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Une réalité, l’affaiblissement des services publics. Pas une affabulation ! En Mayenne récemment les services rapprochés du Préfet demandait à l’Inspection d’Académie de lui faire parvenir comme chaque année les noms des bacheliers ayant eu la possibilité d’obtenir une mention « très bien » à l’examen.

Histoire, avec l’actualité du baccalauréat, sans doute de les mettre en valeur. Peine perdue, car c’était sans compter sur le principe de « l’arroseur arrosé » et sur la politique mise en place par l’État pour réviser de façon générale les politiques publiques.

Ce qu’il est convenu d’appeler la RGPP n’a pas permis au représentant de l’État en Mayenne d’obtenir l’information qu’il souhaitait, du moins dans l’immédiat. Il faut dire que le service qui aurait pu le renseigner - la Divec - c’est à dire la division Examen et Concours entre temps avait été « routée » au Rectorat. Il faut comprendre qu’elle a « déménagé » à Nantes, communique-t-on sans sourcilier. Et si « on veut à présent avoir des informations sur la RGPP 2 », explique l’agent chargé de la com’ « il faut s’adresser à la DRH et au secrétariat général du Rectorat ».

Bref, les politiques jusqu’à présent plutôt théoriques deviennent plus concrètes y compris pour ceux qui sont les premiers concernés et elles influent sur les représentations départementales des services de l’Etat.

Dégraissage - En Mayenne, l’Inspection d’Académie, organe dirigeant du corps enseignant dans le département, ressemble presque, disent certains agents qui vivent leur quotidien à l’intérieur du bâtiment, à « une immense coquille vide » avec des bureaux à moitié désert. Il resterait dans ce bâtiment d’inspiration années 60, tout de béton et de modernité dépassée, tout au plus une « cinquantaine de fonctionnaires » alors qu’il y a 15 ans « nous étions quasiment le double » affirme rétrospectivement un agent lucide.

Les départs à la retraite non remplacés sont passés par là et font prendre la mesure de « l’hémorragie » opérée. Même si l’institution n’est pas « franchement menacée » ajoute-t-il, il faut bien avoir conscience que l’amoindrissement des services passe par la « mutualisation ».

Ainsi une « partie de la gestion des enseignants du premier degré du public » serait pris en charge en septembre par l’Inspection d’Académie du Maine et Loire, un département limitrophe. Le service Bourses serait géré par un « pôle » localisé en Sarthe. Quant aux enseignants du premier degré du Privé, ils seraient pilotés dans le département de la Vendée !

On ne pourra plus à juste titre parler dorénavant d’« unité administrative » pour le corps déconcentrée des services de l’Etat en matière d’Education dans les départements. Par ce que les compétences seront donc « éclatées » par le jeu de la mutualisation des moyens.

Mais alors qu’adviendra-t-il de ce qui fut le cœur de la gestion des enseignants dans le département ? L’Inspection d’Académie ne fera-t-elle plus que du conseil ? L’Inspection d’Académie ne jouera-t-elle plus qu’un rôle de simple contrôle pédagogique ? Ne servira-t-elle que de centre de validation ? Car on peut penser, et c’est déjà le cas par exemple pour le service de défraiement, que des pans entiers de services pourront être « concédés » à des gestionnaires privés.

Autant de questions posées qui dénotent une certaine inquiétude, à la fois sur le contenant mais surtout sur le contenu dévolus à l’Inspection d’Académie.

Plus de souplesse ! - Après avoir confirmé une très forte réduction des dépenses sociales de l’État, le gouvernement donne ses consignes à présent pour réduire le nombre des professeurs : augmentation des effectifs face aux enseignants, autrement dit « bourrage » des classes disent les opposants aux mesures, par le biais du « relèvement des seuils d’ouverture et de fermetures ». Les maires des communes savent donc à quoi s’attendre : « 27 élèves pour les maternelles relevant de l’éducation prioritaire, 32 élèves pour les autres » disent les consignes ministérielles. Et des fermetures de classes supllémentaires en perspective !

Mais aussi baisse de la scolarisation des plus jeunes déjà en marche et recours à des personnels non-titulaires. La Directrice générale des Ressources Humaines au ministère de l’Éducation nationale, qui fut en poste auparavant à la RATP, a été claire dernièrement sur France Culture quand dans l’émission « Rues des Écoles » elle a parlé d’une nécessaire « souplesse à tous les niveaux ».

La crise accélère donc la mise en place d’une politique d’austérité qui doit se concrétiser par la phase 2 de la RGPP dans tous les services publics. Dans la loi en France, il existe un dispositif qui permet de faire 3 propositions d’affectation et si au bout de ces 3 offres aucune n’est choisi, le dispositif permet d’envisager une séparation pour ne pas dire un licenciement.

En arrivera-t-on à cette extrémité ?

Des mesures, quoiqu’il en soit, qui permettent légitimement aux enseignants de s’interroger : servent-elles à mieux faire marcher l’École et aux enseignants d’être encore plus performants ? Ou bien sont-elles mises en avant simplement pour affaiblir l’École de la République ?


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RGPP 2

Publié le: 3 juin 2010
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