urgence devra être prolongé autant que nécessaire  » a-t-il pour autant justifié détonnant par rapport aux autres, notamment Hamon ou Montebourg. Ce dernier propose lui l’instauration d’un Parquet antiterroriste pour plus d’efficacité.

L’absence de meeting en Mayenne des candidats à cette investiture donne de la force au "débat" même s’il n’est pas contradictoire et permet aux téléspectateurs éloignés de la campagne et des réunions publiques, de se faire une idée et de découvrir capacités, aisance et profondeurs des idées des postulants.

Comme Valls pour qui il s’agit de « ne pas affaiblir le Président avec des réformes institutionnelles (VIe République,etc.) mais de lui donner de la force  ». Il estime que «  la Présidentielle, ce n’est pas un jeu de petits chevaux ». Vincent Peillon, pense fermement que « la France ne veut pas d’une gauche qui parfois prends les idées de la droite, et moi je veux une réforme institutionnelle intégrale, avec un proportionnelle intégrale  ».

Montebourg annonce que «  son ennemi, c’est le défaitisme », et s’interroge, sur Macron cet ovni soutenu par la droite : « je ne sais pas qui il est, ce monsieur X...  ». Benoit Hamon qui veut se battre contre « la droite totale de Fillon, et la droite brutale de Le Pen » souligne que « la France manque de démocratie, et qu’il faut donner plus de place au peuple  ».

Jean-Luc Bennahmias qui s’était un peu auto-discrédité – c’est le moins qu’on puisse dire - avec ses propositions annoncées par les journalistes qui ne figuraient pas selon lui sur son site internet, s’est ressaisi au moment de conclure en fustigeant la droite ultra-réactionnaire de François Fillon et l’extrême-droite. L’écologiste François de Rugy a plaidé pour « un vote obligatoire  ». Quant à Sylvia Pinel, assez à l’aise sur la laïcité, elle a conclu à l’instauration d’une « gauche moderne, réaliste et responsable ».

Sur la forme, il y avait à redire donc, car les candidats étaient enfermés dans un rigidité chronométrique gênante. Mais sur le fond, à bien vouloir entendre ce qui s’est dit, à bien vouloir faire l’effort d’écouter, une certain nombre de propositions intéressantes pour les 5 années à venir ont été formulées. Et ça, c’est plutôt encourageant pour l’avenir de la société !


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Primaire à Gauche : l’utopie comme un rêve collectif

Publié le: 13 janvier 2017
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